L'Avenir Agricole et Rural 28 août 2014 à 08h00 | Par Jean-Louis BLONDEL

Non à la mise sous cloche

Les syndicats majoritaires ne sont pas satisfaits des dernières concessions faites par les promoteurs du parc national. Ils en appellent aux élus et soutiennent une pétition réclamant une zone de cœur limitée, excluant les surfaces agricoles.

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Les agriculteurs réunis à Lucey, le 18 août ont envisagé une nouvelle manifestatin à Aujeures le 4 septembre.
Les agriculteurs réunis à Lucey, le 18 août ont envisagé une nouvelle manifestatin à Aujeures le 4 septembre. - © JLB

Entre les orientations de départ et la réalité d’aujourd’hui l’engouement du monde agricole n’est plus le même. Pourquoi une telle méfiance ?

De 10 000 à 80 000 ha

En 2009 lorsque le site du Plateau de Langres était en compétition avec la zone de Bitche et de Verdun pour la mise en place d’un parc national de feuillus de plaine, il n’était aucunement question d’ajouter de la réglementation supplémentaire à l’agriculture. Le document réalisé par la DGALN (Direction Générale de l’Aménagement du Logement et de la Nature) donnait l’épure suivante : un cœur d’au moins 10 000 ha et une aire optimale d’adhésion dans laquelle les acteurs ou collectivités peuvent souscrire à une charte. Il était aussi prévu une réserve intégrale d’au moins 3 000 ha.

Cette présentation convenait au monde agricole, et particulièrement à la FDSEA 52, qui a d’ailleurs spontanément adhéré au GIP (Groupement d’Intérêt Public) afin de pouvoir prendre part au débat sachant toutefois que sa voix resterait limitée puisqu’elle est noyée au milieu d’autres institutions (2 à 3 % des voix). A ce jour, le contexte n’est plus tout à fait le même puisqu’il est question d’un projet de cœur de 8 fois plus important incluant 15 % de surfaces agricoles.

C’est le ministère de l’écologie qui décide … de tout ?

Dans la fameuse feuille de route du 6 février 2013, envoyée au Président du GIP, le Directeur de la DGALN, explique de manière assez péremptoire comment le dossier doit être instruit. Il a d’abord rappelé en préambule que le Parc s’inscrivait dans les 2 % de territoire « sous Protection Forte » que la France s’est engagée à délimiter d’ici 2 019. Il s’agit des SCAP (Stratégie de Création d’Aires Protégées) dans lesquelles on retrouve notamment les cœurs de parc nationaux et les zones Natura 2 000. On en déduira que pour atteindre cet objectif les Pouvoirs Publics ont donc intérêt à avoir une zone de cœur la plus étendue possible. La DGALN donne des moyens pour y parvenir en incitant, par exemple, à retenir un territoire « d’un seul tenant, non restreint et non morcelé… incluant des espaces non forestiers ». Certes aucun chiffre n’est fixé, mais on imagine que les promoteurs  locaux du projet restent sous haute surveillance… Ils ont ainsi concocté un premier projet de 91 000 ha qu’ils ont soumis au Conseil d’Administration du GIP, pour information. Cette proposition a provoqué des réactions notamment auprès des agriculteurs et des collectivités locales. Il a été revu à la baisse et le dernier projet qui circule fait état de 78 500 ha dont 13 270 ha de SAU (1/3 en herbe, 2/3 en cultures). Mais c’est encore beaucoup trop pour le monde agricole qui ne voit aucun intérêt d’être enfermé dans le cœur, lequel implique une réglementation spécifique, fut-elle allégée. or, rien n’impose légalement d’inclure des terres agricoles en zone de cœur ; cela relève davantage du caprice de quelques fonctionnaires parisiens que d’une nécessité environnementale.

Que peut apporter la création d’un parc national ?

Le document de présentation de 1999 évoquait les retours possibles dans l’aire d’adhésion sans cibler particulièrement le cœur de parc. Des groupes de travail ont réfléchi ces derniers mois sur les aides et incitations diverses liées à la création du parc. Pour le moment la réflexion se cantonne à quelques grands axes tels que l’intégration des bâtiments agricoles, l’agro-écologie et l’expérimentation de pratiques innovantes, le développement de l’autonomie alimentaire et des énergies renouvelables, l’agrotourisme ou encore la mise en place préférentielle des futures MAEC. Mais faute de moyens financiers les actions restent bien hypothétiques. Or ce parc national n’existera que par une démarche d’adhésion C’est du moins ce qui est répété par ses promoteurs. Le monde agricole ose croire que le dialogue sera constructif. Il en appelle à l’arbitrage des décideurs et des hommes politiques pour que le territoire rural concerné ne soit pas seulement un terrain d’expérience pour des environnementalistes déconnectés de toute considération économique et imposant leur règle du jeu.


COLLECTIF « NON A LA MISE SOUS CLOCHE DE NOTRE ECONOMIE LOCALE»

Parc National du Châtillonnais, pour nous habitants du territoire, le cœur n’y est pas !

 

Pour signer cette pétition rendez-vous sur le site suivant :


http://www.avaaz.org/fr/petition/Agriculteur_Lire_et_signer_la_petition/?tnLgChb

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