L'Avenir Agricole et Rural 26 novembre 2015 à 08h00 | Par A. Rondot

Maïs 2015 : ses valeurs alimentaires bonnes ou mauvaises ?

Afin d’adapter au mieux votre bilan fourrager et de caler les rations des différentes catégories d’animaux, il est nécessaire de connaître les valeurs alimentaires des fourrages distribués.

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Toutes les parcelles en maïs n’ont pas connu les mêmes dégâts de végétation.
Toutes les parcelles en maïs n’ont pas connu les mêmes dégâts de végétation. - © Reussir

Les premiers résultats ensilage maïs 2015 :

Les premières analyses de maïs sont de retour, on peut noter une grande hétérogénéité dans les résultats, mais des maïs pas si mauvais que l’on pouvait s’y attendre malgré un été très calamiteux :

Des maïs différents d’une parcelle à l’autre, d’un secteur à l’autre, pourquoi ? :

Comme énoncé lors du dernier article de la semaine dernière, l’année a été rythmée de conditions climatiques pas forcément favorables au maïs :

- forte battance de certaines parcelles au printemps après des pluies excessives fin avril – début mai,

- sécheresse et canicule qui ont duré de début juillet à mi août, période à laquelle le maïs a le plus besoin d’eau.

- Le manque d’eau a eu un effet sur le développement des maïs et d’autant plus sur les parcelles les plus séchantes : Nous avons pu noter peu de développement tige / feuilles car aussi il y avait peu de développement au niveau du système racinaire et donc pas ou peu de possibilité d’aller chercher l’eau en profondeur et d’autant plus sur les parcelles avec peu de terre et/ ou très caillouteuse.

- Les fortes températures ont pénalisé la fécondation : on a pu noter une désynchronisation entre la production de pollen et le développement des soies (entre 10-15 jours). Les températures trop élevées et le manque d’humidité sur le panicule ont pénalisé la viabilité du pollen émis et les soies se sont desséchées (donc peu d’émission de tube pollinique, pas ou peu de fécondation et donc peu de grains).

Le nombre de rangs des épis se détermine au stade 10-12 feuilles  soit début juillet ce qui correspondait aussi au début de la sécheresse et canicule.

Ces conditions de végétation du maïs n’ont donc pas été optimales ce qui a entraîné :

- Un manque de développement végétatif

- Un manque de grains

- manque de rendement de l’ordre de moitié d’une année  ‘normale’ (rendement allant de 3 TMS à 10 TMS).

Toutes les parcelles en maïs n’ont pas connu les mêmes dégâts de végétation (avec différents : dates de semis, type de sol, effet variétal, …pluviométrie) et ceci nous conduit à différents : rendements, des proportions grains-plantes, des parts d’amidon, soit des compositions chimiques différentes (part d’amidon, cellulose...).


Que peut-on dire sur les valeurs alimentaires ?

- La matière sèche est comprise entre 19 et 43 % , avec en moyenne 33 %. Les maïs récoltés tôt même secs sur pieds avaient une MS peu élevée : 20-23 %, attention l’aspect végétatif peut nous influencer dans l’idée que l’on peut avoir d’un taux de MS de la plante. Ces maïs, même secs, sans mise en place de couche de paille ou autres au silo ont coulé.

- Une assez bonne digestibilité des maïs : 73.5 avec une variabilité de 68 à 76 soit une valeur UFL comprise entre 0.86 et 1.02. Selon les conditions de végétation que l’on a connues, nous pouvions penser que les maïs ne seraient pas digestibles. Mais selon les résultats et les essais menés par Arvalis, il s’avère qu’un maïs conserve la même digestibilité et ce jusqu’à 70 % de feuilles sèches. Le maïs n’aurait donc pas lignifié. Les feuilles sèches n’influencent donc que la conservation et l’appétence.

- Une part d’amidon moindre en comparaison à 2014 car comme nous l’avons évoqué ci-dessus, les épis se sont mal développés et la migration des sucres en amidon n’a pas été terminée.

N’oubliez pas, comme chaque année, pour qu’un maïs fonctionne bien, il faut qu’il ait subi une bonne fermentation.

Les fermentations au silo contribuent à augmenter l’azote soluble d’un maïs. Des maïs pas stabilisés, des maïs frais sont déficitaires en azote soluble, il faut donc adapter la complémentation azotée sur ce type de maïs.

Pour l’amidon, les choses sont semblables : un amidon de maïs sera moins fermentescible sur des maïs ‘frais’ ou ayant subi un temps de fermentation faible.

Au fur et à mesure du temps au silo, l’amidon de maïs sera de plus en plus accessible et fermentescible. Il faut donc prévoir sur des maïs ayant peu de temps de silo une complémentation avec une source d’amidon fermentescible (type blé). Attention des maïs pauvres en MS, riches en sucres peuvent être potentiellement acidogènes.

Vous pourrez lire la suite de cet article dans notre édition du 27 novembre 2015.

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