L'Avenir Agricole et Rural 26 septembre 2013 à 09h38 | Par A. Jeanson

Loup - Le loup refait surface à Nully : la colère monte

Sentiments d’impuissance et d’abattement. Lundi matin, les visages de Nicolas et Michèle Boucley, exploitants agricoles à Nully, en disaient long. Dans la nuit de dimanche à lundi, le loup avait encore frappé leur troupeau situé à Blumeray. Bilan de l’attaque : une brebis tuée et quatre autres blessées dont une très gravement touchée. La famille Boucley demande désormais davantage de moyens et que chacun prenne ses responsabilités pour définitivement stopper l’hémorragie.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Michele Boucley, a droite, veut desormais que chacun prenne ses responsabilites apres cette nouvelle attaque sanglante
Michele Boucley, a droite, veut desormais que chacun prenne ses responsabilites apres cette nouvelle attaque sanglante - © A.J.

«Une brebis a de nouveau été tuée. Quatre autres dont une meneuse ont été blessées au cou, aux pattes arrières et au thorax… Le problème est toujours le même. Dans ce troupeau, nous avions environ 80 bêtes, il n’en reste aujourd’hui plus que 39 » soupire Nicolas Boucley. Venus dresser le constat de dommages, les agents de l’ONCFS ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un loup au vu du mode opératoire de cette dernière attaque et ont préconisé, au même titre que la Préfecture, la mise en place de clôtures électriques pour protéger les élevages. « Dans les Vosges, des fils électriques sont installés. C’est Lune mesure pour aider les agriculteurs et cela fonctionne » assure un agent de l’ONCFS.

« Que l’on trouve un terrain d’entente »

Si clôture électrique il doit y avoir, Nicolas Boucley n’entend pas faire tout le travail tout seul. « Nous avons déjà une grosse charge de travail. Actuellement, nous avons des clôtures potables. Ce serait ennuyeux d’en remettre une exprès pour le loup… Si la Préfecture et l’ONCFS veulent qu’il y ait des clôtures électriques, qu’ils assument les conséquences du loup et les posent eux-mêmes ». Une autre solution pourrait être envisagée. Celle des associations de protection des animaux comme l’explique Nicolas Boucley. « Il faut voir avec les associations protectrices des animaux car elles posent elles-mêmes les clôtures dans le Ballon Alsacien. Je n’ai rien contre le loup mais ce n’est pas à nous de protéger nos troupeaux. Il faut que l’on trouve un terrain d’entente ».

En attendant d’éventuelles clôtures électriques, la famille Boucley réclame davantage de moyens à leur disposition. « Seuls les lieutenants de louveterie ont le droit de tirer mais ils ne sont pas assez nombreux. La nuit de l’attaque, le louvetier n’est arrivé qu’à 4h du matin et le drame s’était déjà produit. La garde doit normalement s’effectuer de 22h à 6h. Je ne comprends pas pourquoi ils ne nous ont pas demandés, comme cela a déjà été le cas, de faire la garde cette nuit-là alors qu’il n’y avait personne pour l’assurer. Psychologiquement, on est atteint. Je suis écœurée » affirme abasourdie et en colère Michèle Boucley.

Les indemnisations au point mort

La solution viendra peut-être des chasseurs comme le souligne Nicolas Boucley. « En cas de nouvelle attaque dans les trois semaines, l’arrêté préfectoral prévoyait le droit de tirer au fusil de chasse et non plus au canon lisse. Il faudrait donner l’autorisation de tirer aux chasseurs. Un éleveur, titulaire du permis de chasse, devrait avoir la possibilité de tirer. On ne se donne pas les moyens pour mettre un terme à tout cela. Il faut plus de monde. On attend des nouvelles de la Préfecture.

Quant aux indemnisations, c’est pour le moment toujours silence radio du côté de la Direction Départementale des Territoires de Haute-Marne qui n’a encore formulé aucune proposition officielle. « Je voudrais bien savoir où en sont les propositions d’indemnisations de la DDT… Nous avons seulement reçu une proposition verbale mais rien d’officiel. Pour moi, seuls les écrits comptent. La DDT de l’Aube nous a transmis une proposition écrite mais la Haute-Marne n’a toujours rien fait… Les frais de vétérinaires commencent à être élevés, fulmine Michèle Boucley. On travaille avec la nature, on ne peut pas faire autrement. On a besoin de nos terrains, on ne peut pas les abandonner. Que l’on mette nos bêtes ou pas dans les parcs, de toute façon on devra continuer à payer la location ».

DERNIERE MINUTE

L’EARL BOUCLEY a reçu 4 propositions d’indemnisation correspondant aux quatre premières attaques. Les moutons blessés ou morts sont indemnisés sur une base forfaitaire de 160 euros. La proposition comprend aussi quelques pertes indirectes.

Une  offre de pose de clôture électrique a été faite aux éleveurs qui se sentent toutefois un peu isolés dans la mise en œuvre de cette prévention dont l’efficacité n’est pas avérée.

Cette étape semble toutefois indispensable au déclenchement de prélèvements avec des moyens plus radicaux tels que ceux qui sont mis en place dans les départements de Rhône Alpes et PACA (cf ci dessous)

Deux arrêtés de tirs de défense ont pour l’instant été pris par le Préfet de Haute-Marne sur les communes de Nully, Tremilly et Blumeray pour l’Earl BOUCLEY, et sur Guindrecourt, Blaise, et Champcourt à proximité des troupeaux de Monsieur Prudent.

Ces tirs sont réalisés avec un fusil de chasse à canon lisse ; L’utilisation de sources lumineuses étant autorisé.

Les Lieutenants de Louveterie sont seuls habilités à intervenir.

Pour le moment ce dispositif n’a pas été efficace et il faut malheureusement attendre que des moyens passifs telle que une clôture électrique aient été mis en oeuvre (avant une nouvelle attaque...) pour que le dispositif se renforce.

JLB

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2473 | décembre 2017

Dernier numéro
N° 2473 | décembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui