L'Avenir Agricole et Rural 21 juin 2018 à 09h00 | Par T.M.

«Le groupe est plus fort que le meilleur d’entre nous»

Le GAEC de l’Ecluse à Hâcourt a ouvert ses portes les 15 et 16 juin. L’exploitation de Florent et Loïc Perrin a la particularité de posséder trois robots de traite, un méthaniseur et un atelier de production de spiruline. Retour sur l’historique de leur installation.

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Visite guidée de l’unité de méthanisation.
Visite guidée de l’unité de méthanisation. - © TM

Une exploitation familiale

Lors de l’inauguration des portes ouvertes, le Sénateur Bruno Sido a salué «la belle réussite de ce projet, porté par des jeunes qui font de la valeur ajoutée autrement. Vous donnez de l’espoir à l’agriculture et vous participez grandement au développement du milieu rural en créant de l’emploi». Pour le parlementaire, il n’y a pas de doute, «les mentalités évoluent, on s’oriente vers une agriculture différente de celles de nos parents».

Tout commence en 1995, Juliette et Jean-Marie Perrin exploitent alors une ferme à Brainville-sur-Meuse avec un troupeau laitier de 30 à 45 vaches. Les fils Florent et Loïc décident de s’installer et de créer le GAEC de l’Ecluse. Florent reprend une exploitation de 170 ha de SAU à Hâcourt, tandis qu’une ferme relais finance la reprise des installations. Elle sera un point déterminant à la réussite de l’actuelle exploitation.

Edith Perrin rejoint le GAEC avec son exploitation de 64 ha. La ferme compte alors 4 associés et 2 conjoints d’exploitation collaborateurs. Le réseau CUMA et les agriculteurs locaux apportent leurs appuis au projet. L’agriculture de groupe est la devise des frères : «le groupe est plus fort que le meilleur d’entre nous» expliquent-ils.

Trouver de la valeur ajoutée

En 2000 est construit un bâtiment laitier en logettes paillées avec une salle de traite TPA de 150 places. 700 000 euros ont été investis dans les installations. La SAU de l’exploitation est de 343 ha, dont 138 ha de SCOP, et le quota laitier est alors de 607 000 l. Le GAEC fait une pause dans son évolution pendant 12 ans : ce temps est mis à profit pour absorber le niveau des annuités de l’époque. Le projet était ambitieux et a été difficile à financer. Pour les éleveurs «le travail, les sacrifices sur le budget privé, une gestion rigoureuse nous ont permis de passer le cap sans sacrifier notre passion de la génétique».

En 2012, les associés ainés quittent l’exploitation. Le contexte laitier étant difficile depuis quelque temps, les éleveurs veulent trouver un nouvel élan et engagent une réflexion sur la méthanisation avec le GAEC Morlot  de Soulaucourt-sur-Mouzon. La réflexion durera encore deux ans, Philipe Coulain, un agriculteur voisin, ne veut plus rester seul sur son exploitation et décide de rejoindre le GAEC de l’Ecluse. Ce dernier compte alors 480 ha, dont 240 ha de culture, avec un élevage de 150 vaches pour 1 360 000 l de quota laitier plus l’engraissement. Finalement, le GAEC reprend son autonomie sur le méthaniseur, chacun des deux partenaires préférant développer son propre projet, mais les exploitants restent amis.

Valoriser la chaleur


Stéphanie, la compagne de Florent, veut créer son activité. Sachant que le projet de méthanisation exige une valorisation de la chaleur, Loïc trouve l’idée de la spiruline qui fait son chemin petit à petit. En 2015, les démarches pour le projet sont engagées et les travaux commencent.

Un an plus tard, le méthaniseur de 250 kWe entre en fonction : il valorise l’ensemble des effluents de l’élevage (10 000 t) et un peu de fourrage (maïs, ensilage et herbe) en complément (2000 T). Cette installation est complètement autonome et complémentaire à l’élevage. Près de 2 000 000 d’euros seront investis en intégrant les abords de la ferme. Les résultats sur la méthanisation sont conformes aux attentes des éleveurs et la première spiruline est vendue.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 22 juin 2018.

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