L'Avenir Agricole et Rural 19 juillet 2012 à 15h04 | Par L'Avenir Agricole et Rural

MOISSON, LE POINT RÉCOLTE - A, année exceptionnelle, collecte exceptionnelle

Alors que la moisson tarde à démarrer en raison des conditions météorologiques, les organismes stockeurs adaptent leurs conditions de collecte. Point de situation avec Jean-Olivier Lhuissier de la Sepac et Joël Zehr d'EMC2.

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- © REUSSIR

Horaires élargis, assouplissement des barèmes de frais de séchage sur des orges de brasserie à maturité avec une tolérance jusqu'à 17 d'humidité...: la priorité des OS à l'heure actuelle est de tout mettre en oeuvre pour faciliter le déroulement des moissons, malgré des conditions de récolte difficiles.

 

 

Pas si mal pour les orges de brasserie

A l'heure où nous bouclons cette édition, on est seulement à 15% du volume de collecte par rapport l'an dernier à la même date. Du jamais vu pour Joël Zehr en 32 ans de boutique. Les conditions climatiques ont mis les céréales à rude épreuve; net recul de la sole d'OH en raison du gel, sècheresse au début du printemps suivi d'une forte pluviométrie ont provoqué un décalage de maturité. Pour finir, les épisodes de grêle et les retards de récolte ont provoqué de la casse sur les épis, laissant à terre une partie de la récolte.
Coté rendements, c'est le grand écart, explique Joël Zehr. Entre les agriculteurs qui ont décidé de maintenir des cultures gelées, le début de sècheresse au printemps et les épisodes grêleux, on atteint des seuils de 15 qx/ha. A l'opposé, dans le sud Est du département, certains ont été épargnés par le gel grâce au manteau neigeux, avoisinent les 80 qx/ha. La fourchette moyenne se situerait entre 45 et 75 qx/ha, d'après les premières estimations de Jean-Olivier Lhuissier.
La bonne surprise concerne les taux de protéines en orge d'hiver, inférieurs d'un point à la norme, de l'avis des deux OS. Coté calibrage, on est à 65-90% selon la SEPAC et à 75% de moyenne selon EMC2. Inférieurs à l'année dernière, ils restent d'un bon niveau.

Les suites de la moisson

Les conséquences du gel ont modifié la sole en profondeur. La culture de remplacement préconisée par EMC2 était l'orge de printemps. Actuellement la coopérative nourrit des espoirs de rendement avec des niveaux de protéine correcte compte tenu des premiers résultats enregistrés en Côte d'Or.

En colza, les premiers essais sont prometteurs. Le niveau de pluviométrie rend Jean Olivier Lhuissier optimiste en terme de rendement sur le poids de mille grains.

Joël Zehr craint quant à lui que le salissement des parcelles de colza impacte le taux d'impuretés. Il rappelle la règle de réception dans ce domaine: les impuretés ne sont pas déduites du poids brutes si H+I ne dépasse pas 11 (exemple : 100 qx livrés à 8 d'humidité et 3 d'impuretés = 100 quintaux payés).

Certains ont resemé des blés «alternatifs» en provenance des pays de l'Est, des cultures qu'on maîtrise moins. Le niveau de pluviométrie agite le spectre de la fusariose et des mycotoxines, pour lesquels il n'existe pas de solutions techniques à ce stade, rappelle Jean-Olivier Lhuissier.

La «deuxième mi-temps» de la moisson aura lieu à la rentrée avec les cultures de remplacement. La récolte des tournesols, plutôt en avance, devrait s'enchaîner correctement avec celle du maïs grain. La logistique à mettre en place avec les adhérents sera primordiale, estime le porte-parole d'EMC2, en raison du risque de saturation des capacités de séchage du maïs. L'objectif étant de valoriser au mieux la production des adhérents et d'alimenter correctement les filières.

Les organismes stockeurs se sont organisés pour faire face à la récolte tardive.
Les organismes stockeurs se sont organisés pour faire face à la récolte tardive. - © REUSSIR

Un contexte porteur en terme de prix

Les cours du blé tendre à Rouen ont gagné 17 euros sur la deuxième semaine de juillet, à 249 EUR/tonne et ceux du maïs rendu Bordeaux, 20 EUR à 228EUR/t, malgré des stocks mondiaux supérieurs à 2007-2008. Ces niveaux de prix devraient compenser les frais de ressemis et les pertes de rendements liées au gel, estime Jean Olivier Lhuissier. Cet emballement du marché, qui a débuté en janvier avec l'épisode de gel en Europe, continu à être alimenté par les craintes des investisseurs concernant la sècheresse en Amérique du nord, en pleine floraison des maïs et la forte pluviométrie qui sévit en Mer Noire.


Les dates qui ont rythmé la mesure du temps

1607 : Galilée construit un thermoscope, ancêtre du thermomètre
1648 : Blaise Pascal observe que la pression diminue avec l'altitude et déduit qu'il y a du vide dans l'atmosphère
1667 : Robert Hooke construit un anémomètre pour mesurer la vitesse du vent
18e siècle : standards de température internationaux institués par Daniel Gabriel Fahrenheit et Anders Celsius
1960 : mise en orbite de TIROS1, premier satellite météorologique

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