L'Avenir Agricole et Rural 26 septembre 2019 à 15h00 | Par T. Morillon

Naissance d’une troisième voie

Lors des journées de la Lucine, Julie Sabourin a présenté le label « Zéro résidu de pesticides ». Lancée par le collectif « Nouveaux Champs », cette nouvelle démarche se situe entre l’agriculture conventionnelle et le bio.

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Julie Sabourin a expliqué que le label ouvre une voie de diversification centrée sur les attentes des consommateurs.
Julie Sabourin a expliqué que le label ouvre une voie de diversification centrée sur les attentes des consommateurs. - © TM

Un label pour rassurer

A Châteauvillain, Horsch a organisé un cycle de conférences sur des thèmes variés. Certains tournaient autour de l’innovation comme ce fut le cas le 11 septembre avec l’intervention de Julie Sabourin, responsable qualité et technique du collectif Nouveaux Champs, à l’origine de ce nouveau label prisé par les consommateurs.

Le collectif Nouveaux Champs est parti du constat que 89 % des français souhaitent être informés de la présence de pesticides. A travers son label, il veut proposer aux consommateurs de nouvelles garanties en terme de protection de la santé et de l’environnement, un moyen de les sécuriser car ils sont de plus en plus inquiets.

Le collectif entend développer la consommation grâce à un cahier des charges qui garantit la production et la commercialisation de produits sans aucun résidu de pesticides. Les producteurs sont souvent engagés, mais le consommateur ne le sait pas» indique Julie Sabourin. «Ici, tous les produits sont identifiés par un macaron affichant clairement la mention «Zéro résidu de pesticides».

Ce label, créé en avril 2017 par 7 entreprises de la filière fruits et légumes, s’est étendu aux céréales, à la viticulture et aux jus de fruits. «Beaucoup d’entreprises se retrouvent dans ces valeurs» assure Julie Sabourin. Le label couvre aujourd’hui 60 entreprises adhérentes, regroupant plus de 5000 producteurs, soit 19 % de la production française de fruits et légumes.

Ce mouvement volontaire initié par des agriculteurs prend la forme d’une association, régit par un conseil d’administration composé de producteurs et de scientifiques, «pour donner de la crédibilité» explique Julie Sabourin. «On développe de nombreux partenariats via des essais à l’INRA».

Les substances actives sont réparties en 3 listes : à utiliser prioritairement, les substances entraînant des risques de contaminations croisées (à éviter) et enfin celles dont la présence entraîne des résidus (utilisation interdite). Sur les 521 substances actives homologuées en France, 310 laissent des résidus et 211 n’en génèrent pas. 87 sont homologuées en agriculture biologique.

Quand un produit ne peut pas être utilisé, une alternative aux pesticides de synthèse est proposée, ainsi qu’une stratégie de traitement pour baisser le risque de trouver des résidus (voir encadré). Tous les produits sont contrôlés par des laboratoires indépendants. Les analyses doivent montrer qu’il y a au maximum 0,01 milligramme de pesticides par kg, soit la plus petite valeur quantifiable à l’heure actuelle.

31 espèces labellisées

Au final, la démarche concerne 136 références, principalement des fruits et légumes. Les réseaux de distributeurs ont été séduits, si bien que le macaron est présent dans presque tous les magasins alimentaires. A la fin du premier semestre 2019, on dénombre plus de 29 millions d’unités de vente consommateur. 16 270 t de fruits et légumes ont été vendus, ce qui représente un chiffre d’affaires de 43,3 millions €.

Les efforts des producteurs ont permis une diminution de l’IFT de 51 % en fruits et légumes. Les adhérents vont même plus loin puisque 19 % sont certifiés HVE (Haute Performance Environnementale) et 54 % sont engagés dans la démarche de labellisation HVE.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 27 septembre 2019.

L’exemple du blé dur

- Prophylaxie : mesures physiques/variétales/culturales/hygiéniques prises pour prévenir l’apparition et la propagation des agressions.
- Outils de production et équipements adaptés : filets, serres, bâches, outils de pilotage climatique.
- Génétique variétale : utilisation de variétés tolérantes ou résistantes.
- Techniques physiques/mécaniques : lutte mécanique, thermique.
- Techniques agronomiques et agro-écologie : adaptation des conduites culturales, bonnes pratiques agricoles - biodiversité.
- Sémiochimie et composés naturels : pièges chromatiques, lumineux, alimentaires - confusion sexuelle.
- Stimulation des défenses naturelles des plantes : déclenchement de mécanismes de défenses propres à la plante pour lutter contre une agression.
- Lutte biologique : utilisation d’organismes vivants contre les bioagresseurs.
- Protection intégrée : utilisation prioritaire de moyens alternatifs de protection de la culture. Lutte chimique de dernier recours.

Lors des analyses 221 substances actives sont recherchées, soit 392 molécules contenant des métabolites de dégradation.

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