L'Avenir Agricole et Rural 07 août 2014 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

MARCHAND DE CAILLOUX

Agri’novateur Fabrice Lebeuf a adapté une ancienne récolteuse à pommes de terre pour en faire un ramasseur de cailloux.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Estelle Dauphin

Fabrice Lebeuf est agriculteur à Rizaucourt, dans le nord du département. Avec son épouse, il exploite 250 ha de céréales et un hectare de vigne. Passionné de machinisme agricole, ce féru de mécanique a déjà réalisé plusieurs outils de travail du sol répondant à ses attentes ; déchaumeur, mise au point d’un prototype de « Finisher » (combiné disque/dents/rouleau/brise-mottes) pour une préparation du sol en un seul passage et il travaille actuellement sur un prototype de semoir en collaboration avec un constructeur tchèque rencontré au SIMA.

 

> Transformer une contrainte en opportunité

C’est à partir d’un simple constat de bon sens que Fabrice se lance il y a cinq ans dans le projet du ramassage de cailloux ; le remblais nécessite d’extraire de la matière première des carrières à un coût élevé et avec un taux d’argile important, alors qu’il a dans ses champs une matière première abondante, dont il se passerait bien sur le plan agronomique. Restait à trouver un système pour mécaniser « la récolte ». Il passe alors une annonce en page régionale dans l’Avenir Agricole pour trouver une récolteuse à pommes de terre d’occasion.

Il apporte de lourdes modifications à la machine d’origine, notamment au niveau de la pâle de ramassage, qu’il appelle « ameneur » (voir photo ci-dessous) : il fixe des étançons en queue-de-cochon sur un axe auquel il adapte un moteur hydraulique avec réducteur. Les essais permettent d’estimer à soixante tours par minute le rythme de rotation optimum. Les cailloux rassemblés en andains sont convoyés sur un tapis à clair-voie qui permet de les séparer de la terre. Le tapis d’origine a été remplacé par un tapis en caoutchouc et barres d’acier renforcé. Les cailloux sont ensuite expulsés en continu dans une benne.

L’entraînement se fait par prise de force, pour tracter la machine, une puissance de 80 chevaux est suffisante à condition d’être équipé d’une transmission à variation continue car il faut avancer lentement ; selon la densité de cailloux on peut descendre à 800 mètres à l’heure et remplir une benne de seize tonnes en moins de sept minutes !

 

> Le ramassage de cailloux en chiffres

Pour l’instant, Fabrice n’a utilisé cette technique que dans ses champs et il n’a pas encore fait le tour de son parcellaire. Le débit de chantier est d’environ sept hectares par jour ; l’opération a lieu au mois d’août, entre la moisson et les premiers semis. Le gabarit des cailloux extraits va de 38 mm (écartement des mailles du convoyeur) à 15 cm. Il extrait 3 000 tonnes par an ; le fruit de sa récolte est entassé à proximité du hangar de l’exploitation et il le vend 6,50 Ätonne, chargé et pesé. Un prix qui reste largement compétitif par rapport au tarif en carrières pour une matière première plus fine, mieux calibrée, qui ne gèle pas et se place bien (pas d’effet de tassement). Les clients gèrent eux-mêmes le transport. Ils sont majoritairement du secteur, issus du domaine travaux publics et du secteur agricole Le remblais est utilisé lors des chantiers de drainage, pour refaire des cours d’exploitation, stabiliser des piscines... L’investissement total (achat et adaptation de la machine) s’est élevé à 15 000 euros.

 


> Ramassage ou broyage ?

Sur le plan agronomique, Fabrice constate une amélioration au niveau des levées de céréales dont les pivots ne sont plus entravés par des pierres ainsi qu’une amélioration de rendements sans pour autant avancer de chiffres, tant la technique mise en œuvre est récente. En année sèche, la terre se réchauffe moins vite et elle est moins séchante qu’en présence de cailloux constate l’agriculteur. Il note également moins de casse de matériel.

Le ramassage des cailloux évite selon lui les excès de calcaire libérés lors du broyage. Fabrice estime que ses terres ont « descendu » globalement de 7 mm, en raison de la baisse du volume de terre apparente. L’inconvénient pour l’exploitant est le besoin en main-d’œuvre pour ce chantier qui nécessite quatre personnes en période estivale.

Alors, dis Papa, quand est-ce qu’il passe, le marchand de cailloux ??

 

 

> Démonstration vidéo de la machine sur Internet :

En cliquant sur le lien ci dessous

 

https://www.youtube.com watch?v=NrWydfAKkns

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2462 | septembre 2017

Dernier numéro
N° 2462 | septembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui