L'Avenir Agricole et Rural 04 novembre 2011 à 09h42 | Par E. DAUPHIN

NOS ENTREPRENEURS ONT DU TALENT - La puissance du Groupe, la souplesse de la PME

Le silo de la SEPAC d’Avrecourt accueille depuis cet été la station vrac d’aliments du bétail de VAUTHIER SEPAC : Un investissement source d’avenir, au service de la réactivité vis-à-vis des éleveurs.

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Jean-Luc Vauthier aux cotés de Stéphane Pierrat, magasinier au silo d’Avrecour
Jean-Luc Vauthier aux cotés de Stéphane Pierrat, magasinier au silo d’Avrecour - © E. Dauphin
L’alimentation du bétail, un secteur en pleine mutation

Jean-Luc Vauthier, est co-gérant d’une PME de quatorze personnes. En 25 ans, l’entrepreneur a su faire évoluer son entreprise dans un contexte mouvant, sans jamais perdre de vue la proximité avec ses clients.
Les volumes distribués ont été multipliés par dix en une quinzaine d’années, passant de 4500 à 45 000 tonnes de marchandises livrées chez les éleveurs.
La nature des produits commercialisés a elle aussi fortement évolué puisqu’aujourd’hui, la part de matières premières atteint 60% des volumes distribués : tourteaux de colza, pulpes de betterave, drèches de blé... Des aliments économiques prisés des éleveurs, qui sont montés en puissance en même temps que la mise en place de filières de biocarburants dans le grand Est. Ce secteur a bénéficié d’une certaine émulation avec l’Allemagne. Cette concurrence a contribué à infléchir les prix au profit des utilisateurs. Les agriculteurs du Nord Est de la France sont ainsi parmi ceux qui bénéficient des prix les plus attractifs sur les aliments simples, explique Jean-Luc Vauthier.
Les 40 % d’aliments restant proviennent des usines Nestal (appartenant à Nouricia, Champagne Céréales et EMC2) ; Il s’agit de compléments élaborés, contenant des matières grasses, des protéines, des énergies retard ou encore de l’urée pour permettre aux éleveurs laitiers d’atteindre de hauts niveaux de productivité.
La clé de la réussite de l’entreprise a été de prendre en souplesse le virage des co-produits, tout en proposant des produits toujours plus performants et un conseil nutritionnel personnalisé, sans perdre de vue l’efficacité économique. «Les éleveurs doivent gagner leur vie en travaillant avec nous», explique le chef d’entreprise.
La relation client est en effet au cœur de la stratégie de Vauthier Sépac, qui compte une équipe de quatre technico-commerciaux, pour le département de la Haute-Marne et les cantons limitrophes. L’entreprise a été parmi les premières a proposer des contrats garantis sur trois, six ou douze mois afin d’offrir une certaine visibilité à ses clients. Le secteur de l’aliment du bétail reste néanmoins volatile et Jean-Luc admet que depuis deux ans il est de plus en plus difficile de prévoir les variations d’un marché étroitement lié à celui des céréales et à celui du pétrole.

Investir pour rester dans la course

VAUTHIER SEPAC fait partie du groupe coopératif aubois Nouricia. L’élevage n’était pas, à priori, la vocation première de la maison mère, spécialisée dans le négoce de céréales. La coopérative a néanmoins souhaité être présente en Haute-Marne, prenant en compte la dominante polyculture-élevage de notre département en apportant son savoir-faire et son soutien financier dans les projets de modernisation de la PME bassignotte. Lucide, Jean-Luc Vauthier sait que rien n’est jamais acquis. La PME, qui connait parfaitement son marché avec un taux de pénétration atteignant jusqu’à 50%, a à cœur de renouveler cette confiance au quotidien.

La mixité des productions agricoles haut-marnaises se retrouve désormais au sein de l’unité de collecte d’Avrecourt. Le silo à céréales, qui collecte blé, orge, colza…, s’est enrichi depuis cet été d’une station vrac en aliment du bétail, composé de quatorze cellules de stockage d’une capacité de 50 tonnes chacune. Soit au total, un stock tampon de 700 tonnes, offrant une autonomie d’une semaine au distributeur d’aliments. Une souplesse appréciable pour répondre au plus près aux besoins des éleveurs à travers une flotte de cinq camions vrac et un camion sac. Les véhicules sillonnent ainsi le département, pour approvisionner petits et gros clients, distribuant une large gamme : tourteaux, aliments composés, liquides, minéraux, lait en poudre, aliments basse-cour...
Pour Jean-Luc Vauthier, chaque client est important et il tient à servir tout le monde, y compris l’agriculteur retraité qui commande 100 kg d’aliment à lapins. «Il aurait été malhonnête de notre part de cesser de livrer des gens qui ont travaillé avec nous durant toute leur carrière, sous prétexte de volumes insuffisants. Nous arrivons toujours à intégrer leurs commandes à nos tournées» commente le chef d’entreprise, emprunt d’une éthique commerciale qu’il applique également à sa stratégie d’approvisionnement. Il est ainsi fier de distribuer des minéraux de la maison Aubry basée à Poinson les Fayl, un des derniers fabricants du secteur, et de contribuer, par ses approvisionnements à l’essor d’une économie régionale, basée sur la valorisation des co-produits.

Les deux pieds dans le Bassigny

Bernard Sanrey de Flagey vient de publier un nouvel ouvrage consacré aux villages qui longent la D417, de Montigny-le-Roi à Bourbonne-les-Bains. Il consacre un passage de son livre à l’histoire de la société Vauthier-Sépac :

«...La société SEPAC de Bologne, ancienne maison Cultru, qui commercialise les graines depuis 1906, prend de plus en plus d’importance dans les années 70-80. Le directeur, Jacques Chantier, souhaite étendre sa zone d’activité sur le sud haut-marnais. Il prévoit qu’une partie des prairies du Bassigny sera labourée et transformée en champs de culture de céréales. Olivier Vernier d’Avrecourt, client de l’entreprise, vend un vaste terrain disponible. En 1998, un silo s’élève le long de la voie de chemin de fer. Il permet de stocker 1700 tonnes de céréales.
En venant à Avrecourt, le directeur remarque l’importance de l’élevage bassignot et pense qu’il doit ajouter à son entreprise une section vente d’aliments du bétail. Au même moment, 50% de la société Maitrot-Vauthier de Hûmes est à vendre suite au départ en retraite de l’un des actionnaires. Une nouvelle société Vauthier-Sépac voit le jour, avec à sa tête Jean-Luc Vauthier... »

Bernard Sanrey, instituteur à la retraite, est passionné d’histoire locale. Il s’intéresse avant tout aux gens du Pays. Allant à la rencontre des habitants, il raconte le village à travers leurs souvenirs, relatant les grands et les petits évènements qui ont forgé l’identité du Bassigny jusqu’à aujourd’hui. Au fil des pages, remémorez vous l’école ménagère de Montigny, le collège de Malroy, l’histoire de la FEB, l’hôpital militaire ou encore les thermes de Bourbonne... le tout émaillé d’anecdotes croustillantes. Un ouvrage abondamment illustré et très accessible, qui trouvera aisément sa place sous le sapin.
Autrefois...La région de Montigny à Bourbonne, 233 pages, 34 €

Du même auteur : Autrefois... La région d’Arc-en-Barrois, Autrefois... la région de Hortes à Varennes. Renseignements au 03 25 88 40 58

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