L'Avenir Agricole et Rural 20 novembre 2014 à 08h00 | Par E.D.

Marché du bon pied

La traditionnelle vente d’automne de bois sur pied a eu lieu à la salle des fêtes de Semoutiers. Elle a attiré les acheteurs du quart Nord-Est dans un marché du bois porteur.

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La tribune a décacheté les 478 soumissions émises par les acheteurs.
La tribune a décacheté les 478 soumissions émises par les acheteurs. - © E.D.

La vente par soumission était organisée par la coopérative forestière de Haute-Marne (CPF52) et par le Groupement de productivité et de développement forestier de Haute-Marne (Groufor52).

Plus d’acheteurs

Ensemble les deux organismes ont constitué le cahier décrivant chaque lot et l’ont envoyé à 350 acheteurs potentiels. 80 d’entre eux ont fait le déplacement, dont douze nouveaux acheteurs potentiels. 34 sont devenus adjudicataires après avoir remporté une ou plusieurs ventes. Les trois plus gros adjudicataires sont haut-marnais: la scierie Richardot pour le chêne, implantée à Val de Meuse, la Forestière de Haute-Marne, négoce international multi-essence, la scierie Mauté à Arbot pour le hêtre et le frêne.  Ces trois acheteurs représentent à eux seuls 30 % du chiffre d’affaires généré par la vente de bois. Preuve que le marché du bois se réveille, 90 % du volume total a été vendu pendant la vente pour un chiffre global de 1 449 178 e. Le nombre de soumission par lot a augmenté par rapport à l’année dernière, passant de 4,68 à 6,46.

Tendances par essence

Le volume présenté était de 19 599 m3 réparti en 74 lots, dont 55 % de bois d’œuvre feuillu (chêne, frêne, hêtre), 30 % de bois d’industrie feuillu et 15 % de résineux.

Le hêtre connaît un regain d’intérêt (jusqu’à onze soumissions). Le chêne reste très demandé, sous l’influence du merrain utilisé dans la fabrication des fûts de chêne, tirant le prix à la hausse y compris pour les chênes de nos plateaux calcaires. Le prix moyen du bois d’œuvre toutes essences confondues, hors résineux, s’est élevé à 129 Ä/m3.

Malgré la présence avérée de la Chalarose du frêne sur le département, la demande se maintient, mais les organisateurs de la vente craignent un effondrement des cours le jour où des volumes plus importants vont arriver sur le marché.

Le bois énergie vient soutenir les cours

Le cours du bois de trituration feuillu est en hausse. Ce segment de marché est confronté à la concurrence directe de la demande en bois énergie destiné à la plaquette forestière. Certains propriétaires sont opposés à la vente de leurs bois sous forme de bois énergie car l’ensemble de la tige est exporté, il n’y a donc plus de restitution au sol. Cependant, à l’échelle locale, la forêt haut-marnaise est en capacité de fournir les chaufferies en place, tempère Mickaël Léotier, technicien à CPF52.

Les acheteurs sont prêts à mettre le prix, car ils ont besoin de matière première (ce qui est un signe positif pour les propriétaires de parcelles forestières), mais ils craignent de ne pouvoir répercuter ces hausses de prix sur les produits transformés, ce qui fragiliserait la compétitivité de l’ensemble de la filière

Trois questions à... Alain Doré, président de CPF52

> Vos impressions sur la vente d’Automne ?

La vente s’est admirablement bien passée, les acheteurs étaient au rendez-vous, les prix également pour des lots de grande qualité. Le chêne du Der reste la référence au niveau européen.

> Le bois énergie peut-il déstabiliser la filière Bois d’industrie ?

Il est clair que la plaquette forestière atteint des prix attractifs pour les propriétaires, à condition que ceux-ci disposent de massifs suffisamment importants et desservis par des routes forestières pour permettre le séchage et le broyage du bois en bordure de chemin. Pour les massifs moins bien aménagés, la trituration reste un débouché de choix. Nous devons veiller à satisfaire tout le monde dans le respect de la gestion durable des massifs qui nous sont confiés.

> Les priorités du CPF52 dans les années à venir ?

Bien sûr, nous souhaitons intégrer de nouveaux coopérateurs qui nous confient la gestion de leurs bois. Nous réfléchissons également à lancer des contrats d’approvisionnement en bois énergie pour fournir les chaufferies locales.

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