L'Avenir Agricole et Rural 06 octobre 2016 à 08h00 | Par Didier PETIT

Les coûts de production

Issu de l’industrie, le coût de production est devenu incontournable en agriculture. Pour autant, il faut l’utiliser avec précaution car il y a différentes méthodes de calcul. Certaines utilisent des approches forfaitaires pour certains critères, d’autres sont reliées à la comptabilité. La comparaison entre exploitation d’un coût de production est complexe à appréhender lorsqu’il y a des produits connexes ou que les conditions de production sont très différentes d’un exploitant à l’autre. C’est avant tout un outil pour optimiser les charges en travaillant ses données en groupe.

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La volatilité des prix est un phénomène plus récent.
La volatilité des prix est un phénomène plus récent. - © JLB

Pourquoi travailler les coûts de production en grandes cultures ?

La variabilité sur les rendements en cultures est un phénomène auquel nous sommes habitués en zone Barrois.

Si on prend l’ensemble de la Haute Marne, en 1983 (année de calamité), le rendement moyen du département se situait à 35 qx en blé tandis que la meilleure année restera 2 015 avec 72 qx/ha. Sur 30 ans, la moyenne se situe entre 60 à 65 qx/ha toutes régions confondues. Il faut donc compter avec des écarts du simple au double et ceci depuis plus de 30 ans dans toutes les zones intermédiaires.

La volatilité des prix est en revanche un phénomène plus récent. Avec 140 à 150 /t de blé en moyenne sur 10 ans, l’écart du prix de base passe de 85 /t en 2005 à plus de 205 en 2012 soit un écart de 2,3 en 7 ans. En général, les années de bas prix correspondent à des années de rendements favorables …. sauf en 2016 !

Parallèlement, (même si on note une inflexion depuis 2015), les charges progressent régulièrement, contribuant globalement à une érosion du revenu par ha. Cette érosion vient s’ajouter aux variations de chiffres d’affaires liées aux aléas climatiques et économiques (en moyenne de 300 à 400 par ha). Pour assumer cette réduction du revenu par ha, beaucoup d’exploitants ont misé sur l’agrandissement de la surface ou le développement de la taille des ateliers d’élevage en espérant des économies d’échelle. Cette stratégie a aussi été déployée avec plus d’acuité par bon nombre de nos voisins européens. Mais en matière de risque, il n’y a pas d’économie d’échelle : qu’on soit une exploitation de taille petite, moyenne ou importante, le risque frappe de la même manière. S’il est possible d’espérer des gains à mesure que l’entreprise s’accroît en taille, quelle que soit l’exploitation et son système, la robustesse économique oblige à préserver l’essentiel : sa marge.

Le coût de production : que représente-t-il et comment l’évaluer simplement ?

Le coût de production correspond à toutes les dépenses engagées pour assurer la production d’un bien. Cela comprend

-les dépenses décaissées annuellement que l’on retrouve dans une comptabilité (charges engrais, fermage, frais généraux…)

-les dépenses d’investissements qui font l’objet de l’évaluation d’une charge calculée : l’amortissement

-les dépenses de main-d’œuvre (salarié ou prélèvements privés de l’exploitant dans le cas d’une exploitation individuelle)

-les dépenses liées à la rémunération des capitaux mis à disposition par l’exploitant (le foncier en propriété et les capitaux propres,…).

Ce qu’il ne faut pas faire avec un coût de production

Il est dangereux de transposer les résultats observés pour prendre des décisions d’investissement. Pour prendre une décision importante, il est indispensable d’établir un prévisionnel économique et financier pour évaluer les incidences globales du choix sur l’exploitation.

Ce chiffrage permet d’évaluer le coût des phases de transition, de vérifier comment évolue la marge de sécurité mais aussi de prendre en compte des éléments qui n’apparaissent pas directement dans un coût de production (le financement, la trésorerie, la fiscalité, l’impact sur le travail,….). Nous reviendrons dans un prochain article sur la manière d’appréhender les différences d’impact entre comparaison de coût de mécanisation de différentes solutions et les simulations du changement d’équipement ou de pratiques à l’échelle d’une exploitation.

Vous pouvez consulter cet article entièrement dans notre édition du 07 Octobre 2016.

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