L'Avenir Agricole et Rural 19 mars 2020 à 09h00 | Par Amarin MAXANT

Mise à l’herbe 2020, un strongle digestif commun, l’ostertagia

Le printemps, synonyme pour beaucoup d’une nouvelle saison de pâture, arrive à grands pas. Si c’est un plaisir pour nos chers bovinés de retrouver de belles étendues d’herbe fraîche à se mettre « sous la dent », ou devrais-je dire « sous le bourrelet », la période de mise à l’herbe rime également avec parasites.

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Longtemps considéré comme un ennemi juré à abattre, le regard sur les parasites et la gestion du parasitisme a largement évolué au cours de la dernière décennie. Et pour cause, n’oublions pas que l’existence d’une population parasite n’est possible que si une population hôte existe elle aussi... Aujourd’hui, l’objectif n’est donc plus d’éradiquer totalement toute forme de parasitisme au sein des élevages, ce qui est d’ailleurs impossible, mais de jouer sur un équilibre précieux et incontournable : l’équilibre hôte/parasite. Nous y reviendrons…

Particulièrement actifs à cette période de l’année, les strongles digestifs concernent de nombreux élevages, qu’ils soient allaitants ou laitiers. Le plus commun d’entre-deux, l’ostertagia ostertagi, affecte la caillette et évolue sur les zones de pâtures. L’article, ci-après, sera consacré à ce nématode de toute petite taille (9mm de longueur moyenne) et à leur gestion raisonnée en élevage bovin. Alors rentrons dans le vif du sujet !

Généralités sur le parasite ostertagia
Plusieurs vers ronds (nématodes) peuvent être à l’origine d’une strongylose gastro-intestinale. En élevage bovin, le strongle digestif le plus répandu, et le plus pathogène, est Ostertagia pouvant affecter lourdement la caillette et, par extension, l’état général de l’animal touché.

Deux cas d’ostertagiose sont à distinguer :

Ostertagiose de type I : les L3 détruisent les glandes gastriques de la caillette. Les conséquences sont directes : diminution de la capacité d’ingestion, diarrhées, diminution de l’état général de l’animal, diminution des capacités de production … L’affection de type I intervient souvent en fin de saison de pâture lorsque de jeunes animaux, faiblement immunisés, ingèrent une quantité importante de L3.

Ostertagiose de type II : cas le plus sévère, souvent létal, le type II intervient en période hivernale après un stress, une baisse d’immunité … C’est à ce moment que les larves, alors enkystées dans la paroi de la caillette, rejoignent la lumière du système digestif, causant de graves lésions.  Par conséquent, les symptômes du type I, décrits précédemment, sont décuplés.

Se prémunir en caractérisant et en maitrisant le risque parasitaire de son exploitation

En plus des outils de diagnostic conventionnels cités ci-dessus, il est possible de caractériser le risque parasitaire sur son exploitation. Cette caractérisation est une clé de lecture qui permet de maîtriser efficacement le risque sur son exploitation. Voici quelques pistes :

- Quantifier le degré de contamination des zones de pâture,

- Maitriser la mise en pâture des animaux,

- Maitriser le chargement des parcelles,

- Instaurer, si possible, du pâturage dynamique,

- Considérer les particularités météorologiques de chaque saison de pâture,

- Développer l’immunité des jeunes,

- Raisonner ses traitements antiparasitaires lorsqu’ils sont nécessaires

Des outils de diagnostic conventionnels permettent de caractériser le risque parasitaire sur son exploitation.
Des outils de diagnostic conventionnels permettent de caractériser le risque parasitaire sur son exploitation. - © AAR

Les anthelminthiques, c’est pas systématique !

Coûteux, freinant le développement de l’immunité, altérant la faune coprophage, à l’origine de résistances … les traitements, surtout à base d’avermectine, ne sont plus à utiliser de manières systématiques. En effet, grâce à un suivi rigoureux du risque parasitaire et des protocoles de traitements, l’immunité des bovins se développera naturellement. Diagnostiquer reste un bon moyen permettant de cibler les traitements de manière adéquate. À noter, dans plus de la moitié des cas, les traitements sont inutiles (pas d’infestation, mauvais dosage, mauvais moment …).

Conclusion
Aujourd’hui, il est impossible de bannir les traitements antiparasitaires lorsqu’on évoque la notion de « parasitisme en élevage ». En revanche, les traitements, lorsqu’ils sont nécessaires, doivent être le fruit d’une réflexion prenant, pour amorce, les caractéristiques spécifiques
de chaque exploitation et de chaque année de pâture (Cf. section « Se prémunir en caractérisant et en maitrisant le risque parasitaire de son exploitation »).

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans notre édition du 20 mars 2020.

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