L'Avenir Agricole et Rural 27 juin 2013 à 10h35 | Par JLB

MANIFESTATION - Les agriculteurs à Paris pour sauver l’élevage

Plusieurs milliers d’agriculteurs sont «montés» à PARIS dimanche dernier pour témoigner des difficultés que traversent les éleveurs. 40 Haut-Marnais étaient présents à cette journée de communication et de revendication.

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Xavier Beulin est passé de la manifestation au couloir des institutions européennes pour défendre la PAC.
Xavier Beulin est passé de la manifestation au couloir des institutions européennes pour défendre la PAC. - © JLB

Cette manifestation du 23 juin était programmée de longue date. Lors du dernier congrès de la FNSEA de fin mars 2013 il avait ainsi été décidé de conduire des actions  dans tous les départements, (ce qui a été fait en avril pour le lait), puis d’organiser un grand rassemblement national ayant pour finalité de défendre l’élevage dans sa globalité en mettant en avant les doléances déjà présentées dans chaque préfecture.

Défendre aussi l’élevage en zone intermédiaire

Mobiliser des agriculteurs un dimanche, fin juin, alors que de nombreuses festivités sont programmées dans les familles et dans les villages, relevait du challenge. Pourtant, 40 agriculteurs et agricultrices haut-marnais ont fait l’effort de répondre au mot d’ordre national. A cette occasion les représentants de la FDSEA et des JA de Haute-Marne ont fait passer le message de la zone intermédiaire qui est confrontée à des difficultés particulières tenant à la taille des structures, à l’absence de spécialisation et au faible maillage agro-industriel. Le message a été transmis, il sera relayé par des courriers envoyés aux instances nationales, car le moment est propice avec la renégociation de la PAC.

Le redressement productif de l’agriculture

La marinière verte est devenue le symbole du redressement productif agricole de la France et elle était portée par les responsables agricoles en tête du défilé et par les organisateurs. Dans leur discours successifs, Xavier BEULIN, Président de la FNSEA, puis François THABUIS, Président des Jeunes Agriculteurs ont rappelé le rôle économique de l’agriculture et de l’élevage en particulier. Ils ont demandé que la grande distribution soit mieux contrôlée par les Pouvoirs Publics afin d’équilibrer les relations entre les maillons de la filière. La traçabilité, la contractualisation et les modalités de rémunération ont été souvent évoquées par les responsables syndicaux. Les représentants des éleveurs ont aussi appelé à une répartition équitable des aides PAC. La surprime aux 50 premiers hectares n’a pas été évoquée car elle est considérée comme une «fausse bonne idée» par le syndicalisme majoritaire.

Les parisiens pris à témoin

Après le défilé de 3 kms entre la Tour Montparnasse et les Invalides, les agriculteurs se sont rassemblés sur l’esplanade champêtre qui borde la Seine et sur laquelle ils avaient installé des stands où les parisiens pouvaient venir découvrir les produits régionaux et les animaux. Ce moment récréatif  a néanmoins permis de faire passer quelques messages sympathiques auprès des citadins qui ont une vision malheureusement déformée de l’agriculture  par l’intermédiaire de médias trop souvent accusateurs.

Les retombées médiatiques de cette journée ont été très positives, espérons qu’elles seront durables au niveau de l’opinion publique, et des pouvoirs publics qui sont amenés à légiférer sur le fonctionnement au quotidien des entreprises agricoles. Le slogan «l’agriculture est un métier, pas un jeu» avait bien pour objectif de rappeler que l’activité agricole  est quelque chose de sérieux tant sur le plan technique qu’économique. Pour les jeunes citadins les animaux ne doivent pas être que des peluches et, pour les Pouvoirs Publics, les territoires ruraux ne doivent pas non plus faire les frais de jeux politiques avec des réglementations environnementales hasardeuses et incohérentes.

La réforme de la PAC en arrière pensée

Le Président de la FNSEA, Xavier BEULIN, s’est rendu le soir même au Luxembourg pour peser le plus possible sur les négociations en cours. «Nous avons besoin d’une politique agricole vraiment commune, ambitieuse, soucieuse de la réalité et des marchés, apportant soutien et compensation quand l’exige la nécessité. Ces objectifs imposent de maintenir des capacités de couplage significatives, des aides PAC, un verdissement pragmatique et intelligent, une convergence nationale lente et raisonnable, mais aussi des outils de gestion de marchés consolidés et un deuxième pilier financé à la hauteur des besoins des paysans» a-t-il déclaré.

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