L'Avenir Agricole et Rural 04 avril 2019 à 09h00 | Par T. Morillon

Les enjeux de la vente directe

Le lycée Edgard Pisani a organisé le 19 mars pour plus de 90 élèves, apprentis et étudiants, une journée consacrée à l’alimentation de demain et ses enjeux sur le territoire. Une table ronde a mis en avant les circuits courts.

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Joffrey Saguier et Lionel Caudy sont adeptes de la vente directe.
Joffrey Saguier et Lionel Caudy sont adeptes de la vente directe. - © TM

Cet évènement s’inscrit dans les journées «Agroécologie Tour» organisées dans chaque lycée agricole du Grand-Est, avec une finale régionale en mai à Obernai (67), organisée par la DRAAF. Les BTSPA1, terminales du lycée, bac pro CGEA1 et bac STAV T ont participé à cette journée en compagnie de plusieurs intervenants : une diététicienne, la chambre d’agriculture, la DDT, le conseil départemental, le PETR, Leclerc Chaumont et des agriculteurs en circuits courts.

L’alimentation durable a été présentée sous plusieurs axes : circuits courts et emplois locaux, produire et distribuer en limitant l’impact environnemental, la consommation de viande, les modes de production durables et résilients, alimentation et santé… Des ateliers ont permis aux élèves d’aborder la question du gaspillage alimentaire, le lien entre alimentation et santé ou encore à quoi pourrait ressembler une ferme en 2050 ?

Vente directe par conviction

Pour clore la journée, des agriculteurs, sont venus témoigner et échanger avec les élèves. Joffrey Saguier élève des porcs de plein air à Prez-sous-Lafauche (Ferme de Montlebert). Installé en 2013 sur 50 ha, il a fait le choix d’avoir un atelier de découpe sur l’exploitation et de passer ses céréales en bio. Il produit une centaine de cochons par an qu’il commercialise dans 2 AMAP, son magasin sur la ferme, ainsi que dans deux magasins de producteurs. Il travaille également avec Leclerc et la cantine du lycée agricole de Choignes. «La vente directe me permet de planifier ma production pour l’année à venir» explique l’éleveur.

Joffrey a toujours été attiré par les circuits courts : «je voulais maitriser mon produit de A à Z, de la production jusqu’à la vente au consommateur». Avant d’installer son labo à la ferme, il a effectué un stage de 12 semaines en boucherie pour se spécialiser dans la découpe et apprendre les règles d’hygiène

Et vente par opportunité

Lionel Caudy s’est installé en 2006 à Liffol-le-Petit sur une exploitation bio. En juillet 2018 il remplace son troupeau laitier par des vaches allaitantes. Il oriente ses cultures céréalières à la vente et privilégie une herbe de qualité pour ses animaux. Il fait de la vente directe sur la ferme, mais passe par un prestataire pour la transformation de la viande, il se tourne vers l’abattoir de Mirecourt, labellisé bio. «Mais le magasin ne suffisait pas, alors j’ai investi dans un camion frigorifique. Les clients réservent leur viande et je vais leur livrer» indique Lionel Caudy.

Notre éleveur s’est lancé dans les circuits courts à l’occasion d’une porte ouverte sur sa ferme, «les gens me sollicitaient pour avoir des produits. C’est comme ça que j’ai commencé à écouler 4 animaux par an en 2012». Puis, il vend 16 bêtes par an pour enfin atteindre 32 bovins commercialisés en direct en 2018.
Lionel Caudy fait attention à maîtriser ses coûts de production. «C’est pour cela que je veux une bonne qualité d’herbe et valoriser le troupeau grâce à la vente directe». Il retrouve également de la valeur ajoutée sur ses cultures de vente : blé meunier, lentilles, pois protéagineux, pois chiche, avoine blanche… Il est collecté par la coopérative Probiolor et vend un peu de lentilles et de pommes de terre en vente directe.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 05 Avril

Les élèves font aussi de la vente directe

Les classes de 4e et de 3e du lycée agricole de Choignes se sont inscrites dans la démarche de production locale en fabriquant et en vendant leur propre jus de pomme. «L’objectif était de concevoir un produit et de récolter un budget pour organiser une sortie» explique Antoine élève de 3e. Tout un travail a été fait avec leurs professeurs pour élaborer une recette et réaliser des étiquettes. Les élèves ont ramassé les pommes au lycée et à Leucey, puis ils les ont pesées et stérilisées. Les 1,2 t de fruits ont été pressés à Vaux-sous-Aubigny, permettant de faire près de 1 000 bouteilles qu’il fallait ensuite commercialiser.

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