L'Avenir Agricole et Rural 07 mars 2013 à 11h13 | Par JLB

NUISIBLES - Des grues de plus en plus sédentaires

Trouvant quiétude et nourriture sur place, les grues cendrées deviennent de plus en plus sédentaires et colonisent de nouveaux territoires haut-marnais en causant de gros dégâts. Claude CHARLES, agriculteur à Sommermont, est excédé par la présence persistante de ces animaux protégés qui ont saccagé une parcelle de 15 ha.

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Le blé derrière le maïs grain est particulièrement vulnérable.
Le blé derrière le maïs grain est particulièrement vulnérable. - © E.D.

Une situation inédite et préoccupante

«Les années précédentes, j’observais une présence intermittente d’animaux mais jamais une population comme cette année et surtout aussi durablement» déclare l’agriculteur qui a essayé plusieurs fois de les effaroucher. Excédé et épuisé par une situation qui lui paraît sans issue, Claude CHARLES a sollicité la FDSEA pour demander une solution collective. Car il n’est pas le seul concerné, les volatiles sont présents sur tout le canton de Joinville. Les grues sont particulièrement friandes de maïs qu’elles n’hésitent pas à aller chercher à plus de 30 km du lac du Der où elles semblent résider.

Compte tenu de la gravité de la situation la FDSEA a alerté la LPO et les services de l’Etat pour organiser un groupe de travail et trouver les solutions les plus appropriées.

Les collectivités locales pourront-elles indemniser ?

En 2005 le Conseil Régional de Champagne Ardenne a pris l’initiative d’allouer une enveloppe de 100 000 Ä à l’indemnisation des agriculteurs. Il s’agissait au départ principalement de dégâts sur les cultures de printemps lors de la migration qui a lieu habituellement fin février, début mars. Les dégâts sur cultures d’automne prenant de plus en plus d’importance, il a été décidé d’élargir le dispositif, qui est assez comparable à celui des dégâts de gibier ; les estimateurs choisis ont d’ailleurs une expérience en ce domaine.

Le Conseil Régional de Champagne Ardenne prend en charge 80 % des dégâts, souhaitant que d’autres cofinanceurs  complètent. Ainsi le Conseil Général de Haute-Marne a-t-il accepté de financer les 20 % restants. L’an dernier les dégâts sur les parcelles haut-marnaises ont été quasiment inexistants mais cette année les sinistres prennent une ampleur exceptionnelle laissant même craindre un dépassement de l’enveloppe ci-dessus. Il conviendra toutefois de noter l’effet «gel» qui a atténué les indemnisations de l’an dernier, lesquelles se reportent sur les reliquats de maïs grain de cet hiver.

La situation est-elle naturelle ?

Les grues cendrées ne sont pas à proprement parler des animaux en voie d’extension ; elles font néanmoins l’objet d’une protection à des fins touristiques. En effet les concentrations de grues cendrées constituent une attraction qui mobilise de plus en plus d’observateurs. Mais l’agriculture doit-elle en faire les frais ?

La réponse à cette question est évidente pour le monde agricole qui espère bien obtenir des réponses rapides et concrètes à cette dérégulation imposée par la société.

A SAVOIR

- Les dégâts sur cultures d’hiver doivent être déclarés courant décembre. L’expert effectuera une deuxième visite à l’automne pour voir les phénomènes de rattrapage.

- les dégâts sur cultures de printemps du 1er au 15 avril

Vous pouvez suivre les observations de migration au jour le jour sur le site de la LPO-Champagne-Ardenne.

Ainsi cette année on constate un retard d’une semaine par rapport à l’an dernier. La LPO considère que le flux migratoire se termine «il reste essentiellement des jeunes, preuve que la migration prend fin» commentait cette association sur son site le mardi 6 mars 2013.

Espérons que nos grues «vallageoises» auront elle aussi décidé de lever le camp !

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