L'Avenir Agricole et Rural 19 avril 2012 à 11h12 | Par E. DAUPHIN

Machinisme - Les exploitations françaises plutôt bien placées en terme de compétitivité

La fédération départementale des CUMA a accueilli Jean-François Garnier de l’Institut Arvalis lors de son assemblée générale à la salle des fêtes de Treix.

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Jean-François Garnier, de l’institut de recherche Arvalis a présenté des données sur la compétitivité des exploitations françaises avec pour base de comparaison la production de blé tendre.

Spécificités françaises

L’intervenant s’est livré à une comparaison des systèmes les plus performants à travers l’analyse de sept exploitations à travers le monde : Russie, Ukraine, Argentine, Australie, Canada et USA. Une démarche qui apporte un éclairage sur nos avantages compétitifs et sur nos marges de progrès. L’exploitation française céréalière prise en exemple est située dans les terres limoneuses du nord de la France. Elle fait 180 ha et dégage un rendement de 9,3 t/ha. Elle illustre l’agriculture intensive, comparée à l’exploitation russe de 12 000 ha, une taille qui n’a rien d’exceptionnel dans ce pays. Les charges complètes (incluant la rémunération de tous les facteurs de production) dépasse les 1400 Ä/ha en France, un niveau trois à quatre fois plus élevé que dans les autres pays. Ces charges sont heureusement diluées par un niveau de rendement supérieur en France.

Ramené à la tonne de blé, le coût de production est ainsi équivalent à celui du Canada ou des USA : environ 150 Ä/t alors qu’il tombe en dessous des 80 Ä/t en Russie et en Ukraine. La variabilité des récoltes jouent en faveur de la France. Les pays de la Mer Noire sont soumis à de plus forts aléas climatiques et à une parité fluctuante.

En terme d’avantages compétitifs, la France dispose de rendements élevés et d’un coût de fermage attractif. Par contre, la dimension «réduite» de l’exploitation française a pour conséquence de faire exploser les coûts de mécanisation et amoindrissent la productivité du travail. Cependant, au delà des portes de l’exploitation, la France dispose d’un coût de mise en marché beaucoup plus attractif que dans les grands pays producteurs Canada, USA, Russie, Ukraine, grâce à une infrastructure routière performante, la proximité des ports et une excellente organisation de marché assurée par les organismes stockeurs.


Pistes d’amélioration

Les charges de mécanisation et de main d’œuvre pèsent à elles seules pour 47% dans les charges des exploitations. Elles constituent donc deux gisements d’amélioration. Globalement suréquipées, les exploitations françaises disposent en effet d’un parc matériel qui pourrait en moyenne cultiver 60 % de surface supplémentaire, avec à la clé des économies de charges de mécanisation de l’ordre de 10 à 30 %, à niveau de main d’œuvre constant.

L’intervenant préconise donc de réaliser des économies d’échelles via des solutions déjà bien connues : augmenter la productivité du travail grâce à des techniques simplifiées de travail du sol et augmenter la surface travaillée par la mise en commun du matériel. A titre d’exemple, la mise en commun d’une moissonneuse sur deux exploitations de taille similaire permet de réduire de 28 euros les charges de mécanisation à l’hectare. La mise en commun de l’ensemble du matériel permet d’aller jusqu’à 66 euros de baisses de charges (pour un coût de mécanisation initial de 312 Euros).

Dans la région du Barrois, Arvalis étudie la possibilité de pratiquer le TSL (Semi Direct Sous Couvert). Cette simplification du travail du sol, comparée au labour partiel, apporterait un gain en terme de consommation de fuel de l’ordre de 40 litres/ha. D’après les estimations d’Arvalis, les charges globales de mécanisation d’implantation passeraient de 135 à 55 Euros/Ha. Le partage du matériel permet également un écrêtement du temps passé durant les pics de travaux.

Il existe une myriade de formules applicables selon les structures d’exploitations et les conditions pédo-climatiques, pouvant aller jusqu’à la CUMA intégrale et l’assolement en commun. Le facteur humain est crucial et doit être au cœur de la stratégie dans ce type de rapprochement, afin qu’il soit à la fois source de profit, de sécurité et d’épanouissement au travail.

Le bilan d’activité de la FDCUMA paraîtra dans notre prochaine édition.

Conjoncture

Sous l’effet de la hausse des charges et de la baisse des rendements (avec cependant de fortes disparités), le coût de production complet en 2011 a atteint le niveau le plus élevé depuis six ans, soit 198 Euros/tonne. Sous l’effet du bilan de santé de la PAC, le prix d’intérêt (coûts de production – soutiens à l’agriculture) est également en hausse constante. Il s’élève à 156 Euros/t en 2011. Les filets de sécurité diminuent et les prises de décisions se complexifient.

Les charges en 2012 sont susceptibles d’atteindre leur niveaux historique de 2009. Le prix des carburants (+18 Euros/ha) et des engrais (+58 Euros/ha) poursuit une tendance haussière, alors que le prix des produits de protection des cultures reste stable. Les amortissements de matériel constituent pour les exploitations agricoles la charge la plus importante (17%) devant la fertilisation (16%) et la protection des cultures (10%).

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