L'Avenir Agricole et Rural 04 janvier 2013 à 10h47 | Par E.D

LAIT - Négociations unilatérales...

La dissolution du système de fixation des prix au sein de l’Interprofession laitière prévue par le mini-paquet lait a pris effet à compter du 1er janvier. Déjà l’impact se fait ressentir du côté des laiteries.

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Roger Braux, président de l’OP regroupant les producteurs livrant à Lactalis, Richard Bourbon, Président de la FDPL, Florent Perrin, représentant l’OP rattachée à Bongrain
Roger Braux, président de l’OP regroupant les producteurs livrant à Lactalis, Richard Bourbon, Président de la FDPL, Florent Perrin, représentant l’OP rattachée à Bongrain - © E.D.

La plupart des laiteries a entendu la revendication du collège Producteurs de l’Interprofession en matière de prix du lait pour le mois de janvier, soit 330,41 euros/tonne, hormis deux collecteurs majeurs privés sur le département que sont Bongrain, qui a décidé unilatéralement d’appliquer un calcul de saisonnalité, ainsi que Lactalis (non décidé à l’heure du bouclage de cette édition).

David contre Goliath

Après les effets d’annonces depuis six mois sur la hausse des prix, c’est la douche froide pour Florent Perrin, responsable au sein de la toute nouvelle organisation de producteurs «rattachée» à l’entreprise Bongrain.

A l’heure où se mettent en place les OP, les producteurs auraient pourtant eu besoin d’un signe fort de collaboration de la part de leur laiterie, fleuron de l’industrie agro-alimentaire située en pleine zone de production laitière, qui se positionne sur du haut de gamme et en oublie de rémunérer ses producteurs au juste prix.

Au lieu de cela, Bongrain annonce un prix du lait pour le mois de janvier à 304,69 euros/tonne, soit 15 euros de moins que le prix moyen de 2012.

Une application à brûle pourpoint du principe de la saisonnalité qui oblige les producteurs à faire une avance de trésorerie jusqu’à l’été, période à laquelle le prix du lait devrait être bonifié de 30 euros/tonne de juillet à septembre. Les producteurs deviennent tout simplement les banquiers de l’entreprise. Même si les prix ont été corrects en 2012, les trésoreries sont tendues sur les exploitations, aspirées par la spirale des charges. Les OP à peine créées ne disposent pas des moyens humains pour se défendre lors des négociations qui ont lieu à Paris. Le combat est totalement inégal.

Au-delà du prix, ce qui insupporte le responsable professionnel c’est bien la façon d’opérer de l’industriel, au mépris des producteurs.

Une réunion nationale a lieu à Paris le 16 janvier avec Bongrain, mais Florent Perrin a peu d’espoirs de pouvoir revenir sur le prix du mois de janvier.

La FDPL alerte sur les risques de débordements

Richard Bourbon, président de la FDPL, craint quant à lui de ne pouvoir contenir la révolte des producteurs divisés. Il souhaite rencontrer le Préfet dans les jours à venir afin de l’alerter sur le risque d’éventuels débordements, que le syndicat laitier ne pourra en aucun cas tempérer.

Par ailleurs, le prix régional fixé en Interprofession au sein des bassins laitiers n’a plus de poids juridique. De fait, les clauses relatives au prix du lait dans les contrats signés avec les laiteries privées deviennent caduques,  puisqu’elles se réfèrent au prix de l’Interprofession.

La Haute-Marne a-t-elle encore un avenir en production laitière ?

Les représentants professionnels s’interrogent sur la stratégie de leurs laiteries, qui les incitent à disparaître. Car si la production se maintient pour l’instant, La disparition des 17 millions de litres sur le département, annoncée par le pôle élevage, pourrait bien arriver avant les cinq ans annoncés, compte tenu de la démotivation des producteurs de lait et du prix des céréales. Richard Bourbon cite son cas personnel ; en deux ans il a repris 200000 litres de lait pour un revenu identique.

Sans producteurs laitiers, plus d’usine de transformation. L’usine Bongrain, qui compte 330 salariés vient par ailleurs de réaliser des investissements conséquents, largement relayés dans la presse locale. Si elle disparaissait, c’est tout un pan de l’économie locale qui s’effondrerait dans un département déjà en proie à la désertification rurale.

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