L'Avenir Agricole et Rural 09 août 2012 à 15h05 | Par L'Avenir Agricole et Rural

MOISSON - COLZA DECEVANT, ORGE DE PRINTEMPS SATISFAISANT

Nous faisons le point cette semaine avec EMC2 qui joue plus que jamais son rôle d'Organisme Stockeur pour valoriser au mieux des récoltes très inégales en qualité comme en quantité, mais globalement satisfaisantes.

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Seul le site de Villiers le Sec est équipé d'un séchoir à énergie gaz d'une capacité comprise de 250 à 3 50 tonnes jour selon le taux d'humidité du maïs grain.
Seul le site de Villiers le Sec est équipé d'un séchoir à énergie gaz d'une capacité comprise de 250 à 3 50 tonnes jour selon le taux d'humidité du maïs grain. - © JL BLONDEL

 

Les caprices de la météo ne facilitent pas la moisson qui se déroule néanmoins dans de bonnes conditions. Joël ZEHR, responsable de région à EMC2 donne les premières estimations sur cette campagne 2 012 qui est pour le moins atypique.

 


DÉCEPTION SUR LE COLZA

Les colzas sont pratiquement tous fauchés, il ne reste que quelques parcelles, souvent sales, qui ont été délaissées pour privilégier la récolte de blé. Le rendement se situera entre 20 et 25 quintaux, ce qui est très médiocre même si le marché compensera une partie de cette chute qui s'explique par une fragilisation due au gel et des attaques de charançons du bourgeon terminal à l'automne, et des siliques au printemps. De nombreuses parcelles ont été conservées malgré le gel car chacun espérait une reprise de végétation. En réalité les pieds ont continué de dépérir et les bonnes conditions pluviométriques du printemps n'ont pas suffi à alimenter correctement une plante dont le pivot avait été fortement endommagé. Comme prévu il y a quelques semaines, les écarts sur cette culture sont énormes. Il y aura de très bons rendements dans les zones épargnées par le gel mais avec un impact limité sur la moyenne départementale. La qualité est elle aussi médiocre en raison du salissement des parcelles et d'une maturité irrégulière. Cela rend le stockage délicat et certains agriculteurs ont d'ailleurs pris l'option d'y renoncer. Actuellement, sur le site d'EMC2, les colzas sont ventilés et/ou trans-silés.

 


DES BLÉS D'HIVER DE BONNE QUALITÉ

Les agriculteurs et les conseillers ont souvent été hésitants sur le maintien des parcelles gelées. Le résultat de la moisson ne permet toujours pas d'affirmer quel a été le bon choix. En effet, certaines parcelles vont jusqu'à 70 quintaux quand d'autres chutent à 40 ou 50 quintaux. Quant à la qualité, elle est au rendez-vous, même, si quelquefois on frôle les valeurs limites de 75 en PS et 11 en protéines. La quasi-totalité des blés d'hiver est aujourd'hui récoltée avec, là encore, des rendements historiques dans les zones qui avaient été protégées par un couvert neigeux. Les temps de chute d'hagberg (cf encadré) sont satisfaisants. EMC2 attend la moisson des blés alternatifs qui sont a priori plus sensibles à la fusariose.

 


