L'Avenir Agricole et Rural 05 novembre 2015 à 08h00 | Par T. Morillon

Les éleveurs ont la parole

L’association culturelle Maison Laurentine a organisé une soirée de dialogue et de réflexion sur le monde agricole, le 30 octobre à Châteauvillain. 6 agriculteurs sont venus expliquer au public leur métier et les difficultés qu’ils rencontrent.

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Qu-est-ce qu’un agriculteur aujourd’hui ? Les 6 intervenants ont décrit leur métier.
Qu-est-ce qu’un agriculteur aujourd’hui ? Les 6 intervenants ont décrit leur métier. - © T.M.

Rencontre

L’association Maison Laurentine, représentée par Marie-Solange Dubès et Pierre Bongiovanni, a décidé de faire revivre le site du Chameau, à Châteauvillain : «nous sommes installés depuis quelques mois, nous allons y faire régulièrement des manifestations comme des expositions. Cette réunion est la première d’une série de 4, nous traiterons de la terre, de la forêt, de l’eau et du feu. Il faut arrêter de vouloir séparer les choses, avec le monde agricole d’un côté et la culture de l’autre, alors qu’il y a beaucoup de gens passionnants à écouter».

Cette soirée était un moment de partage, qui a commencé par un temps d’écoute avec le témoignage de 6 agriculteurs qui se trouvent dans des situations diverses. Ils ont parlé de leur quotidien, des difficultés qu’ils rencontrent et de la façon dont ils se positionnaient dans leur métier. Par la suite, le public a pu poser des questions ou tout simplement faire part de ses observations. Après le temps d’échange, tout le monde s’est retrouvé autour de produits du terroir : jus de pomme, fromage, soupe de lentilles… pour un moment convivial

Une conjoncture difficile

Yohann et Etienne Funcken sont agriculteurs à Latrecey, en plus de faire de l’élevage laitier conventionnel (720 000 l), ils produisent aussi des céréales (430 ha), et font du commerce de paille et de fourrage. «On produit du lait à perte» explique Yohann, «la situation est très compliquée en ce moment. L’année dernière, le marché à l’export était florissant et les prix ont augmenté, mais cette année, il n’y a plus de quotas, il y a moins d’export et l’embargo russe n’a fait qu’empirer les choses. On ne nous a pas donné les armes qu’il fallait pour être compétitif. Malheureusement, on ne peut pas lutter contre les pays qui ont des coûts de production moindre, chez nous ils ne font qu’augmenter, tout comme les charges. La situation est très conjoncturelle, cela dépend des années, on voit l’avenir au jour le jour».

Etienne est revenu sur les aléas climatiques, notamment la sécheresse de début mai : «cette année c’est la double peine pour les éleveurs, nous n’avons pas de fourrage à donner à nos bêtes donc nous sommes obligés d’en acheter à des prix élevés puisqu’il y en a peu. En ajoutant à cela le prix du lait qui ne cesse de baisser, les éleveurs ne peuvent plus payer les aliments et l’évolution des aléas climatiques va accentuer la situation».

Un marché volatile

Hervé Martinot est céréalier conventionnel (200 ha) à Latrecey. Il a parlé de la mondialisation qui a comme conséquence l’intensification de la concurrence : «tout ce qui pouvait protéger nos produits par des taxes douanières a disparu. Les quotas laitiers avaient l’avantage de protéger les éleveurs au niveau de la rémunération. La sécheresse a aggravé les choses, entraînant une flambée des prix, 20 %  dans certains cas et le lait devrait se retrouver dans la même situation. Je suis obligé de me demander à quel prix je dois vendre mes céréales pour faire vivre ma ferme. Aujourd’hui, un agriculteur doit bien produire, bien acheter et bien vendre pour pouvoir s’en sortir».

Suite de cet article dans notre édition du 06 novembre 2015.

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