L'Avenir Agricole et Rural 13 août 2020 à 07h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

MOISSONNEUSES BATTEUSES : Télématique, des données en quête de débouché

Les principaux leviers pour faire adopter la télématique ne sont plus le transfert des cartes de rendement ou l’affichage du niveau de carburant de la moissonneuse-batteuse. Les arguments se tournent désormais vers l’amélioration du service des concessionnaires.

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La télématique (ou télémétrie) est l’envoi en temps réel via le réseau de téléphonie mobile (vers le PC et/ou le téléphone de l’agriculteur, au concessionnaire, au constructeur, etc.) d’informations sur la machine. Représenté ici, le partage de lignes de guidage entre les différentes machines intervenant sur un chantier de moisson.
La télématique (ou télémétrie) est l’envoi en temps réel via le réseau de téléphonie mobile (vers le PC et/ou le téléphone de l’agriculteur, au concessionnaire, au constructeur, etc.) d’informations sur la machine. Représenté ici, le partage de lignes de guidage entre les différentes machines intervenant sur un chantier de moisson. - © claas

Suivi de flotte en temps réel, transfert de données, partage de lignes de guidage ou encore de réglages, formation à distance, gestion de l’entretien, analyse rétrospective des chantiers... Les possibilités offertes par la télématique – l’échange en temps réel des données machine – sont nombreuses. L’une des plus évidentes n’est autre que le transfert direct des cartes de rendement et d’humidité, évitant de recourir à une clé USB. Soit le remplacement d’une opération « manuelle » à répéter (trop?) fréquemment, et susceptible d’induire une perte de données. Mais malgré les bénéfices potentiels, le niveau d’adoption de cette technologie reste encore faible.


Peu de cartographie et de suivi de flotte

Quand les trois quarts des moissonneuses-batteuses vendues disposent désormais d’un capteur de rendement, seuls 4 % des agriculteurs en consultent les cartes (source : Observatoire des usages de l’agriculture numérique, AgroTIC). Leur usage complexe (étalonnages, transfert des fichiers, faible valorisation, manque d’outils d’interprétation) et l’accompagnement insuffisant des réseaux de distribution freinent le développement de cette étape de l’agriculture de précision susceptible de dégager 6 euros par hectare, selon John Deere. Alors que, suivant les constructeurs et le nombre de machines en parc, l’abonnement au service de télématique est facturé entre 300 et 800 euros par an.

Le suivi de flotte – localisation et état de fonctionnement des machines – avait aussi éveillé l’intérêt des entrepreneurs de travaux agricoles : pour aider leurs salariés à trouver une parcelle, ou encore prédire le ravitaillement en gazole. On imaginait aussi l’intérêt des réglages à distance pour aider un conducteur peu expérimenté, la télématique permettant même de les partager et/ou les répliquer dans des situations analogues. Le partage des lignes de guidage semble désormais séduire davantage. « La demande augmente avec la taille des exploitations et le travail partagé », note Kevin Étienne, chez John Deere, tout en déplorant comme ses concurrents que le taux d’utilisation peine encore à décoller. « Je ne connais pas encore une seule ETA qui analyse tous les matins les données, comme cela peut être le cas dans l’industrie. Les entrepreneurs suivent encore leurs machines chez le client, note Aurélien Pichard, chez New Holland. La télématique est souvent retenue en test. Mais le moindre paramétrage à faire aux champs est source d’abandon. On le voit avec les capteurs de rendement et d’humidité. »


 

 

 

SUITE DE NOTRE DOSSIER MOISSONNEUSES BATTEUSES DANS NOTRE NUMERO DE CETTE SEMAINE

PAGES 15 A 20

- © CLAAS

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