L'Avenir Agricole et Rural 10 août 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

« Le marché à l’export est devenu un impératif »

NTERVIEW de Paul Auffray, président de la Fédération nationale Porcine (FNP) Les dernières statistiques du commerce des produits agro-alimentaires (mai 2016) publiées par la Commission européenne font état d’une augmentation de +80% (par rapport à mai 2015) des ventes de viande porcine européenne sur le marché mondial. Le secteur semble avoir retrouvé des couleurs mais pour combien de temps ?

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- © REUSSIR

Comment se présente actuellement le marché porcin ?

Paul Auffray : Globalement sur les places européennes, les fondamentaux n’ont pas beaucoup évolué. Les niveaux de production se stabilisent néanmoins, après une progression marquée en ce début d’année à cause d’un retard sur les abattages en fin d’année 2015. Désormais, dans quelques pays du Nord de l’Europe (Danemark, Belgique, Pays-Bas, Allemagne) et en France, la production diminue. Concernant les Pays de l’Est, l’analyse est difficile car il n’y a pas beaucoup de données.

 

Et en Espagne ?

P.A : Ça continue de progresser ! Le marché est quand même en excédent sur l’Europe. Le marché à l’export est devenu un impératif. On a pu le constater à nos dépens avec l’embargo russe. La demande chinoise a complètement changé l’état du marché.

 

Ce boost généré par la Chine vous a-t-il permis de retrouver un prix satisfaisant ?

P.A : Sur les prix oui, l’arrivée de la Chine a permis de compenser l’embargo russe. Mais on ne peut pas substituer le marché russe comme ça. Les produits exportés vers la Russie, à savoir en majorité des pièces grasses à faible valeur ajoutée, doivent trouver d’autres débouchés. La variété de l’offre vendue vers la Chine est beaucoup plus importante (en abats par exemple). En fait, ces deux marchés sont plutôt complémentaires.

 

Quels sont les prix ?

P.A : Le prix actuel est à 1,46 Ä le kilo, en rajoutant la valeur ajoutée pour la qualité on arrive quasiment à 1,60 Ä le kilo. C’est quand même beaucoup mieux que le 1,07 de ce début d’année non ? Par contre, cette conjoncture positive doit durer dans le temps pour pouvoir éponger les dettes des producteurs. Pour considérer que notre filière va mieux, il faut que ce nouveau contexte encourageant dure un an ou deux ans. Car il faudra du temps pour rétablir la situation des éleveurs. On reste donc attentif quant à l’évolution du marché européen.

 

La prudence est donc de mise…

P.A : Bien sûr. On est prudent sur les mois à venir. La période automne/hiver marquera un changement des pratiques alimentaires. On va voir comment les Pays-Tiers vont se comporter. Vous savez, nous regardons d’un côté les évolutions de la consommation, de la production, de la qualité des échanges commerciaux à l’international et de l’autre, l’évolution du coût des matières premières. Dans notre secteur, ces dernières représentent plus de 60 % de nos charges. En blé et en soja notamment.

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