L'Avenir Agricole et Rural 23 janvier 2020 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Les performances zootechniques pertubées par les aléas climatiques et l’agrandissement des cheptels

Les résultats de reproduction et mortalité des veaux dans plus de 5 200 troupeaux allaitants du Grand Est ont été analysés sur les 10 dernières années. Le dispositif Inosys-Réseaux d’élevage observe une dégradation de ces résultats et propose des pistes d’amélioration.

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Depuis 2010, le nombre de cheptels a diminué de 7 % alors qu’en parallèle la taille des troupeaux toujours présents a progressé de près de 11 % pour atteindre en moyenne 44 vaches. En 10 ans, les élevages comptent en moyenne 4,5 vaches de plus, mais seulement 3 vêlages supplémentaires. Les performances de reproduction se sont dégradées ces dernières années. Le lien étroit entre alimentation et performances de reproduction étant bien connu, ces mauvais résultats sont à relier vraisemblablement aux aléas climatiques rencontrés (printemps pluvieux de 2016 et sécheresses estivales 2018 et 2019) qui ont eu des répercussions sur la quantité et la qualité des fourrages pâturés et récoltés.

Surmortalité des veaux en 2016-2017

Les mauvaises conditions de pâturage à l’origine de problèmes de parasitisme, mais aussi la très mauvaise qualité des fourrages récoltés en 2016 ont engendré une surmortalité dans beaucoup d’élevages. Toutes races confondues, la mortalité moyenne des veaux entre la naissance et le sevrage a atteint 10,4 % au cours de la campagne 2016-2017, soit environ 1 point de plus que les années antérieures. En 2017-2018, elle est redescendue à 9,6 %. Les animaux après sevrage et les vaches ont également été impactés par une surmortalité dans certains troupeaux.

Faible taux de gestation

Autres conséquences de la mauvaise année fourragère 2016, les taux de gestation ont été plus faibles que d’habitude, quelques vaches ont avorté prématurément et d’autres ont mis plus de temps avant d’être gestantes. En 2017-2018, les intervalles vêlage-vêlage (IVV) se sont en moyenne rallongés de 20 jours dans le Grand Est par rapport aux années précédentes. La moyenne régionale est ainsi montée à 413 jours d’IVV, bien loin derrière l’objectif de 375 jours. En raison de la surestimation des valeurs fourragères, de la mauvaise qualité sanitaire des foins et des trésoreries tendues, les complémentations en concentrés et minéraux ont été insuffisantes pour corriger ces fourrages. La ration n’a donc pas permis de couvrir les besoins, perturbant alors le retour en chaleur des vaches. En 2018 et 2019, les sécheresses estivales ont également impacté le taux de gestation notamment dans les troupeaux en vêlage de printemps (fortes chaleurs, sous-alimentation…).

Des progrès restent possibles

Il faut tirer les enseignements de ces difficultés rencontrées. Ainsi, il est recommandé d’analyser les fourrages pour connaitre leur valeur alimentaire, surtout en cas d’année atypique, afin d’adapter la complémentation de la ration et de préserver son bon équilibre. Au pâturage, en cas de forte sécheresse, il ne faut pas trop « tirer sur la corde », car cela risque d’hypothéquer les performances zootechniques futures des animaux. Il ne faut pas hésiter à complémenter les animaux avec des fourrages et/ou des concentrés, même si cela a un coût. La vérification quotidienne du bon fonctionnement de l’abreuvement est également primordiale.
La détection des vaches vides doit être effectuée systématiquement (diagnostics de gestation à la mise à l’herbe et/ou à la rentrée), de façon à les réformer et à réduire les temps d’improductivité.

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