L'Avenir Agricole et Rural 01 août 2013 à 15h39 | Par L'Avenir Agricole et Rural

MOISSON - Priorité au blé

Les retards de maturité ont obligé les agriculteurs à faire une pause après la récolte des escourgeons. Alors que les moissonneuses redémarrent, nous faisons un bilan d’étape avec Jean-François Ferrand, responsable Collecte à la SEPAC.

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De gauche à droite: Jean-François Ferrand, responsable Collecte, Jean-Olivier Lhuissier, Directeur de la SEPAC, Eric Janepin, Directeur Commercial et Xavier Rolland, référent Approvisionnement
De gauche à droite: Jean-François Ferrand, responsable Collecte, Jean-Olivier Lhuissier, Directeur de la SEPAC, Eric Janepin, Directeur Commercial et Xavier Rolland, référent Approvisionnement - © EDauphin

La campagne 2013 est encore une année atypique; l’implantation en conditions séchantes a été difficile en colza et les semis tardifs pour une partie des céréales. Les systèmes racinaires se sont peu développés en raison d’une sortie d’hiver humide, peu lumineuse et froide. La fertilité a été limitée;  elle s’est cumulée à une fin de cycle très chaude qui a limité la fertilité.

La technicité des agriculteurs a été mise à rude épreuve, mais la fumure de fond, la protection fongique, la qualité d’implantation cumulées aux différences entre types de terre font apparaître une certaine disparité dans les échos de rendement.

Escourgeon: une qualité correcte

Les rendements en escourgeon ont atteint une moyenne de 5,7 tonnes à 6 tonnes. En termes de calibrage, la variété Esterel était entre 65 et 70%, et Etincel entre 80 et 85%. Cette nouvelle variété confirme sa qualité et son potentiel. Nous avions fortement positionné Etincel en culture, et les agriculteurs se trouvent confortés dans l’orientation prise par leur négoce. Les protéines sont en moyenne de 9,8 à 10,5%. Aucune réfraction concernant ce critère ne sera appliquée en orge d’hiver.

Colza: perspective de rendements décevants

Les difficultés à l’implantation ont donné lieu à la mise en place de cultures de remplacement: pois, tournesol, maïs. A l’heure du bouclage de cette édition, les premiers échos de rendement oscillent entre 2 et 3 tonnes, ce qui est décevant. L’altération du nombre de grains, cumulée à un Poids de Mille Grains insuffisant en est la cause. Différents facteurs ont été influents: la pression d’insectes, (charançon du bourgeon terminal, de la tige et des siliques), ainsi qu’un système racinaire défaillant.

Malgré tout, les hybrides ont confirmé leur intérêt agronomique sur le cycle et offrent un confort de récolte aux agriculteurs (résistance à l’égrenage). Cela doit leur permettre de mettre la priorité sur la récolte des blés et d’optimiser les bonifications H+I appliquées sur les colzas.

Cependant, la conduite du colza doit évoluer pour demeurer en têtes d’assolement: légumineuses associées, engrais starter en localisé…

Blés: les terres argilo-calcaires sortent la tête de l’eau

Malgré une fin de cycle échaudante et la crainte d’un PMG amoindri, les premiers échos sont plutôt favorables avec un bénéfice pour les argilo-calcaires au détriment de terres limoneuses-argileuses- hydromorphes. Les qualités des premiers blés rentrés sont bonnes (humidité 13,5%, PS 78 et protéines 11). SEPAC prend en compte l’hétérogénéité du terroir, la moyenne des protéines et des PS est appliquée en blé tout comme en orge de brasserie afin de limiter cet impact et de maximiser la valorisation des productions.

A noter la présence d’ergot sur certaines parcelles et certaines zones. Cette présence est favorisée par les conditions climatiques (stress, grêle, humidité et froid) à la floraison. Le bâillement des glumes a permis l’insertion et le développement d’ergots en lieu et place du grain. Dans les parcelles infestées, les conduites culturales suivantes sont à privilégier: enfouissement des sclérotes (labour de préférence) et gestion des populations de graminées.

 

Une année peu propice aux cultures de printemps

Si les ressemis de printemps ont été une réussite dans la plupart des cas l’année dernière, suite à l’épisode de gel, les conditions climatiques de cette année ne leur ont pas été favorables. En maïs, les semis tardifs et les fortes températures observées ces dernières semaines peuvent pénaliser fortement les tonnages matières sèches et les qualités nutritionnelles.

Pour remédier au déficit éventuel du tonnage en maïs, les éleveurs devront se tourner vers des solutions de substitution au fourrage (aliments liquides, co-produits…)

Quant à la récolte des orges de printemps, elle a démarré avec des qualités correctes mais très irrégulières, pour des rendements souvent différents.

 

MARCHÉS EN BERNE

Côté marchés, le complexe maïs/blé souffre d’une récolte fructueuse sur la zone Mer Noire et de bonnes conditions climatiques pour les maïs, soja de la Cornbelt (USA). Le colza est quant à lui sous la coupe du soja, de l’huile de palme et de l’incertitude de la filière bio diesel.

L’accès précoce au marché via l’éventail de l’offre de la SEPAC a permis des prises de position favorable pour les producteurs. Dans cette période d’incertitude, l’utilisation de l’ensemble des outils de valorisation et d’optimisation (option, marché à terme) proposée par SEPAC peut permettre aux producteurs de sécuriser leur exposition à la volatilité du marché.

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