L'Avenir Agricole et Rural 18 avril 2013 à 10h09 | Par L'Avenir Agricole et Rural

MANIFESTATION - L'élevage, cause nationale.... et départementale

Le dépôt du cahier de doléances a été précédé d’actions JA devant plusieurs GMS et d’un rassemblement devant la préfecture.

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- © JL Blondel

Le Préfet à l’écoute


Thierry LAHAYE a conduit une délégation de responsables syndicaux qui ont chacun présenté une fiche de revendications sur un thème spécifique. Après avoir attentivement écouté les agriculteurs, le Préfet a assuré qu’il ferait remonter les « doléances » au Ministère en réaffirmant sa disponibilité pour poursuivre l’examen des dossiers évoqués. Sur la question de la simplification administrative, il a déclaré avoir reçu tout récemment une directive du Premier Ministre l’invitant à rechercher des assouplissements de procédure administrative et de normes. La Profession agricole ne manquera pas d’apporter sa contribution à cette démarche. La matière ne manque pas avec la directive nitrates, les installations classées, et les zonages environnementaux !

 

RESUMÉ DU CAHIER DE DOLÉANCES

Après avoir rappelé la place de l’élevage haut-marnais dans l’économie départementale, Thierry LAHAYE a planté le décor politique et économique en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une démarche catégorielle mais de celle de l’ensemble d’une profession qui est entièrement solidaire face à la dérive des charges et des contraintes environnementales. Il a insisté sur le désarroi des éleveurs qui n’arrivent pas à répercuter leurs coûts de production. « Il y a un problème en France avec le marché qui ne repose pas sur des rapports équilibrés entre les acteurs » regrette-t-il, en sollicitant, dans ce contexte particulier une intervention de l’Etat.


Soutenir la viande bovine

Vincent COURTIER a pris la défense des producteurs de viande bovine en rappelant qu’il manquait à ce jour près d’un E du kilo pour permettre à un éleveur de vivre dignement de son travail et de pérenniser son outil de production en continuant d’investir. Le prix moyen pondéré de 4 Ä/kg est en nette progression mais celle-ci est largement absorbée par la hausse des charges.

Il estime inacceptable que l’Etat n’ait pas maintenu l’aide à l’engraissement dans laquelle les éleveurs s’étaient engagés contractuellement.

Il demande une diminution des coûts d’abattage main-d’œuvre et normes excessives et la sécurisation du revenu et des ressources fourragères avec une politique d’assurance contre les risques climatiques et sanitaires.

 

Les moutonniers démoralisés

La situation est beaucoup plus grave pour les moutonniers et Jean Pierre CLER n’a pas manqué de rappeler qu’il fallait environ 2 qts d’aliments pour nourrir le couple brebis-agneau. Avec l’augmentation des céréales, il faut compter environ 1 Ä supplémentaire par kg d’agneau, autrement dit le complément d’aide obtenu depuis trois ans est aujourd’hui absorbé par cette seule augmentation et il y a d’autres charges (vétérinaire, bouclage...) Aucun jeune ne s’installe en production ovine, cette production est en voie d’extinction et pendant ce temps les grandes surfaces continuent de brouiller la traçabilité en laissant croire que l’agneau néozélandais est un produit frais. A 5,70 Ä du kg actuellement il manque près de 2 Ä. Le bouclage électronique doit continuer d’être aidé sans faire de zèle sur l’électronisation du stock de brebis nées avant le 1er juillet 2010.

 

1 000 truies en Haute-Marne

Gilles LAMONTAGNE a présenté la situation de l’élevage porcin en Haute Marne qui est tout simplement sinistré avec 1 000 truies qui subsistent, ce qui représente une production environ de 25 000 porcs à comparer avec le volume traité avec l’abattoir de Chaumont. Il considère qu’il manque 20 Ä par porc ; Il demande que les « déserts porcins » comme la Haute Marne puissent bénéficier d’incitations particulières car il est dans l’intérêt de l’aménagement du territoire et de l’environnement de répartir la production sur tout le territoire français.

 

Non aux déclarations d’installations classées coûteuses

Cyril MOUSSU, en tant que Président de la Commission Environnement, a bien entendu renouvelé les revendications à propos de la directive nitrates en demandant que les spécificités pédoclimatiques locales soient réellement prises en considération. Il a aussi évoqué le nouveau régime d’installations classées qui va nécessiter un contrôle périodique tous les 5 ans par des cabinets agréés. Le coût pourrait être de 500 à 1 000 Ä. Sur ce dossier la France est leader européen de la réglementation, ce qui est malheureusement contreproductif au plan économique.

Il a aussi demandé que les hydrogéologues justifient scientifiquement leur préconisation dans l’élaboration des périmètres de captage et a souhaité que l’ONEMA ait une attitude moins répressive mais plus pédagogique. Enfin il conteste la sanctuarisation des pâtures, que ce soit au niveau de la PAC (verdissement), Natura 2 000 (évaluation d’incidence) ou du drainage. Les éleveurs doivent pouvoir conserver toute liberté pour choisir l’assolement de leur exploitation, le retournement des pâtures permet car de renforcer l’autonomie fourragère des élevages.

Repousser la concurrence des nuisibles

Une fiche a été présentée sur ce thème car elle est d’actualité dans notre département avec la recrudescence des nuisibles en tous genres, sanglier, grues cendrées, cervidés, corbeaux, etc... qui viennent détruire des cultures et pâtures qui sont autant de ressources fourragères en moins pour les élevages. Le Préfet a précisé qu’il se concertera sur ce dossier avec la FDC.

 

Une PAC qui redonne des perspectives

Thierry LAHAYE a évoqué la prochaine réforme de la PAC qui inquiète particulièrement les zones intermédiaires comme la Haute Marne où les exploitations de polyculture élevage sociétaires sont dominantes. Il estime que la surprime des 50 premiers hectares pourrait être contreproductive surtout si elle ne prend pas en compte la main-d’œuvre sur les exploitations. Or une jurisprudence européenne laisse à penser que le principe même de la transparence des GAEC pourrait être supprimé.

La réforme de la PAC doit au contraire redonner des perspectives en maintenant au moins un niveau de soutien équivalent tant dans le 1er que le 2ème pilier. Il souhaite que la zone défavorisée soit maintenue et que le classement en « zone difficile » soit étudié afin de bénéficier d’un abordement éventuel des aides du 1er pilier. il souhaite que le couplage soit maintenu sur les vaches allaitantes en l’étendant à tous les cheptels de vaches nourrices présentes.

 

 

Faciliter l’installation

Cédric JAPPIOT a présenté le bilan de l’installation au cours de ces 3 dernières années, à savoir une quarantaine en moyenne.

La grande majorité des installations se réalise en élevage : 12 en bovins viande et 17 bovins lait en 2012. Il dénonce la suspension du PMBE à partir du 15 juin qui entraînera une rupture dans le processus de modernisation. Les JA souhaitent une PAC forte avec un soutien fléché vers les JA et une remise à niveau des droits à aides. Ils demandent un allégement, voire une suppression, de la procédure d’avenants ainsi que davantage de souplesse dans l’évolution des systèmes en particulier par le retournement des pâtures.

 

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