L'Avenir Agricole et Rural 11 juin 2020 à 10h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Le jour et la nuit

Après une année de vaches maigres, les ruches produisent à plein régime, conséquence d’un printemps estival et d’une floraison abondante. Une bouffée d’oxygène pour les apiculteurs : pour une fois le dérèglement climatique joue en leur faveur.

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Le rafraîchissement des températures et les précipitations sont les bienvenues pour la flore dont profitent les abeilles.
Le rafraîchissement des températures et les précipitations sont les bienvenues pour la flore dont profitent les abeilles. - © AAR

Les abeilles n’ont pas été confinées, elles. Elles ont pu voler de leurs propres ailes, et pleinement profiter de l’aubaine offerte par les facéties climatiques : un printemps estival, cette fois. Par rapport à l’an dernier, c’est « l’exact inverse », décrit Alexis Ballis, conseiller apicole à l’Association de développement de l’apiculture (ADA) en Grand Est. En 2019, les abeilles sont sorties de l’hiver sous la pluie, le vent et le froid. Des conditions peu propices à l’alimentation des abeilles dans leur environnement, qui ont perduré pendant tout le printemps. En 2020, c’est l’exact inverse : « Ce printemps, c’est l’été », s’exclame Alexis Ballis. Tout fleurit en même temps. Et les abeilles en profitent pleinement.
Autre facteur qui joue en faveur des abeilles : la douceur hivernale. « Nous nous attendions à de fortes pertes hivernales, car de nombreuses colonies avaient fini la saison précédente moribonde, après un printemps pluvieux et un été trop sec. » Finalement, comme l’hiver n’a pas été trop rude, les pertes hivernales de ruche s’élèvent à 9 % dans le Grand Est, ce qui est un peu plus élevé que l’an passé, mais qui reste « normal ».

Un effet largement climatique

Pour Alexis Ballis, cette hausse de la production de miel n’a rien à voir ni avec le confinement ni avec l’activité agricole, qui est restée normale malgré l’épidémie de Covid-19. Certes, il y a eu une réduction du trafic routier, donc des émissions de particules fines. Mais en l’absence de preuves qui viennent l’étayer, « nous réfutons l’hypothèse que le confinement puisse avoir un effet sur l’activité des abeilles. Pour nous, la hausse de la production de miel est essentiellement liée au climat, à cette douceur estivale qui a duré plus d’un mois » et qui s’est achevée fin avril par un rafraîchissement des températures et des précipitations bienvenues pour la flore dont profitent les abeilles. Ces dernières tirent en effet une part non négligeable de leur bol alimentaire des forêts. Or ces dernières ont souffert de la sécheresse l’an passé, ce qui a eu pour conséquence d’amoindrir la ressource alimentaire des abeilles l’été dernier.

Le conseiller apicole souligne aussi que le constat actuel ne concerne que les premières miellées des mois d’avril et de mai. Le bilan de la saison apicole est loin d’être joué, il sera dressé fin août, et dépendra des conditions météorologiques estivales. En attendant, le confinement des consommateurs s’est accompagné d’une hausse de la consommation de miel. Et, avec une AOP miel de sapin des Vosges et une IGP miel d’Alsace, la région Grand Est ne manque pas de ressources en matière de délices miellés.

En Grand-Est, les abeilles sont inquiétées par le frelon asiatique. « Il  est surtout présent en Champagne-Ardenne, mais on ne constate pas d’explosion de sa population comme en Nouvelle-Aquitaine ou en Bretagne par exemple », illustre Alexis Ballis. Cependant, « le varroa reste le principal facteur explicatif des pertes hivernales », souligne Alexis Ballis, qui étudie l’efficacité de différentes stratégies de lutte contre l’acarien. Celles reposant sur des médicaments allopathiques donnant pour l’heure de meilleurs résultats que les méthodes autorisées en apiculture biologique.

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