LE
BON CHOIX TECHNIQUE ET ÉCONOMIQUE DE L'ORGE DE PRINTEMPS

Les orges d'hiver ayant été en grande partie gelées, les emblavement en orges de printemps les ont assez naturellement remplacées. EMC2 a d'ailleurs fortement aidé et incité les agriculteurs à favoriser cette culture, y compris derrière des blés gelés. Dès le mois de février, la coopérative a toujours considéré que c'était un moindre risque de ressemer cette céréale de printemps dont on connaît bien le comportement et la commercialisation. Pour ce faire, elle n'a pas hésité à mettre à la disposition des agriculteurs de la semence non certifiée au prix coûtant de 25 EURquintal. Aujourd'hui, ce choix se confirme judicieux car les rendements sont assez exceptionnels : entre 60 et 65 quintaux, avec des qualités de calibrage excellentes. Pour les orges semées précocement sur des parcelles initialement prévues à cet effet, le rendement est même de 10 quintaux supérieur. EMC2 donne une prime de calibrage de 1,50 EURtonne au-delà de 95 %. Le taux de protéine moyen est actuellement de 9,1, donc largement en dessous du maximum de 11,5. EMC2 rappelle par ailleurs qu'elle n'applique pas de pénalité en dessous de 9, le cas échéant. Le prix est lui aussi au rendez-vous malgré l'abondance de la récolte. Le marché de la brasserie se maintient grâce à la bonne conjoncture des céréales, en général. L'écart entre la qualité mouture et brassicole n'est plus que d'une quinzaine d'euros. Actuellement le prix de marché, rendu silo Villiers le Sec, est proche de 230EUR/tonne.

 


DES POIS ENTRE 40 ET 50 QUINTAUX

Les agriculteurs qui ont semé des pois de printemps n'ont pas à la regretter car le rendement est au rendez-vous : entre 40 et 50 quintaux. Le choix de cette culture est un souvent un coup de poker car elle est très sensible à la sécheresse du printemps. Le facteur limitant aura probablement été cette année de se procurer de la semence. Cette culture bénéficie par ailleurs d'une aide couplée (140 EURha en 2011).

 


DE BONS ESPOIRS AUSSI SUR LE TOURNESOL ET LE MAÏS

L'état de ces deux cultures est très encourageant avec toutefois une petite inquiétude sur le maïs qui a une quinzaine de jours de retard par rapport à l'an dernier. EMC2 met en place une logistique pour absorber ces futures récoltes qui nécessitent un séchage rapide. EMC2 dispose d'une capacité de 250 à 350 tonnes/jour selon le taux d'humidité. La végétation du tournesol laisse à penser qu'il y aura un enchaînement de récolte favorable. En effet, il n'est pas possible de sécher en même temps du tournesol et du maïs. La coopérative a prévu d'échanger avec les agriculteurs et les entrepreneurs de travaux pour établir un calendrier de livraisons du maïs grain, car seul le site de Villiers le Sec est équipé d'un séchoir.



LES PREMIÈRES LEÇONS À TIRER

Joël ZEHR considère qu'une fois de plus l'agronomie prévaut. L'agriculteur doit prendre en compte les spécificités de chaque variété pour les plages de semis ainsi l'exposition de la parcelle. De même les itinéraires techniques de désherbage doivent être bien réfléchis en considérant la rotation des cultures, la mise en place de faux-semis, voire la pratique du labour.

Par contre, l'année 2012 restera atypique et ne permettra pas de tirer des conclusions édifiantes sur les choix variétaux tant les écarts seront importants d'une parcelle à l'autre.

 



 

UN STOCKAGE SOUS TRÈS HAUTE SURVEILLANCE

Les organismes stockeurs analysent les graines non seulement pour rémunérer l'agriculteur (PS, taux de protéines, humidité, impureté, calibrage) mais aussi pour répondre aux exigences du marché, dont certaines sont réglementaires. Ainsi, il est quasiment impossible de commercialiser des lots qui contiennent des mycotoxines au-delà d'une certaine norme. Il en est de même de l'ergot (tolérance de 0,05 %, soit 1 grain par kilo).

MYCOTOXINES ET FUSARIOSE

Les mycotoxines sont souvent liées à la présence de fusariose. Celle-ci peut être détectée à l'oeil par la présence de grains blancs ou roses. La détection de mycotoxines peut rendre un lot impropre à la consommation humaine. L'OS a donc intérêt à analyser les livraisons pour vérifier que la norme ne soit pas dépassée. La technique d'analyse consiste à mélanger la farine avec de l'eau puis, à l'aide d'une bandelette imbibée par ce distillat, de lire la concentration sur un appareil électronique. Cette manipulation prend environ une vingtaine de minutes.

De même, le temps de chute d'hagberg détermine le caractère panifiable ou non de la cellule, qui sera ensuite commercialisée par l'Organisme stockeur

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