L'Avenir Agricole et Rural 22 juin 2017 à 08h00 | Par L. TANNEAU

La MSA, un amortisseur social de la crise agricole

La Mutualité sociale agricole Sud Champagne organisait jeudi son assemblée générale annuelle. L’occasion de rappeler les services proposés par l’organisme, tourné vers les exploitants agricoles, notamment ceux en difficulté.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Eric Petit, président, avec Stéphane Antigny, directeur général et Edith Girost, première vice-présidente
Eric Petit, président, avec Stéphane Antigny, directeur général et Edith Girost, première vice-présidente - © L.T.

MSA Sud Champagne

«L’année 2016 restera marquée dans nos mémoires comme celle de 1976 pour le plus anciens. » Le rapport moral d’Eric Petit, président de la Mutualité sociale agricole (MSA) Sud Champagne illustre d’emblée les difficultés des exploitants de la caisse. Devant des élus et ressortissants, réunis en assemblée générale jeudi dernier, le président de la plus petite caisse du réseau derrière la Corse, a rappelé le contexte. «Un chiffre résume tout : 1 milliard d’euros de baisse du chiffre d’affaire pour la région Est, dont 200 millions pour nos deux départements (Aube et Haute-Marne)». Dans toutes les têtes, la viticulture et son épisode de gel, les baisses de volume allant de 30 % à 50 % dans les  grandes cultures et les prix de marché, en deçà du seuil de rentabilité pour les éleveurs au niveau du lait ou de la viande.

2016 : année difficile

«L’année 2016 a été particulièrement difficile dans le contexte de crise agricole qui dure, et alors que la caisse doit répondre à des changements structurels, notamment avec la création de la grande région», complète Stéphane Antigny. Le directeur général arrivé le 1er avril 2015, illustre la situation par quelques chiffres : celui du nombre de vendangeurs répertoriés l’an dernier par la MSA : 18 524 «contre plus de 26 000 normalement, soit une baisse de 30 %, due aux intempéries qui ont touché les vignes», et celui des cotisations perçues par la caisse Sud Champagne : «143,9 millions d’euros, soit 30 millions de moins qu’en 2015 (- 17 %)». La baisse de cotisation chez les non salariés (-38%) est particulièrement notable. Elle s’explique notamment par une baisse des revenus des exploitants agricoles. L’augmentation des versements du Revenu de solidarité active (RSA) par la caisse est frappante à ce titre, particulièrement, là encore, pour les non-salariés.

Un accompagnement de proximité

Pour accompagner ses 72 337 ressortissants dans cet environnement incertain, la MSA a rappelé son rôle : «nous sommes attachés à la relation de proximité», répète Stéphane Antigny. Les 2 sites, 3 agences locales et 13 maisons de service au public de la caisse ont ainsi reçu plus de 100 000 visites de ressortissants de la caisse en 2016. «La MSA a un trôle d’amortisseur social» tranche Eric Petit. Le gouvernement a d’ailleurs reconnu la MSA comme interlocuteur privilégié dans les territoires ruraux pour accompagner les agriculteurs en difficulté, dans son Pacte de consolidation et de refinancement des exploitations agricoles, se félicite le président. Si, «elle ne peut, à elle seule, régler l’ensemble des problématiques », la MSA dispose de plusieurs outils.

La proximité permet particulièrement d’aider les plus en difficultés d’entre eux. 228 exploitants ont ainsi bénéficié du dispositif Réagir dans l’Aube et la Haute-Marne (+50% par rapport à 2015). Piloté par la Chambre d’agriculture ce service propose un accueil et un suivi personnalisé pour les agriculteurs qui s’interrogent sur leurs avenir. Difficultés économiques, rupture sociale, renoncement, découragement... «Des dossiers de plus en plus complexes», souligne le président dans son rapport moral. La MSA a reçu 150 de ces hommes et femmes en entretien individuel en 2016 et va mettre en place des sessions de formation pour accompagner les salariés agricoles «confrontés eux-mêmes dans le cadre de leur travail au quotidien à la désespérance humaine».

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 23 juin 2017.

Des demandes pour demain

Le président de la MSA Sud Champagne Eric Peit a profité de l’AG annuelle pour émettre deux souhaits, pour l’amélioration des conditions des exploitants agricoles demain.

«Pour les exploitants, le calcul de la retraite de base se fait sur l’ensemble de la carrière, il est nécessaire que le mode de calcul s’aligne sur le mode du régime général».

«La MSA doit être l’opérateur unique pour les exploitants agricoles dont l’activité se diversifie, avec une activité autre qu’agricole : tourisme, énergie, travaux de services, conseils... cela leur permet de mieux passer les crises et nous devons pouvoir les accompagner».

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2462 | septembre 2017

Dernier numéro
N° 2462 | septembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui