L'Avenir Agricole et Rural 30 mai 2013 à 10h20 | Par JLB

LAIT - Le Préfet à l’écoute des éleveurs

Jean Paul CELET s’est rendu le 24 mai dernier sur la SCL de la Côte Halton à Germay pour témoigner de l’intérêt qu’il porte à l’avenir de la filière laitière en Haute Marne.

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Les éleveurs laitiers ont un urgent besoin de revalorisation de prix du lait, dont le coût de production est aujourd’hui amplifié par de nouvelles calamités.
Les éleveurs laitiers ont un urgent besoin de revalorisation de prix du lait, dont le coût de production est aujourd’hui amplifié par de nouvelles calamités. - © JLB

Répondant aux sollicitations récurrentes de la Profession agricole sur les contraintes de développement  des sociétés laitières, le Préfet s’est rendu sur l’atelier collectif créé en 2009 par Messieurs  LEMOINE, MONTAGNE, FRANÇAIS et DURAND.

Transparence non reconnue

Constituée à partir de 4 exploitations laitières ayant des quotas de l’ordre de 300 000 litres, la SCL de la Cote Halton compte aujourd’hui 180 vaches laitières produisant environ 1,7 million de litres. L’investissement conséquent de 1 million d’Euros a permis d’éviter 4 mises aux normes individuelles mais n’a bénéficié au total que de 90 000 Euros de subvention, soit 9 %. Ce chiffre bien inférieur aux taux habituellement affichés dans les programmes PMBE, s’explique par l’absence de transparence.

Autre problème évoqué : la redevance pollution de 3 Euros/vache laitière qui s’applique au-delà de 1,4 UGB/ha de SAU ; or la SCL n’a pas le droit de détenir de foncier.

Enfin, autre frein signalé par la profession : la distance maximale de 30 km entre les exploitations d’origine et la société laitière, sachant toutefois que ce critère doit aussi être en cohérence avec l’obligation de travail (cf encadré).

Il serait souhaitable, sans attendre la fin des quotas en 2015, que ces restrictions et verrous réglementaires soient supprimés. Car il faut à tout prix conserver le potentiel laitier sur chaque territoire.

Plus de productivité mais moins de revenu...

La SCL de la Cote Halton a permis d’augmenter fortement la productivité. 7 associés et 2 apprentis se relaient à temps partiel alors qu’au départ les 4 ateliers occupaient une douzaine d’actifs. La fonctionnalité du bâtiment et la performance du troupeau y ont contribué (passage de 7 000 à 9 000 l/VL), mais ce progrès ne s’est pas traduit dans les bénéfices. Bien au contraire, au cours de la dernière campagne, les charges d’alimentation ont progressé de 53 à 85 Ä/1000 l alors que le lait baissait de 8 Ä/1000 l. Michel Viard, le contrôleur laitier de l’exploitation, précise que le coût alimentaire global qui ressort des analyses de ce groupe est passé de 110 à 150 Ä/1000 l. Pour faire «tampon», les associés sont obligés de vendre leur fourrage (maïs ensilage) en deçà du prix du marché. Pour ne pas charger financièrement la SCL, ils ont aussi mis à  disposition au départ leur cheptel.

Cette conjoncture n’est évidemment pas propice au développement de ces montages collectifs qui apportent pourtant une réelle amélioration des conditions de travail.


Suite de cet article dans notre édition du 31 Mai 2013.

La SCL (décret du 16 novembre 2005)

- Forme civile (SCEA, EARL ou GAEC Partiel)

- Absence de foncier (sauf le terrain du bâtiment), les associés vendent le fourrage

- Les quotas des associés sont transférés sans foncier

- Participation personnelle et effective de chaque associé

- Distance de 30 km (maximum autorisé)

- Surface fourragère minimale devant être conservé par chaque associé 1ha SFP/10000l Quota

- Autorisation du préfet.

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