L'Avenir Agricole et Rural 22 août 2013 à 10h48 | Par Jean-Louis BLONDEL

MOISSON 2013 SEPAC - Récolte hétérogène et marges médiocres

La moisson se termine sans euphorie. Mis à part le blé qui donne satisfaction sur l’ensemble du département, les autres récoltes sont inégales. Quant aux marges, elles s’annoncent d’ores et déjà médiocres mais aussi variables suivant la période d’engagement des agriculteurs.

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Les chaleurs estivales ont accéléré (trop) rapidement la maturité des céréales mais ont permis une récolte de qualité.
Les chaleurs estivales ont accéléré (trop) rapidement la maturité des céréales mais ont permis une récolte de qualité. - © A.A.

Nous faisons le point cette semaine avec la SEPAC qui a pratiquement fini d’engranger les livraisons sur la période de la moisson 2013 mis à part quelques hectares d’orge touchés par la grêle.

De nombreux incidents météorologiques

La présente campagne se caractérise par une succession de stress climatiques. Après une implantation automnale difficile en raison de la sécheresse,  un printemps froid et très humide, et pour finir une  forte canicule en début d’été, l’année ne pouvait pas être un bon cru.

Pas de quantité mais de la qualité

Les bonnes conditions de moisson ont permis de récolter des graines de bonne qualité avec un taux d’humidité très faible. Les orges d’hiver ont aussi un bon calibrage et un taux de protéines conforme aux normes brassicoles. Le blé a un poids spécifique correct (autour de 77) et un taux de protéines entre 11 et 11,5 points. Pour limiter cette hétérogénéité haut marnaise, la SEPAC gère en moyenne pour chaque exploitation les PS et les protéines sur les brasseries, les moutures et les blés.

Seul bémol, la présence d’ergot qui est due au froid et à l’humidité au stade fécondation et ensuite à la grêle de fin juin. Les colzas ont un taux d’humidité très faible ce qui donne une bonification  «H+I» (humidité + impuretés)  sur de nombreuses livraisons. En revanche le taux d’huile indirectement intégré dans le prix est plus faible cette campagne en raison du faible PMG, ce taux chute de l’ordre d’un point.

Il est évidemment encore trop tôt pour évoquer la récolte de maïs mais il est fort probable que le retard de végétation engendre un taux d’humidité élevé.

Un marché déprimé…

Les bonnes prévisions de récolte de blé dans l’hémisphère nord plombent le marché. Toutefois une sécheresse semble apparaître sur le Corn Belt américain, ce qui limite actuellement la dégradation des cours sachant que la Chine reste par ailleurs fortement importatrice. Le colza subit aussi la détente sur le marché du soja mais, là encore, l’anticipation d’une sécheresse redonne quelques perspectives d’augmentation. Le désengagement de l’Europe sur les biocarburants n’est toutefois pas de nature à soutenir les cours.

Le marché de l’orge de brasserie reste limité  et les récoltes prometteuses de l’Europe du Nord impactent négativement les cours...

Dans ce contexte de marché globalement morose, le pois tire un peu mieux sont épingle du jeu avec un différentiel de l’ordre de 60 Ä / T par rapport au blé ; la SEPAC propose par ailleurs aux agriculteurs l’accès au prix ferme du jour.

… et des marges médiocres

Le chiffre d’affaires des grandes cultures sera en baisse mais avec des niveaux de charges élevés. En effet, le coût des intrants restera important pour la présente campagne en raison du volume et des prix. En effet, le potentiel de production et la pluviométrie ont incité les agriculteurs à augmenter les amendements, d’une part, et à renforcer les traitements, d’autre part.

Le désherbage a été compliqué  et couteux car les adventices ont profité de la faible densité en sortie d’hiver. La pluie a engendré des maladies foliaires sur les céréales globalement bien controlées. Par contre Jean François FERRAND signale «une problématique montante sur la gestion des insectes du colza» avec des vols plus fréquents et plus longs. Les insecticides ont une rémanence faible et le suivi devient de plus en plus pointu. Dans ce contexte on peut donc malheureusement s’attendre à une baisse significative des marges, ce d’autant plus que les soutiens européens doivent faire l’objet d’une diminution de l’ordre de 5% en raison d’un nouveau stabilisateur budgétaire. La moisson 2013 n’aura donc rien d’exceptionnel et devra être vite oubliée.

Les orges d’hiver qui promettaient en végétation n’ont finalement pas fait d’éclat avec des rendements qui seront de l’ordre de 57/58 quintaux, soit 10 de moins que la moyenne decennale départementale.

Pour les orges de printemps, les écarts de rendements sont cette année spectaculaires. Ils varient entre 2,5 et 6,5  tonnes à l’hectare avec une moyenne qui se situera probablement autour de 4,5 tonnes. Les compléments d’apports de souffre et d’azote ont été déterminants pour Jean François FERRAND de la SEPAC qui note également que les petites terres ont mieux répondu aux intrants que les terres profondes souvent asphyxiantes.

Le blé s’en est globalement mieux sorti avec un rendement moyen qui sera de l’ordre de 7, 5 tonnes à l’hectare. Là encore les sols argilo-calcaires superficiels ont mieux supporté les excès d’eau. Ainsi globalement cette année le Bassigny et les plateaux hydromorphes déçoivent en blé.

La récolte de pois est satisfaisante, particulièrement en pois de printemps dont le stade critique de la floraison s’est déroulé dans une fenêtre météo favorable. Les rendements seront compris entre 4,4 et 4,7 tonnes hectare.

Le colza est la mauvaise surprise de l’année avec des rendements qui vont certainement se situer entre 2,5 et 2,7 tonnes de l’hectare alors qu’ils étaient prometteurs en végétation. Le PMG (poids de 1000 grains) faible, cumulé à un nombre de grains limitant, en sont la cause.

Restent les tournesols et les maïs qui eux aussi, s’annoncent très hétérogènes, à cause des mauvaises conditions de semis. Les prochaines semaines seront décisives car le retard de végétation est important (risque de gelées sur le mois de septembre). La SEPAC s’attend à une baisse sensible du volume, d’autant plus que de nombreux maïs grains vont être convertis en maïs ensilage.

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