L'Avenir Agricole et Rural 28 janvier 2016 à 08h00 | Par T. Morillon

Mobilisation générale !

Les agriculteurs sont exaspérés de la crise qui les frappe de plein fouet, les contraignant à vendre en-dessous de leurs coûts de production. A l’instar de leurs collègues bretons, ils ont manifesté pendant 2 jours en bloquant 3 grands axes routiers du département.

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Malgré les barrages filtrants, la grande majorité de la population a soutenu les actions des agriculteurs.
Malgré les barrages filtrants, la grande majorité de la population a soutenu les actions des agriculteurs. - © T.M.

Manifestations


Les manifestations agricoles qui ont eu lieu en été ont débouché sur des engagements qui n’ont pas été tenus. Pourtant il était question de revaloriser le prix du lait et de la viande, le gouvernement a pris des mesures par l’intermédiaire d’un plan de soutien à l’élevage, mais qui ne concerne qu’un nombre limité d’exploitations et surtout qui ne règle pas la crise sur le long terme.

Lorsque les laiteries ont annoncé un prix du lait pour le mois de janvier en forte diminution, ce fut la goutte de trop et les JA, appuyés par la FDSEA et la FDPL de Haute-Marne ont appelé à manifester à Langres, Chaumont et Saint-Dizier. Pour rappel, en 2014 à la même période, les 1000 l étaient payés environ 380 Ä, en 2014 autour de 310 Ä et cette année 290 Ä (prix de base). Sachant que les coûts de production se situent en moyenne à 340 Ä/1 000 l, la grande majorité des éleveurs perdent de l’argent chaque jour et cette situation est la même dans le secteur de la viande.

Routes nationales bloquées

Lundi à Langres, ils étaient une cinquantaine à bloquer la N19 au rond-point de la Tuilerie, la gendarmerie a dû mettre en place une déviation au niveau de Rolampont. La situation a duré de 15 h jusqu’à minuit.

Au même moment à Chaumont, les agriculteurs ont déversé des pneus et de la paille sur le rond-point à proximité du viaduc, un axe particulièrement emprunté puisqu’il mène à Châteauvillain, Semoutiers et à l’autoroute. Les forces de l’ordre n’ont pas tardé à mettre en place des déviations, minimisant la visibilité de l’action. Vers minuit, avant de lever le camp, une dizaine de paysans a mené des actions contre 3 grandes surfaces, armés de tracteurs et d’épandeurs à fumier. Un épandage efficace puisque l’entrée du grand parking de Géant Casino a été obstruée, tandis que du fumier a été déposé devant l’entrée de Lidl et d’Intermarché. Les manifestants ont ensuite repris leur point de blocage mardi, de 7h à 17h.

C’est à Saint-Dizier que la mobilisation a été la plus forte : du fumier a été déversé sur la N4 dans le sens Chaumont-Vitry. De lundi à mardi, une centaine d’agriculteurs ont pris position sur 2 ronds-points, en direction de Troyes et de Paris. Des barrages filtrants qui ont causé de nombreux ralentissements sur la nationale ainsi que dans la ville. Cette manifestation devait se poursuivre jusqu’à mercredi, mais dans la soirée de mardi le préfet a demandé à la Direction Départementale de la Sécurité Publique d’intervenir. En colère, les manifestants ont été contraints de quitter les lieux vers minuit, après avoir brûlé des pneus sur le rond-point et épandu du lisier sur la chaussée.

Réunion samedi

Les syndicats souhaitent alerter les pouvoirs publics sur la nécessité d’obtenir des engagements de la part des distributeurs et des transformateurs afin d’avoir un prix de vente en adéquation avec les prix de production. Il faut dire que les éleveurs se retrouvent asphyxiés par un système de répartition des marges non équitable et sont aussi victimes de la concurrence étrangère. Face à la forte mobilisation en début de semaine, le préfet Jean-Paul Celet s’est engagé à réunir tous les acteurs de la filière samedi. Les syndicats agricoles et CER France devraient se retrouver autour d’une table en compagnie de politiques, de la grande distribution accompagnée des représentants de leur centrale d’achat (Casino, Leclerc, Cora, Intermarché, Système U) et des transformateurs et intermédiaires commerciaux (Bongrain, Lactalis, Ermitage, Sodiaal, EMC2 Elevage et l’APAL). L’objectif de cette rencontre étant de faire un bilan de la situation économique des éleveurs et essayer de trouver des solutions concrètes pour redresser les prix.

Les annonces du Ministre de l’Agriculture du 26 janvier

- 290 M Euros, dont

- 130 M Euros pour le plan «grippe aviaire».

-  35 M Euros pour le bassin allaitant touché par la FCO.

- 125 M Euros pour compléter le plan de soutien à l’élevage.

- Le dispositif de l’«année blanche» est reporté du 31 janvier au 30 juin 2016 et il pourra s’étendre aux céréaliers des «zones les moins fertiles». La Haute-Marne devrait pouvoir en bénéficier.

- «Appel solennel» à la prise en compte des coûts de production dans les fixations des prix par l’aval des filières.

- Renforcement de la traçabilité, y compris sur les produits transformés.

- Mise en place de fonds privés (contributions volontaires des distributeurs) pour venir en aide en période de crise, comme cela se pratique déjà dans certains pays.

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