L'Avenir Agricole et Rural 17 juillet 2015 à 08h00 | Par T. Morillon

Les bonnes techniques à adopter

Face aux fortes chaleurs, le Pôle Elevage vous propose des conseils techniques pour améliorer le confort des animaux, gérer leur nutrition, anticiper un éventuel manque de fourrage pour l’hiver prochain et effectuer les bons semis.

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Des vaches douchées et ventilées ont une production laitière qui augmente de 8 %.
Des vaches douchées et ventilées ont une production laitière qui augmente de 8 %. - © PG

Sécheresse

Les animaux sont sensibles aux fortes chaleurs, il faut baisser la température du milieu pour réduire le stress thermique subit par les vaches pour maintenir l’ingestion, la production laitière et ne pas pénaliser la fertilité. Il est conseillé de favoriser les zones d’ombrage et même de laisser les vaches laitières en bâtiment la journée en privilégiant un pâturage de nuit. Les brumisateurs et ventilateurs sont utiles pour baisser le stress thermique, ainsi que des douches avant ou pendant la traite du soir, au moment où la chaleur est maximale. Une étude a démontré qu’on augmente la production laitière de 8 % (2,8kg/VL/jour) lorsque les vaches sont douchées et ventilées.

Gérer la nutrition

Les animaux doivent correctement s’abreuver (quantité et qualité), les points d’eau doivent être régulièrement approvisionnés. Une forte productrice peut consommer plus de 100 litres d’eau par jour, il ne faut donc pas hésiter à multiplier le nombre de points d’eau. La qualité de l’eau est importante, si elle est souillée il y a un risque élevé de salmonellose qui se traduit par des diarrhées, des hausses de températures et une baisse de la production. Les diarrhées entraînent des avortements (entre 5 et 10 % des vaches pleines) et dans les trois quarts des cas, les vaches se délivreront mal.

Il faut favoriser au maximum l’ingestion des vaches laitières ou des autres animaux en bâtiment par plusieurs distributions par jour et une grosse le soir, en privilégiant des fourrages de hautes qualités comme le maïs ensilage. On peut également augmenter les apports de concentré (1 à 2 kg en plus avec un maximum de 8 kg par vache et par jour) à condition de ne pas mettre les animaux en acidose. La gestion de l’acidose doit être renforcée par un apport en fibre de qualité (foin appétant, ensilage herbe) et une gestion fine de la quantité d’amidon apportée, le maïs est à privilégier (grain ou farine). On peut également augmenter les apports de bicarbonate de sodium (250 gr/vache/jour) pour compenser les pertes par sudation et ventilation et limiter le risque d’acidose. Les apports de minéraux et de vitamines doivent aussi être augmentés pour atteindre 250 gr/vache/jour.

Pour anticiper un éventuel manque de fourrage pour l’hiver prochain, il faut limiter les bouches à nourrir : avancer des ventes de vaches de réformes, de génisses de reproduction et d’animaux à l’engraissement. Si c’est possible, il faut faire un peu plus de stock de paille (à raison d’environ 20 e / tonne en équivalent fertilisant) qui pourra être distribué aux animaux à l’entretien cet hiver en complément d’un mélange fermier (0,4 kg de céréales et 0,2 kg de tourteau/kg de paille) et récolter les pailles des pois. Conserver plus de céréales pour complémenter les rations paille et les futures récoltes de maïs.

Acheter des co-produits

La pomme de terre est une bonne option, les prix à venir (la prochaine récolte) seront plutôt en hausse par rapport à ce que l’on connaît aujourd’hui (prévoir 35-40 euros/tonne). Cette progression de tarif est liée au coup de sec actuel et au fait que tous les producteurs n’arrosent pas. Il est basé aussi sur le prix du blé, en hausse depuis le début des moissons. La pulpe surpressée est un produit très intéressant en remplacement du maïs. Mais l’assurance d’avoir du volume disponible est moins sûre que l’an passé car il y a moins de surfaces d’implantées en betteraves dans notre région il va falloir s’en procurer plus loin (Aisne, Somme), avec des prix de transports supérieurs, soit un prix entre 46-50 euros/t au lieu de 40-45 euros/t. Le corn gluten humide est en forte hausse depuis quelques jours (autour de 90-100 euros/t prochainement), la pulpe de betterave est entre 185 et 190 euros/t et les aliments liquides entre 250 et 350 euros/t (en fonction du produit et du tonnage à la livraison).

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 17 juillet.

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