L'Avenir Agricole et Rural 07 mai 2015 à 08h00 | Par JLB

Le printemps économique se fait attendre

Ambiance morose au conseil d’administration de la FDSEA du 23 avril dernier qui a fait le point sur les différentes filières et les dossiers administratifs en cours. Les responsables syndicaux continuent de dénoncer l’impéritie du gouvernement sur la mise en œuvre de la PAC.

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La FDSEA dénonce le travail de sape réalisé par l’IGN sur le RPG déjà moultes fois corrigé depuis 1992.
La FDSEA dénonce le travail de sape réalisé par l’IGN sur le RPG déjà moultes fois corrigé depuis 1992. - © GH

Les productions animales manquent de visibilité

Malgré la reprise économique mondiale, les marchés agricoles restent atones en raison d’une offre globalement abondante.Si les cours des céréales et des oléagineux peuvent être anticipés grâce aux marchés à terme, il en est autrement du secteur de la viande et du lait qui restent très dépendants de l’aval et sous la pression de la grande distribution. Le 4ème rapport de l’observatoire national des prix et des marges met en évidence un recul de 5 % des prix agricoles en 2014 alors que la grande distribution n’a baissé son chiffre d’affaires alimentaire que de 0,7 %. La FNSEA a vigoureusement réagi en rappelant que sur 100 € de consommation alimentaire seuls 8 € rémunèrent l’agriculteur et 39 € le commerce. Les Pouvoirs Publics semblent avoir pris conscience de la faiblesse du maillon de la production et en appellent à un meilleur partage de la valeur ajoutée, mais cette posture n’est pas nouvelle… Dans la logique de la démarche « produire français pour manger français » initiée par la FNSEA, la FDSEA 52 a lancé des opérations de sensibilisation auprès de la restauration hors foyers. Cette action est bien perçue par les donneurs d’ordres rencontrés et sera donc renforcée. Les producteurs de viande regardent néanmoins au-delà des frontières afin de garder des capacités d’exportation pour soutenir le marché français. La réouverture récente du marché turque offre une petite lueur d’espoir. Les charges sont aussi un levier efficace pour restituer les marges d’où la nécessité d’aligner les réglementations au niveau européen. La suppression du test ESB en est la démonstration. Ainsi, les éleveurs ne comprennent pas pourquoi ces tests sont maintenus sur les animaux nés avant 2002.

Quant aux éleveurs laitiers, ils ont le sentiment d’être dans un brouillard opaque avec une sortie des quotas laitiers mal préparée. Ils pensent que les laiteries ont trop de pouvoir, s’entendent entre elles sur le ramassage et sur les prix, et ont surtout une communication floue et méprisante à l’égard des producteurs. La coopération n’échappe pas à ce jugement sévère et le Conseil d’Administration a émis le souhait de rencontrer les responsables coopérateurs. En effet au-delà du prix, chaque laiterie a sa propre politique de gestion des volumes avec des pénalités ou, dans certains cas des rémunérations a minima de l’ordre de 70 €/1 000 1 ! Globalement le prix du lait a baissé de 20 % en début d’année mais les perspectives du second semestre sont heureusement plus encourageantes. Les éleveurs demandent aussi des explications sur le prix des tourteaux de colza qui reste à un niveau élevé comparativement à celui des graines.
La mise en place récente d’un marché à terme du lait, du beurre et du lactosérum, sera peut-être de nature à donner davantage de lisibilité à la production laitière et certains administrateurs s’interrogent sur l’adaptation de la production aux marchés. Autrement dit, ne faut-il pas baisser la production si le prix n’est plus rémunérateur pour optimiser les marges ? C’est une question difficile à laquelle la FDSEA cherchera néanmoins à avoir des réponses sans oublier non plus les dispositifs assurantiels qui permettront de lisser les écarts de marge en fonction de la conjoncture.
Les productions végétales de vente sont dans un contexte plus transparent grâce à des outils de marchés et à des facilités de stockage. Aujourd’hui les graines françaises bénéficient d’une meilleure parité euro/dollar. Les stocks de fin de campagne sont dégorgés mais restent encore importants. Le colza devrait subir une réduction de ses emblavements et le débouché en biocarburant semble garanti pour quelques années à hauteur de 7 %, voire 7,7 % au niveau français. D’autres productions végétales apparaissent telles que le pois ou le soja. Enfin le Nord Est de la France reste un territoire de prédilection pour l’orge de brasserie pour laquelle nos OS régionaux sont leaders au plan mondial. Avec une récolte correcte les perspectives ne sont pas pessimistes selon Stéphane Crinjs, Président de la Commission Grandes Cultures et restent très dépendantes du weather-market (marché lié aux aléas climatiques).
L’importance des débouchés industriels est prééminente et le syndicalisme majoritaire se mobilise contre le projet de reconversion de la Raffinerie de la MED (13) par le groupe Total qui projette de transformer près de 500 000 tonnes provenant principalement d’huile de palme.

Des référents pour les nouveaux cantons

Le Conseil d’Administration constate que les structures locales actuelles du réseau ne sont plus en cohérence avec les nouvelles circonscriptions territoriales. Faut-il pour autant refondre le réseau sachant que la pérennité des nouveaux cantons n’est pas encore stabilisée ? Dans un premier temps les responsables de la FDSEA préfèrent mettre en place une représentation informelle qui permettra d’être en communication avec les nouveaux élus territoriaux. Il sera demandé aux syndicats cantonaux de désigner un référent pour chaque nouveau canton. La FDSEA souhaite aussi que les nouveaux élus soient invités à venir visiter et échanger avec les responsables locaux.

Vous trouverez la suite de cet article dans notre édition du 08 mai 2015.

QUELQUES CHIFFRES

Au 30 avril la fdsea comptait

- 598 exploitations adhérentes pour 120 333 ha cotisés

dont 13 nouveaux adhérents pour 2 795 ha

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