L'Avenir Agricole et Rural 25 mars 2021 a 09h00 | Par TM

Les producteurs de lait appliquent la tolérance zéro

L’assemblée générale de la Fédération des Producteurs de Lait de Haute-Marne a été l’occasion de découvrir le prix du lait 2020 dans notre département. Daniel Perrin, secrétaire général de la FNPL, a présenté un nouvel outil initié par le syndicat : « le prix conforme ».

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En introduction de l’assemblée générale, qui a eu lieu le 19 mars à Semoutiers, Florent Cressot, président de la FDPL 52 a fait un bilan de l’année 2020. La crise sanitaire a impacté la filière laitière alors que la conjoncture étant pourtant favorable. En avril 2020, les transformateurs s’inquiètent (absentéisme dans les usines, incertitude de fermeture…) et demandent aux éleveurs de ralentir leur production pour maintenir le prix du lait. Le CNIEL instaure donc des mesures d’aides pour réduire la production. Résultat, 22 000 exploitations emboîtent le pas, soit 48 millions de litres de lait non produits en avril. Les fromageries locales, souvent en AOP, souffrent de la fermeture des restaurants et des rayons à la coupe dans les supermarchés. « La FDPL s’est démenée pour que l’entreprise Schertenleib n’arrête pas sa collecte auprès des producteurs. C’est grâce à notre réseau local et national qu’une solution est trouvée et que tout le lait est collecté » souligne Florent Cressot.
La sécheresse a été un deuxième coup dur pour les éleveurs : diminution des rendements des premiers ensilages, manque de foin, de paille et de maïs.

Prix du lait en baisse

Avec 257 millions de litres produits en 2019, 430 producteurs laitiers au 1er janvier 2021, 11 collecteurs, 3 fromages AOP et 2 IGP, la filière laitière dans notre département est importante. Mais lors de la présentation du prix du lait 2020 (voir tableau ci-contre), Florent Cressot constate une baisse moyenne de plus de 5 €/1000 litres par rapport à l’an dernier : « le pire c’est que les bons élèves de 2019 ont effectué une baisse record de 15 €. Savencia nous prend pour des vaches à lait, alors que le groupe affiche un chiffre d’affaires en progression de 3,1 % à 5,16 milliards €, c’est tout simplement scandaleux pour notre profession ».
Ermitage et Triballat/Germain se hissent en haut du classement. « Ils tirent les prix vers le haut pour maintenir une dynamique laitière sur notre territoire » se félicite Florent Cressot. A l’inverse, Eurial et Sodiaal sont les laiteries les moins rémunératrices. « Eurial, avec des produits finis sans valeur ajoutée et puisqu’ils ne sont qu’une filiale de la grande coopérative de l’ouest Agrial, rien ne presse à des changements cette année. De son côté, Sodiaal fait le constat amer qu’autour de son usine dans l’Yonne, les producteurs changent tous de laiterie. Évidemment une laiterie qui ne rémunère pas ses producteurs a à craindre des arrêts et des départs de producteurs. Je me vois soulagé qu’un peu de concurrence entre laiteries revienne et pourquoi pas booste le prix ».

Un outil pour vérifier la loi

Une juste rémunération des producteurs est indispensable pour rendre le métier attractif et assurer le renouvellement des générations.

Daniel Perrin, secrétaire général de la FNPL, a présenté un nouvel outil, initié par le syndicat, pour calculer le prix conforme à la loi Egalim. « C’est l’enjeu de cette année, si on n’arrive pas à faire marcher la loi Egalim, la filière laitière française sera en danger » souligne l’éleveur lorrain.

Cet outil, orienté sur le prix de base 38/32, s’appuie sur trois indicateurs :

- Le prix de revient du lait (à ne pas confondre avec le coût de production qui prend en compte les aides PAC et les produits de l’atelier lait). Véritable point de comparaison avec le prix réel du lait perçu par l’éleveur, il est utilisé comme indicateur de valorisation du marché intérieur.

- Le prix du lait allemand. Celui-ci est utilisé pour valoriser le lait à l’export.

- La valorisation beurre-poudre.

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