L'Avenir Agricole et Rural 05 avril 2013 à 10h47 | Par L'Avenir Agricole et Rural

MÉTÉO - UN HIVER QUI N'EN FINIT PAS

la somme des températures depuis le 1erjanvier atteint un minimum historique. Les colzas fragilisés par une mauvaise levée à l’automne dans le nord Haute-Marne doivent être ressemés. La situation devient aussi critique pour les éleveurs dont les stocks de fourrage s’amenuisent.

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Mickael Masselot, nouveau Président de l’APVA, agriculteur à Dommartin-le St-Père, doit aussi faire face aux dégâts de Pigeons ramiers.
Mickael Masselot, nouveau Président de l’APVA, agriculteur à Dommartin-le St-Père, doit aussi faire face aux dégâts de Pigeons ramiers. - © JL BLONDEL
Une météo qui dure est généralement une mauvaise météo. La persistance du froid en ce début de saison dérègle forcément le cycle végétatif. Les conséquences ne sont toutefois pas systématiquement dommageables si les plantes ont conservé leur potentiel développement et si, bien entendu, les conditions deviennent favorables dans les prochains mois avec une pluviométrie une température adaptée.


Jusqu’à 90% de colzas retournés

Benoît THIEBAUT, Conseiller APVA, estime que sur la plupart des communes du canton de POISSONS, le taux de retournement des colzas atteindra 90%; seules les communes de Germay, Lezeville et Epizon sont moins affectées. Stéphane TRUCHOT, son collègue du secteur nord-ouest, pronostique un retournement de l’ordre de 40% sachant que les agriculteurs restent encore indécis sur l’avenir des petits colzas. Antonio PERREIRA, fait le même constat sur son secteur de Colombey.

Les gelées du début d’année ont eu raison des cultures peu développées. Cette calamité touche malheureusement des secteurs qui ont subi une répétition d’aléas ces dernières années. La situation n’est toutefois pas comparable au sinistre de l’an passé ; ce qui n’a d’ailleurs pas justifié l’engagement d’une procédure pour calamité exceptionnelle auprès des instances européennes en ce qui concerne la mesure rotationnelle. Les agriculteurs devront donc déclarer les cultures en place au 15mai et, dans l’hypothèse où les conditions de rotation et d’assolement stipulées par le cahier des charges ne seraient pas respectées, il leur sera nécessaire de demander la dérogation prévue en matière d’incident climatique. Cette déclaration permet de conserver la mesure rotationnelle en ne perdant l’aide de 32 Ä/ha que sur la surface non conforme. La preuve de l’incident de culture peut être rapportée au moyen d’une photo, d’une expertise dans le cadre de l’assurance récolte ou d’une facture de semence.

 


Près d’un mois de retard de végétation

À la fin de la séquence météo actuelle, espérée pour la semaine prochaine, le retard de végétation pourrait atteindre un mois. Les sommes de températures ci-contre, confirment cette situation exceptionnelle. Le retard de la pousse d’herbe devient aussi problématique pour les éleveurs qui entament leurs stocks de sécurité. Les conséquences agronomiques sont  enfin importantes en raison des difficultés d’application des herbicides. Il en est de même des apports azotés. Actuellement, les solutions liquides sont stoppées car l’azote serait volatilisé, or les colzas ont fait peu de réserves dans leurs feuilles en sortie d’hiver compte tenu de leur faible développement.

Joël ZEHR d’EMC2 essaie de positiver en estimant que les plantes renforcent actuellement leur système racinaire, ce qui leur permettra de profiter pleinement des conditions favorables à venir. Il estime que la situation haut-marnaise, tout en étant préoccupante sur le nord Haute-Marne, reste moins alarmante qu’en Lorraine où la moitié des colzas pourrait être ressemée. Mickaël MASSELOT, nouveau Président de l’APVA et agriculteur à Dommartin-le-Franc a prévu de ressemer 30 hectares, soit 40% de sa sole de colza d’hiver. Il estime que le précédent cultural n’est pas non plus anodin sur le faible développement de ses colzas «une implantation est toujours plus difficile sur une autre culture que l’orge d’hiver. Or il en est resté très peu lors de la dernière campagne suite au gel» constate-t-il en essayant de découper ses parcelles irrégulièrement implantées. Il remarque aussi que les exposition nord-est, sont les plus sinistrées.

 

Prise en charge par l’assurance récolte

Le ressemis est pris en charge par les assurances aléas climatiques sans condition de franchise ni de seuil de perte. Certains agriculteurs vont donc solliciter pour la 3ème année consécutive cette couverture. Le but de cette assurance n’est évidemment pas de fonctionner chaque année mais elle s’avère d’une grande pertinence pour notre département. GROUPAMA, leader sur ce marché a missionné ses experts pour traiter 167 dossiers haut-marnais. Il faut maintenant espérer que les cultures réimplantées permettront les mêmes résultats que l’an dernier.

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