L'Avenir Agricole et Rural 12 novembre 2015 à 08h00 | Par C. Teinturier et A. Rondot

Le temps des bilans

Depuis juillet 2015 la Chambre d’Agriculture a suivi de très près les évolutions climatiques et leurs conséquences fourragères. La Haute Marne fait partie d’une zone Nord Est très impactée. Dernier acte l’établissement des déficits. Pour ce faire plus de 220 bilans fourragers ont été réalisés depuis le 20 septembre par les conseillers du Pôle Elevage.

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% deficit moyen en fourrages
% deficit moyen en fourrages - © Chambre d'agriculture

Une année fourragère très perturbée

Un printemps assez favorable

L’année s’annonçait sous de bons augures, avec une pousse de l’herbe régulière. Les récoltes de foin se sont faites dans de bonnes conditions. Au final, une première coupe correspondant en quantité à celle d’une année normale et de bonne qualité. Seule ombre au tableau : certains semis de maïs ont été compromis par de fortes pluviométries de début mai.

Début juillet première période caniculaire

Au 1er juillet une phase caniculaire très précoce s’installe sur la France. Ce coup de chaud arrive très tôt en saison. A cette époque, les maïs bien implantés supportent cette phase qui reste limitée dans le temps.

La sécheresse s’installe

Durant tout le mois de juillet les températures vont rester élevées, avec de fortes poussées proches des 40° sur quelques jours, mais c’est surtout l’absence de précipitations qui devient très préoccupante. Dans certaines zones, moins de 10 mm d’eau sont tombées en 2 mois. En situation très critique, les premiers maïs sont ensilés fin juillet. Les prairies sont toutes grillées et il faut affourager tous les animaux aux parcs

Un automne favorable

L’automne aura été globalement favorable mais toujours assez sec, en conséquence pas de 2° coupe d’herbe, pour les luzernes seules 2 coupes seront réalisées sur l’année. Les récoltes de maïs réalisées précocement se situent entre 30 et 70 % d’une année normale avec de tristes records pour certains (rendement inférieur à 4 Tonnes de matière sèche).

Un déficit moyen de 35 %

Quelques éléments de méthode...

Tous les bilans ont été calculés de la même manière chez tous les éleveurs. Pour apprécier les déficits fourragers nous avons établi des bilans en prenant en compte les stocks récoltés de l’année et les effectifs animaux à nourrir sur la période à venir (jusqu’aux récoltes 2016). La paille n’est pas prise en compte dans ce premier état, puisqu’habituellement elle ne rentre que de façon marginale dans l’alimentation des animaux. De même les reports de stock des années précédentes ne sont pas intégrés. La question est simple, toutes choses égales par ailleurs : quelle est notre capacité à nourrir nos animaux en 2015-2016 avec les récoltes de l’année ?

Avec de très fortes disparités

Selon les cantons les déficits enregistrés vont de 20 à 50 %. Avec des cas extrêmes rencontrés sur le Barrois et la Montagne. Une partie des fourrages récoltés au printemps ont été consommés en juillet et août.

Les rendements maïs fortement impactés

Les visites de parcelles que nous avons réalisées tout au long de l’été nous le laissaient supposer.

Sur la carte du maïs les cantons en rouge présentent un déficit supérieur à 50 %. Constat alarmant, car si une partie du déficit pourra être comblés par des rations à base de paille (pour les animaux à faibles besoins), il sera nécessaire de trouver d’autres supports énergétiques (souvent chers) pour satisfaire les besoins des vaches laitière ou l’engraissement des taurillons.

Quelle suite donner ?

 

Etablir un niveau de déficit n’est que la première étape, il faut ensuite proposer des solutions pour y remédier (ou limiter les dégâts)

 

A court terme

Des propositions ont déjà été élaborées avec chaque éleveur individuellement. Si le panel des solutions techniques est varié, au cas par cas toutes ne sont pas applicables, et elles seront fortement dépendantes des ressources économiques de chacun. C’est pourquoi la Chambre d’Agriculture vous propose une double approche technique et trésorerie (Contact : Didier Petit ou Philippe Gillet).

Tout au cours de l’hiver vos conseillers devront suivre l’évolution des stocks et adapter le rationnement des animaux.

Suite de cet article dans notre édition du 13 novembre 2015.

Aides du Conseil Départementale : jusqu’au 15 novembre 2015

Le Conseil Départemental soutient les éleveurs laitiers et de taurillons par une aide au transport qui est basée sur la matière sèches achetée (10 Ä/t MS). Les livraisons ou les factures doivent être faites entre le 1er juillet le 15 novembre. Le dossier est établi par la Chambre d’Agriculture qui doit attester d’un déficit fourrager de plus de 20 %. Le montant maximum est de 1 000 Ä/exploitation / part PAC.

Une centaine de dossiers a déjà été déposée ; l’enveloppe prévue de 300 000 Ä n’est pas encore consommée et il est toujours possible de faire une demande.

La FDSEA 52 a aussi demandé à la Région Champagne Ardenne de compléter ce dispositif à l’instar de la Lorraine qui a déjà réservé une enveloppe de 2,5 MÄ pour ses éleveurs frappés par la sécheresse.

Même si l’exercice budgétaire 2015 est bouclé, la profession agricole haut-marnaise continue de croire en la prise de conscience, par les anciens et nouveaux élus, d’une situation très dégradée, particulièrement pour les agriculteurs haut-marnais, lesquels sont aussi en droit d’attendre un accompagnement équitable.

JLB

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