L'Avenir Agricole et Rural 30 août 2012 à 09h40 | Par L'Avenir Agricole et Rural

NUISIBLES - CAUSE TOUJOURS

Le ministère de l’écologie a publié son projet de liste des nuisibles, restant sourd à toutes les critiques et demandes d’explications sur les différences de traitement d’un département à l’autre.

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- © AVENIR AGRICOLE

Ainsi que nous l’avions déjà expliqué dans un article du 13 juillet, le précédent gouvernement avait eu la (mauvaise) idée de transférer les compétences préfectorales au ministère afin d’éviter les recours en rafale par l’APAS (Association de Protection des Animaux Sauvages). C’était un peu mettre le loup dans la bergerie, car écologie ne rime généralement pas avec démocratie.

 

Un simulacre de consultation

Chaque département a été consulté pour établir un dossier justifiant la nécessité de piéger des espèces figurant sur une liste du groupe «2», à savoir: le renard, le corbeau freux, la corneille noire, l’étourneau sansonnet, la fouine, la martre, le putois et la pie. La Fédération des Chasseurs et l’Association des piégeurs de Haute Marne ont réalisé un gros travail d’enquête pour expliquer l’importance ponctuelle des dégâts et la nécessité de recourir à des moyens de lutte adaptés.

La liste des animaux cités ci-dessus a ainsi été validée par la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage et proposée au ministère, lequel a exclu 4 espèces (fouine, martre, putois et pie), sans aucune explication. Dans le même temps, les Pouvoirs Publics ont ouvert une consultation publique sur internet qui a probablement été très active, surtout du côté des agriculteurs et des chasseurs. Les Parlementaires ont aussi interrogé le gouvernement à la demande de la FDSEA. Mais toute cette mobilisation a été sans résultat ; le ministère de l’écologie est resté sur ses positions.


- © REUSSIR (BRUNO FILLON)

 

 

Et maintenant … ?

La liste des animaux nuisibles pouvant être piégés est désormais la suivante en Haute-Marne: le renard, le corbeau freux, la corneille noire et l’étourneau sansonnetpour le groupe 2. On peut y ajouter des espèces du groupe 1 (groupe national) qui nous concerne peu : le chien viverrin, le raton laveur, le vison d’Amérique, le ragondin et le rat musqué.

Le sanglier, le lapin de garenne et les pigeons ramiers, continuent, quant à eux de figurer sur une liste départementale (groupe 3).

Rien n’empêche aujourd’hui l’APAS ou d’autres associations, de contester l’arrêté national ; mais rien n’empêche non plus la FNSEA, les FDSEA et les Fédérations Départementales des Chasseurs, d’ester en justice. Autrement dit, rien n’est réglé. Et pourquoi ne pas engager la responsabilité de l’Etat à propos des dégâts qui seront causés par des prédateurs protégés?

C’est cette écologie des «urbains» qui énerve les campagnes car elle est doctrinale et méprisante, surtout pour les piégeurs bénévoles qui exerçaient avec pondération une mission de régulation ancestrale. Cette écologie est finalement contre-productive. Elle provoquera des comportements hors la loi et d’autres déséquilibres écologiques. Il faut que le législateur se saisisse de ce dossier.

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