L'Avenir Agricole et Rural 27 août 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Le gouvernement annoncera des mesures avant la manif du 3 septembre

Le président de la république et le premier ministre ont promis à Xavier Beulin et Thomas Diemer que de nouvelles mesures d’aide aux éleveurs devraient être annoncées le 3 septembre.

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La FNSEA et les JA veulent des décisions efficaces sur le court et le long terme.
La FNSEA et les JA veulent des décisions efficaces sur le court et le long terme. - © Reussir

Crise agricole

Le 3 septembre, une manifestation de grande ampleur, organisée par la FNSEA et les JA, pourrait bien semer du désordre sur les axes d’accès vers la capitale. Pas moins de 1000 tracteurs y sont attendus.

Le 3 septembre, ce sera aussi un jour prévu pour des annonces de nouvelles aides à destination des agriculteurs en général mais surtout des éleveurs en particulier. C’est ce qu’ont promis François Hollande et Manuel Valls qui recevaient, le 24 août au matin, Xavier Beulin et Thomas Diemer, les présidents de la FNSEA et des JA. En présence de Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture.

Le contenu de ce nouveau plan de soutien n’est pas encore connu, d’autant que «le travail commence dès aujourd’hui» comme l’affirme Xavier Beulin. Mais d’ores et déjà, François Hollande a assuré que le CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) sera applicable aux chefs d’exploitation agricole alors qu’il ne l’est pas jusqu’à présent.

Ce qu’on connaît, c’est ce qu’ont demandé les syndicalistes : une rallonge au plan d’urgence décidé fin juillet et qui ne comportait que 100 millions d’aides sonnantes et trébuchantes. L’allègement des charges sociales ou fiscales (notamment pour la taxe fiscale sur le foncier non bâti), la prise en charge ou le décalage des intérêts d’emprunts, figurent parmi les demandes de court terme. Xavier Beulin insiste sur l’endettement. «Un agriculteur s’endette 3 à 4 fois plus que les autres maillons de la filière», confie-t-il. «Alors même que sur 100 euros de valeur des aliments vendus au consommateur, seuls 8 euros lui reviennent». Devant le ministre de l’Agriculture, Xavier Beulin a vivement demandé que soit relancée la pression sur les industriels et distributeurs pour rehausser les prix d’achat aux éleveurs. Il y a encore des écarts de prix qui sont inacceptables, affirmait-il en substance, évoquant à la fois le porc, le lait et la viande bovine.

Directives européennes

Les normes, notamment écologiques, sont également dans le collimateur des syndicalistes. La FNSEA demande un moratoire pour 2016 : qu’aucune norme supplémentaire ne vienne s’imposer aux paysans. D’une manière générale, la France ne doit qu’appliquer les directives européennes, sans en rajouter. Le patron de la fédération ne conteste pas la nécessité de se moderniser. Au contraire. Mais il demande des conditions financières pour investir qui soient mieux adaptées à une agriculture soumise à la volatilité des prix. Et de rappeler que, selon des données de l’office agricole FranceAgriMer, l’ensemble des filières agricoles ont besoin d’investir 3 milliards d’euros pour se mettre au diapason des concurrents européens.

Xavier Beulin évalue à 3 milliards d’euros les investissements nécessaires en agriculture

Selon le président de la FNSEA Xavier Beulin, il est nécessaire d’investir 3 milliards d’euros sur trois ans pour que l’agriculture française «retrouve la compétitivité perdue», face à certains de ses voisins européens. C’est ce qu’il a expliqué à l’occasion d’un entretien avec le Journal du Dimanche (JDD) le 23 août. La France doit se doter d’une vision à 15 ans de son agriculture. Il faut engager un vaste plan pour moderniser les bâtiments, automatiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus productives », a-t-il ajouté, proposant également «un moratoire d’un an sur les normes environnementales» et «une adaptation des règles fiscales aux aléas de l’agriculture». «A court terme, il faut compléter le plan de Stéphane Le Foll lancé le 22 juillet. Sur 600 millions d’euros, ce dispositif ne débloque que 100 millions d’euros pour sauver réellement les élevages de porcs. (...) Il s’agit d’alléger les charges et de restructurer les dettes des jeunes agriculteurs», souligne encore Xavier Beulin.

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