L'Avenir Agricole et Rural 25 février 2021 a 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Mobilisation pour une juste rémunération

Alors que les négociations commerciales se terminent, la grande distribution se livre à une guerre des prix au détriment des produits agricoles, notamment la viande et le lait. La FDPL, la FDSEA et les JA ont appelé les agriculteurs à réaliser une opération coup de poing dans les supermarchés du département le 18 février.

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Les négociations entre la grande distribution et les industriels se terminent à la fin du mois. Les premiers échos ne sont pas favorables aux agriculteurs. En effet, prétendant une réduction du pouvoir d’achat des consommateurs suite au covid, la grande distribution souhaite baisser les prix jusqu’à 4 %.

C’en est trop pour la profession agricole, déjà victime de plusieurs années de sécheresse ayant pour conséquence une augmentation des charges. Les syndicats agricoles souhaitent l’application de la loi Egalim, à savoir la prise en compte des coûts de production, et obtenir une juste rémunération.

Mettre la pression sur la grande distribution
Une centaine d’agriculteurs ont répondu à l’appel de la FDPL, la FDSEA et se sont mobilisés dans les grandes surfaces de Saint-Dizier, Chaumont et Langres le 18 février. Les agriculteurs se sont lancés dans une opération étiquetage des produits laitiers et carnés en rayon, ont rencontré les directeurs des grandes surfaces, distribué des tracts à l’entrée des supermarchés, déposé des flyers sur les pare-brise, et lancé une opération escargot en centre-ville.

« Je ne veux pas qu’on prenne l’argent dans notre poche »

Pour Sébastien Riottot, président de la FDSEA, le constat est clair : « la loi Egalim n’est pas respectée, pendant ces négociations la volonté est de baisser les prix à la consommation. Tant mieux pour le consommateur, mais cela ne doit pas se faire au détriment du producteur. Je ne veux pas qu’on prenne l’argent dans notre poche alors que les industriels et les distributeurs auront toujours une marge constante. Nous sommes arrivés à un point où ne pouvons pas descendre nos prix. Les trésoreries sont tendues dans les fermes car les éleveurs ont subi trois sécheresses consécutives. Les stocks sont au plus bas, il devient obligatoire de faire des achats extérieurs. Nous avons aussi des normes et des restrictions en France qui sont bien plus importantes que dans d’autres pays. Au final nous avons des charges en plus et des volumes en moins. Le consommateur veut des produits pas chers alors que le citoyen veut du très bon. Souvent, ces deux choses ne sont pas compatibles, mais si le citoyen veut du très bon, il faut qu’il l’assume. On est capable de faire du beau, du propre et du sain avec la meilleure agriculture du monde, mais manger tous les jours sainement ça a un prix ».

« Payer à sa juste valeur pour pérenniser l’agriculture »

Florent Cressot, président de la FDPL, refuse que l’agriculture soit la variable d’ajustement de la guerre des prix en magasin. « Si on veut pérenniser l’agriculture, il faut payer à sa juste valeur. Nous voulons le respect de la loi Egalim avec la prise en compte des coûts de production pour obtenir une juste rémunération. Les coûts de production sont calculés tous les ans par l’interprofession. Le prix de revient du lait est passé de 385 €/1000 l l’an dernier à 403 € cette année car on a des charges plus importantes, notamment à cause de la sécheresse et les prix des tourteaux qui ont augmenté entre 60 et 80 €/t. Quand on entend parler de contrats laitiers avec certains supermarchés à 385 €, on est encore loin du compte. Ça agace ! Les industriels et la grande distribution doivent prendre sur leur marge, et pas étrangler le monde agricole. On a été très bien accueilli par le consommateur, il est comme nous, il est étranglé de partout. Il est bon à payer et à se taire. La Haute-Marne était une terre de lait et on s’aperçoit que le nombre d’éleveurs diminue d’année en année. Il serait temps de les rémunérer correctement pour que ça motive les jeunes et qu’on ne perde pas l’agriculture dans notre département. Le Président de la République souhaite la souveraineté alimentaire, mais la souveraineté alimentaire commence par une rémunération correcte, sinon on ne peut pas motiver quelqu’un à travailler ».

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