L'Avenir Agricole et Rural 11 août 2011 à 16h47 | Par ESTELLE DAUPHIN

Opération paille - En passant par la Haute-Marne

Une trentaine de chariots de paille ont traversé la Haute-Marne le 9 août, en partance de la Marne et à destination de la Haute-Saône, dans le cadre de l'opération de solidarité nationale. Malgré quelques soucis techniques, les délais ont été tenus et la bonne humeur était au rendez-vous .

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Laurent CHAMPENOIS (au centre), cheville ouvrière de l’opération paille aux côtés des Présidents de la FDSEA 51 et FDSEA 52
Laurent CHAMPENOIS (au centre), cheville ouvrière de l’opération paille aux côtés des Présidents de la FDSEA 51 et FDSEA 52 - © ESTELLE DAUPHIN
La semaine dernière, nous relations dans nos colonnes l'opération de solidarité organisée par des agriculteurs haut-marnais en faveur des éleveurs Creusois. Cette semaine, le département prête main-forte aux Marnais dans leur initiative en faveur de la Haute-Saône. Une affaire qui roule...

 

Près de 330 tonnes de paille qui ont été acheminées gratuitement vers la Haute-Saône par les agriculteurs venus de toute la Marne, à bord d'une trentaine de chariots en partance de Vitry. Huit d'entre eux étaient arrivés de Haute-Saône en renfort. Le convoi a traversé la Haute-Marne de Saint-Dizier à Bourbonne-les-Bains en passant par Chaumont. Des escales régulières étaient prévues régulièrement afin de délester la circulation, explique Julie Portejoie, animatrice à la FDSEA 51.


Des difficultés surmontées

Premier incident technique au départ ; une crevaison de pneu sur un chariot venu de Montmirail retarde le départ ; l'un des participants met à disposition une roue de secours, mais il faut absolument trouver un cric et un compresseur. Le réseau de connaissances de proximité ainsi que les téléphones portables ont permis de solutionner la situation.
Un second incident technique a lieu juste avant d'arriver à Chaumont, à hauteur de Brethenay : un essieu a lâché sur un chariot. Cette fois, c'est Christophe Fischer, organisateur du parcours haut-marnais, qui fait appel à son réseau. Alexandre Doré, l'éleveur le plus proche, décharge dans la foulée la cargaison du chariot immobilisé et l'emmène chez Nodimat, le concessionnaire le plus proche, afin qu'il soit réparé et n'entrave pas la circulation.

Une pause déjeuner organisée par les bénévoles des cantons de Nogent, Bourmont, Montigny et Clefmont à Mandres la Côte.
Une pause déjeuner organisée par les bénévoles des cantons de Nogent, Bourmont, Montigny et Clefmont à Mandres la Côte. - © ESTELLE DAUPHIN

La convivialité au rendez-vous

Le convoi fait escale au silo de la SEPAC mis à disposition par Michel Ménétrier à Mandres la Côte. A 13 h 00, tout le monde est arrivé. Les chauffeurs, fatigués par le stress, certains étant partis la veille l'estomac noué, apprécient cette pause dînatoire. Ils sont accueillis par l'équipe de bénévoles des cantons de Nogent, Bourmont, Montigny et Clefmont. Des tables de brasserie ont été disposées dans une cellule à grain afin d'accueillir les convives à l'abri.
Un facteur clé de la réussite de l'opération a été la présence des forces de l'ordre, police et gendarmerie mobile, présentes tout au long du trajet afin de sécuriser la circulation, a souligné le Président de la FDSEA lors d'une courte allocution.
Une collaboration interdépartementale, appréciée par Christophe Fischer, Benoît Pietremont. L'intervention des Haut-Marnais, aussi discrète qu'efficace, a contribué à la réussite de cette opération de solidarité.

- © ESTELLE DAUPHIN

Un chantier sans précédent

Laurent Champenois, qui est polyculteur-éleveur avec 350 ha de céréales 120 ha de pâture et un troupeau allaitant de 120 mères travail à trois sur l'exploitation n'a rien d'un homme de paille. S'appuyant sur le réseau FDSEA, il a arpenté les cantons durant tout le mois de juin pour convaincre les agriculteurs qui broient habituellement leur paille, afin qu'elle soit mise à disposition dans le cadre de l'opération de solidarité. 20 000 ha ont ainsi été mobilisés afin de répondre aux 75 000 tonnes de demande dans 17 départements.
Le tarif, encadré par le BCMA, est de 25 euros en andin et 45 euros le pressage, ce qui porte à 70 euros la tonne de paille pour les acheteurs.
Une fois les parcelles identifiées, c'est le syndicat des entrepreneurs de paille qui prend le relais. Il a embauché pour l'occasion un logisticien en CDD, afin de rationaliser leur intervention sur le territoire. Laurent estime encore à 4 à 6 jours le temps de pressage qu'il reste à faire.
La majorité de la paille pressée a été transportée par camion. Une partie est acheminée par voie ferroviaire, mais Laurent témoigne des difficultés à mettre en place ce mode de transport. Les premiers trains doivent néanmoins partir le jour même des camps militaires de Mourmelon et Mailly le camp. Les militaires ont remarquablement coopéré, mettant leurs terrains à disposition pour le stockage et assurant la surveillance.

« Solidaires, pas solitaires »

Malgré la fatigue, la bonne humeur s'est lue sur tous les visages. Cette opération, certes anecdotique par rapport au volume de paille mobilisée dans la Marne, se voulait avant tout symbolique. Les participants au convoi ont souhaité emmener eux-mêmes leur paille aux agriculteurs en difficulté. Le renfort des Haute-saonnois a été vécu comme une marque de reconnaissance appréciée par les Marnais, explique Laurent Champenois, chargé du pilotage de l'opération dans le département de la Marne. L'occasion d'aller à la rencontre de l'autre, au-delà des préjugés, et de manifester la solidarité au sein  du monde agricole dans les moments de crise.

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