L'Avenir Agricole et Rural 16 novembre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

La production laitière Haut-Marnaise en baisse

Les assemblées d’automne de Pôle Elevage se terminent, l’occasion de faire un point d’actualité et de partager les résultats économiques de la dernière campagne.

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L’équipe HMCE et Pôle Elevage sont allés à la rencontre des éleveurs lors des assemblées d’automne.
L’équipe HMCE et Pôle Elevage sont allés à la rencontre des éleveurs lors des assemblées d’automne. - © T.M.

L’équipe du Pôle Elevage a donné plusieurs rendez-vous sur le département pour ses assemblées d’automne, sous la houlette du président de Haute-Marne Conseil Elevage (HMCE) Olivier Perrin et de Anne Vanhoorne, responsable de Pôle Elevage.

Rencontrer son conseiller lait permet de faire un point sur l’année écoulée et d’élaborer une feuille de route pour l’avenir. Comme l’explique Olivier Perrin : « nous devons répondre à vos besoins. En prenant rendez-vous avec votre conseiller vous pourrez fixer ensemble des objectifs, chiffrés si possible. Les conseillers sont neutres avec des compétences globales, à partir du moment où on se fixe des objectifs, les stratégies et les plus-values sont assurées ».

Diminution de la productivité

On compte 331 adhérents au contrôle de performances lors de la dernière campagne.

2 017 est une année fourragère compliquée avec des rendements en maïs ensilage faibles et des valeurs alimentaires moyennes de l’herbe récoltée (foin, enrubannés, ensilage), les systèmes fourragers sont à consolider. Pour la première fois depuis 30 ans, la production de lait livré sur le département a diminué en 2017 : -50 000 kg par exploitation. Cette baisse s’explique par la diminution du cheptel haut-marnais (une vache de moins par élevage, soit 76,5 bovins en moyenne) et un prix du lait toujours trop bas, donc démotivant. La concentration de la production laitière ne parvient plus à enrayer la diminution du nombre d’éleveurs. Une reprise durable du prix du lait sera nécessaire pour amorcer un « rattrapage » des trésoreries.

Toutes les races sont impactées par une baisse de productivité de 472 kg en moyenne . Parallèlement à ce phénomène, les taux TB (39,3 g/kg) et TP (33 g/kg) sont en légère hausse et les cellules augmentent depuis 2 ans. les techniciens lait conseillent de privilégier le préventif (bonne hygiène de traite…) car le curatif devient de plus en plus compliqué. La marge brute de l’atelier lait varie de 193/1 000 l (2 012) à 235 (estimation 2 017). Pour l’avenir, il faudra une bonne maîtrise des charges opérationnelles, même dans les bonnes années, afin de ne pas « payer » les hausses de production.

Reproduction : des résultats stables

D’une campagne à l’autre les résultats restent stables, aussi bien en fertilité (45 % de réussite en première IA) qu’en fécondité (délai pour féconder). La campagne fourragère délicate (période de pâturage compliquée et fourrages de mauvaises qualités) n’a pas dégradé la reproduction. La perte d’état plus importante a été compensée par une baisse de la production et une amélioration du niveau génétique. Un tiers du troupeau est composé de primipares, qui vêlent à 33 mois et on compte 3 ans d’élevage en moyenne pour deux ans de productivité.

Néanmoins, avec un intervalle vêlage-vêlage (IVV) de 417 jours toutes races confondues, il existe des marges de progrès sur ce critère. Un IVV à moins de 400 jours à l’échelle du département serait possible avec une stratégie plus agressive de mise à la reproduction. Sachant que gagner un jour d’IVV permet de gagner 1,50 /vache, à l’échelle d’un troupeau haut-marnais moyen de 70 vaches, gagner un cycle de 21 jours permettrait de gagner 2 205 par an.

Michel Viard part à la retraite, de nombreux éleveurs, ainsi que ses collègues ont tenu à le féliciter pour sa sympathie, sa bonne humeur et son goût pour le métier. « Un état d’esprit constructif, qui va toujours dans le bon sens », selon les mots du président de la Chambre d’Agriculture Christophe Fischer (qui l’a côtoyé dans sa jeunesse au lycée agricole). Michel est remplacé par Maude Gouget, originaire de Robert-Magny et en poste depuis juin, qui reprendra le tiers de ses clients. « Je suis très content que Maude me remplace, je n’ai que des retours positifs sur son travail » indique Michel.

Arrivé au contrôle laitier en 1976, Michel Viard qui à ses débuts cherchait la productivité à tout prix, a changé son fusil d’épaule petit à petit : « je voulais absolument atteindre les 10 000 kg de lait, mais finalement il faut privilégier la rentabilité plutôt que la productivité ». Et de conclure « traire des vaches sans contrôle laitier, c’est comme tirer sans viser ».

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