L'Avenir Agricole et Rural 28 janvier 2016 à 08h00 | Par T MORILLON

Les avantages de la mise à l’herbe

La dernière porte ouverte des Réseaux d’Elevages de l’Est s’est tenue le 19 janvier. Une journée focalisée sur la conduite ovine avec le témoignage d’un agriculteur vosgien qui privilégie la mise à l’herbe, suivie de la visite du GAEC Bois de Ville à Outremécourt.

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La présence de moutons et de vaches allaitantes permet de mieux valoriser les pâtures.
La présence de moutons et de vaches allaitantes permet de mieux valoriser les pâtures. - © T.M.

Changer la conduite ovine

Animées par Pôle Elevage, 10 portes ouvertes ont été organisées dans le département depuis le mois d’octobre. La dernière a eu beaucoup de succès, les éleveurs se sont déplacés nombreux.

Franck Sangouard est chef d’exploitation de l’EPL de Mirecourt. Il a dû faire évoluer son système de production, avec l’augmentation des charges, il devenait difficile de rémunérer correctement la main-d’œuvre et de faire face aux investissements. La ferme est en système herbager, 350 ha de SAU dont 150 ha en herbe, avec 5 ateliers d’élevage : porcs et volailles en plein air, vaches laitières et allaitantes et ovins allaitants. En 2013, il y avait près de 900 femelles mises à la reproduction, malgré un taux élevé de mortalité (20 %), 936 agneaux de boucherie sont vendus et 173 agnelles sont gardées pour le renouvellement.

« Nous avions 80 de marge brute par brebis, ce qui est insuffisant, la pérennité de l’atelier ovin doit passer par l’autonomie alimentaire, en se passant des concentrés au maximum. Nous voulions également fournir la filière en agneaux toute l’année, nous avons changé notre conduite de lots de brebis en fonction de ces objectifs » explique Franck. « Nous sommes passés d’un système en agneaux de bergerie à une production d’agneaux d’herbe, nous avons décalé les agnelages ». Ce système impose un agnelage des agnelles à un an.

 

Faire appel aux voisins

Le système repose sur un partenariat avec les propriétaires des parcelles aux alentours. « Nos voisins ont tendance à rentrer leurs bovins de plus en plus. 10 km autour de nous, nous avons beaucoup de pâture avec possibilité d’implanter des couverts végétaux. Les voisins acceptent d’accueillir nos bêtes dans leurs champs par intérêt agronomique, mais aussi parce que c’est « donnant/donnant », nous payons les semences des couverts végétaux, nous prêtons du matériel ou nous donnons tout simplement un coup de main » détaille le chef d’exploitation. Le fait de pâturer sur des parcelles de bovins réduit également les traitements antiparasitaires car les champs sont « sains » (dérobées et pâtures sans ovins depuis plus de 6 mois).

Toutefois, il faut une bonne rotation pour éviter le surpâturage.

Avoir des agneaux disponibles

Les animaux sont répartis en 3 lots, le premier est dédié à la lutte en contre saison. La mise en lutte est en avril et les 250 brebis agnèlent en septembre, c’est uniquement au cours de ce mois que les bêtes reçoivent un complément alimentaire. Ce lot est très important car il va permettre de sortir des bêtes à n’importe quel moment de l’année.

Le deuxième lot est consacré à la lutte d’été, elle se produit au mois d’août pour des agnelages au mois de janvier. De décembre à mars, les animaux sont rentrés en bergerie.

Le dernier lot concerne les luttes principales, qui se produisent en novembre pour des agnelages en avril. Les 480 brebis sont mises à l’herbe toute l’année, mais reçoivent chacune une complémentation de 300 g de céréales par jour courant avril. L’agnelage se fait dehors en journée ou en bâtiment lorsqu’il fait nuit.

Avec ce système, le coût de production par kilo de carcasse était de 11,40 en 2013, avec une marge brute de 104,40 par brebis, beaucoup plus que l’ancienne conduite ovine. L’apport en concentrés a été bien diminué : 4 kg/kgc, pour un prix de revient de 7,70 /kgc pour la troupe ovine. Cependant, les conditions doivent être réunies, il faut suffisamment de surfaces fourragères, d’où l’importance des partenariats avec les voisins.

Certaines choses sont à surveiller : les bêtes étant dehors, l’impact des conditions climatiques est plus grand.

Il faut aussi une bonne maîtrise des clôtures électriques et des déplacements d’animaux.

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