L'Avenir Agricole et Rural 18 juillet 2014 à 08h00 | Par T.M.

Obtenir la meilleure semence

Le maïs hybride permet de doubler les rendements, mais il faut être très attentif pendant la période de castration et agir au bon moment, comme à la ferme de Longchamp à Perthes.

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Pour obtenir une meilleure semence, il faut ôter la panicule des plants femelles,  mais aussi faire coïncider la période de fécondation.
Pour obtenir une meilleure semence, il faut ôter la panicule des plants femelles, mais aussi faire coïncider la période de fécondation. - © T.M.

Obtenir la meilleure semence

Contrairement aux idées reçues, le maïs n’est pas la céréale la plus gourmande en eau. Selon le Centre National de la Recherche Scientifique, 100 millimètres d’eau donnent 800 kg de tournesol, 2 tonnes de blé et 3 tonnes de maïs. La quantité moyenne d’eau nécessaire pour fournir 1 kg de matière sèche est de 5 000 litres pour le riz, 600 litres pour le blé et seulement 450 litres pour le maïs grain et 240 litres pour le maïs fourrage.

Un atout pour la France

La France est le premier producteur et exportateur de maïs en Europe. L’efficacité de la sélection et la qualité de la production française ont été très vite reconnues à l’étranger, permettant à la France de devenir largement exportatrice. Avec plus de 4 000 agriculteurs-multiplicateurs en France, la surface de multiplication de semences de maïs est sur une forte tendance haussière ces dernières années, avec une moyenne de 60 000 ha sur 40 départements. Les semences de maïs se faisaient traditionnellement dans le sud-ouest, pour se propager en Haute-Saône, en Alsace et plus récemment en Haute-Marne, le climat étant favorable à ce type de culture.

La production de semences a augmenté de 11 % en 5 ans, soit 1,8 million de quintaux (moyenne sur les trois dernières campagnes).

Une qualité de semences homogènes

Un champ de maïs semences vise uniquement, comme son nom l’indique, à fournir les graines qui serviront à préparer les champs de maïs grain, ceux qui donnent les épis voués à la consommation. Cela consiste à croiser naturellement deux variétés comme l’explique Olivier Rouvroy, responsable agricole semences à Vivescia : «On met côte à côte des rangées de femelles d’une variété et des rangées de mâles d’une autre. Les mâles vont polliniser les femelles et ensemble, ils vont donner une graine qui conservera les meilleures caractéristiques de chacune».

Seulement, pour éviter que les femelles ne s’auto-fécondent, il est nécessaire d’arracher leurs fleurs. Il faut donc castrer les rangées de plants femelles en ôtant leurs panicules mâles. C’est là que les agriculteurs et les saisonniers interviennent, le travail doit se faire à temps, avant que le pollen ne commence à se répandre. Le champ doit être éloigné de ceux qui sont destinés à une récolte normale car une fécondation croisée rendrait les semences impures. Les grains de pollen voyagent peu, une distance de 200 mètres suffit à assurer cette sécurité. Les plants mâles conservent donc leurs panicules qui vont féconder les lignées femelles. La fécondation a lieu quand les soies des épis deviennent rousses. L’agriculteur peut alors broyer les rangées mâles qui ne servent qu’à la fécondation et récolter les épis issus des rangées femelles qui sont destinées à une entreprise semencière.

Réunir les bonnes conditions

Nicolas Moreau est passionné par la culture du maïs, avec son salarié, il développe l’irrigation, le stockage et le séchage sur son exploitation familiale. L’année dernière Vivescia a mis en place une parcelle d’essai de 2 ha, à proximité de chez Nicolas Moreau, avec l’accord de Semences de France. «Il faut commencer petit à petit et bien surveiller la pluviométrie et la température. Le gel précoce en automne peut détruire la germination». Les résultats furent satisfaisants, ce qui encouragea une culture de ce type sur 35 ha en 2014, dont la moitié se trouve chez notre agriculteur.

Les résultats de cette production sur une grande parcelle seront intéressants pour envisager un éventuel développement dans cette région à condition que le climat y soit favorable. Nicolas Moreau est particulièrement attentif à l’irrigation, élément indispensable pour sa production: «Nous avons des nappes phréatiques superficielles qui se remplissent rapidement, mais nous devons continuellement faire attention au niveau de l’eau, pour cela nous avons des appareils qui travaillent avec précision».

Suite de cet article dans notre édition du 18 Juillet 2014.

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