L'Avenir Agricole et Rural 06 décembre 2018 à 09h00 | Par T MORILLON

«Les éleveurs doivent reprendre la main»

Christophe Fischer, qui ne désire pas faire de mandat supplémentaire, a présidé pour la dernière fois la session. Jean-Baptiste Moreau, Député de la Creuse, a présenté la loi Agriculture et Alimentation et donné des conseils concernant l’abattoir départemental.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Pour la dernière session de la Chambre avant les élections, Christophe Fischer (au micro) et Bérangère  Abba ont accueilli le rapporteur de la loi Egalim, Jean Baptiste Moreau.
Pour la dernière session de la Chambre avant les élections, Christophe Fischer (au micro) et Bérangère Abba ont accueilli le rapporteur de la loi Egalim, Jean Baptiste Moreau. - © T. Morillon

Lors de la dernière session, Bérangère Abba, Députée de Haute-Marne a invité Jean-Baptiste Moreau, éleveur installé en 2006 sur l’exploitation familiale de 180 ha avec 130 vaches allaitantes. Député de la Creuse, il est l’instigateur de la loi Agriculture et Alimentation, adoptée le 1er novembre 2018, mais dont on attend encore de nombreuses ordonnances.

Loi Egalim : double objectif
Les agriculteurs devraient avoir une juste rémunération et une meilleure répartition de la valeur, et les consommateurs plus de choix et de qualité, avec un mode de consommation responsable et durable.
Avec une contractualisation qui prend en compte les coûts de production, les agriculteurs devraient reprendre la main sur les négociations. Les modèles de contrats, les indicateurs de marché et de coûts de production seront dorénavant proposés par les interprofessions. Les promotions seront encadrées et le seuil de revente à perte sera relevé. Le but étant de stopper la guerre des prix pour revaloriser les produits agro-alimentaires à leur juste valeur.

L214 : « je reçois des menaces de mort »
Un volet de la loi concerne le respect du bien-être animal. L’objectif étant de rassurer le consommateur, influencé par les associations véganes. Christophe Fischer fait d’ailleurs remarquer que « L214 distribue dans les écoles des tracts dénonçant la consommation de viande, avec la complicité des enseignants. Ce sont des doctrines et des dogmes, c’est intolérable. L’État doit prendre ses responsabilités ». Bérangère Abba ajoute que « la position de L214 est injustifiable ». Pour Jean-Baptiste Moreau, « L214 imprègne une inquiétude dans la tête du consommateur, c’est à nous, éleveurs, de communiquer pour montrer la manière dont on travaille réellement. Le soucis avec ces associations, c’est que ça tourne tout le temps au monologue. Elles ont le respect de l’animal, mais très peu de l’humain. Je suis la principale cible de L214, je reçois des menaces de mort, ils veulent m’égorger ».

Qualité du travail et de la viande
Jean-Baptiste Moreau a présidé Celmar, une coopérative regroupant 800 éleveurs et qui commercialise 45 000 vaches et 80 000 brebis. « En 2012, elle a repris l’abattoir municipal de Montmorillon dans la Vienne, qui était en dépôt de bilan. Il abattait 6 000 t de viande, nous l’avons progressivement porté à 12 000 t ».
L’outil doit être bien dimensionné par rapport aux volumes, « l’enjeu clé, c’est le tonnage qui doit couvrir les charges fixes » explique le Député de la Creuse. La coopérative a également investi dans la communication pour mettre en avant le travail des éleveurs, avec des messages forts. Il rappelle l’importance de mettre en avant une image positive de l’élevage en soutenant les bonnes pratiques (bien-être animal ou environnemental). « L’agriculture a un rôle de bien-être pour chacun qui concerne tous les types d’agricultures : bio et conventionnelle ».
Il faut répondre aux attentes de la société avec des abattoirs de plus petites tailles, qui travaillent en circuits courts, et échanger régulièrement avec les collectivités. Ainsi, la création d’une « marque » locale est un moyen de faire une plus-value. « Il vaut mieux miser sur la qualité de l’abattage et de la viande car on ne sera jamais compétitif par rapport à des abattoirs qui ont de gros volumes ».

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans votre édition du 07 Décembre 2018.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2525 | décembre 2018

Dernier numéro
N° 2525 | décembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui