L'Avenir Agricole et Rural 19 mars 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

OVINS, MORTALITÉ DES AGNEAUX, DES MOYENS DE PREVENTION EXISTENT

Depuis 2006, on observe une augmentation du taux de mortalité des agneaux en France. Dans le grand Est, la mortalité des agneaux est passée de 12 à 17 % entre les campagnes 2004 et 2013, soit une augmentation de 40 % ! Les trois premières causes de mortalité en France sont : les agneaux nés très petits, chétifs ou maigres ; les problèmes de tétée ; les agneaux écrasés, perdus ou accidentés. Contrairement aux idées reçues, viennent ensuite les causes infectieuses.

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- © CHAMBRE D'AGRICULTURE

Pour limiter la mortalité, il est essentiel de commencer par la prévention, il est notamment nécessaire de bien enregistrer les causes et les âges de mortalité.

En effet, une mortalité précoce entre 0 et 2 jours n’a pas les mêmes causes qu’une mortalité tardive (après 8 jours et après le sevrage) ou une mortalité intermédiaire entre 8 jours jusqu’au sevrage. Alors qu’une mortalité précoce est souvent due à une mauvaise préparation des mises bas, une mortalité post sevrage est souvent due à une mauvaise préparation du sevrage, et une mortalité intermédiaire a pour principale cause des problèmes infectieux souvent couplés à une mauvaise qualité ou efficacité du colostrum (problème de transfert d’immunité).

 

La première cause (agneaux petits, chétifs ou maigres) est souvent due à un problème d’alimentation des mères en fin de gestation. La non prise dans les 6 premières heures et la mauvaise qualité du colostrum viennent en deuxième position. La troisième cause (écrasement) est la conséquence des deux premières. En effet, elle est liée à un problème de tétée ou d’agneaux nés très petits ou chétifs, car les agneaux écrasés manquent souvent de vitalité.

Un taux de mortalité de 10% en système bergerie (17 % en races prolifiques) et 14 % en système herbager est un objectif réaliste dans la majorité des exploitations. Mais pour être maitrisées les causes de mortalité doivent avant tout être identifiées.

Il existe de multiples facteurs de risques en élevage, ils peuvent être liés :

• à l’environnement (bâtiment, climat, état sanitaire du troupeau, niveau de surveillance et de suivi du troupeau),

• à la brebis (âge, taille et rang de la portée, comportement maternel, état corporel, qualité du colostrum),

• à l’agneau (sexe, poids à la naissance, comportement, absorption du colostrum et valorisation du colostrum). valorisation du colostrum).

La mise en place de moyens de prévention au bon moment permet de diminuer le risque de mortalité des agneaux. Cela passe avant tout par :

- Un tri des brebis à mettre en lutte :

Réformer les brebis sans lait, qui présentent des problèmes de dents ou un quartier mammiteux, ayant avortées ou âgées.

- Bien préparer les brebis à la mise bas durant la période de gestation en apportant une alimentation adaptée : 

Augmenter progressivement l’alimentation un mois avant la naissance et apporter des compléments minéraux (notamment Ca, P et Se). En termes d’apport en minéraux, il est toujours plus efficace de complémenter les brebis que d’intervenir sur les agneaux à la naissance.

Faire attention à l’état parasitaire des mères avant la mise bas.

Eviter de manipuler les brebis avant la mise bas. Noter l’état corporel des brebis et réaliser si possible le dénombrement des agneaux.

- Etre vigilant lors de l’agnelage,

Limiter la période de lutte permet de regrouper les périodes d’agnelage, la vigilance de l’éleveur diminue quand les agnelages sont étalés.

Bien désinfecter les nombrils.

S’assurer de la qualité et de l’absorption du colostrum, les besoins d’un agneau sont de 200 à 400 ml de colostrum absorbé durant les 6 heures qui suivent la naissance.

Alloter les agneaux par classes d’âges limite les contaminations.

- Avoir une bonne ambiance de bâtiment,

Prévoir 1,5 à 2 m² par brebis selon la portée (simple ou double).

Avoir un paillage suffisant et de qualité.

Pour le confort des agneaux, l’optimum est une température autour de 10°C. Attention aux courants d’air.

 

Bien connaitre et identifier les causes infectieuses et les maîtriser limite les risques de perte. L’enjeu est important, une amélioration de 3 points de la mortalité agneaux représente un gain de 1500 euros pour une troupe de 500 brebis.

Pour un suivi et un diagnostic plus complet, n’hésitez pas à en parler à votre vétérinaire ou à votre technicien. Mais aussi sur le site de Reconquête Ovine :

Diminuer la mortalité des agneaux, les étapes clés :

 

http://www.reconquete-ovine.fr/spip.php?article1400&var_recherche=mortalit%C3%A9

Diminuer la mortalité des agneaux, c’est possible ! :

http://www.reconquete-ovine.fr/spip.php?article1399

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