L'Avenir Agricole et Rural 08 octobre 2020 à 09h00 | Par TM

La Haute-Marne carbure au vert

La première station française de biométhane à la ferme est en Haute-Marne, à l’EARL de Grivée à Colombey-lès-Choiseul. Elle a été inaugurée le 2 octobre en présence de Bérangère Abba, Secrétaire d’État chargée de la biodiversité.

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Après l’inauguration, Bérangère Abba a visité 4 exploitations innovantes, engagées dans une démarche de transition écologique.
Après l’inauguration, Bérangère Abba a visité 4 exploitations innovantes, engagées dans une démarche de transition écologique. - © TM

Les 2 et 3 octobre, la Chambre d‘agriculture de Haute-Marne et de l’Aube, ainsi que l’association Terres et Vignes de l’Aube ont mis en avant des fermes innovantes du Bassigny, qui ont des stratégies pour diminuer leur impact environnemental. 4 exploitations en polyculture élevage ont ouvert leurs portes (voir encadré), dont celle de Philippe Collin à Colombey-lès-Choiseul où a eu lieu l’inauguration de la station biométhane.

Une ferme pionnière

Philippe Collin est un précurseur. En 2010 il est le premier agriculteur du département à se lancer dans la méthanisation. Une unité en cogénération alimentée avec ses effluents d’élevages, mais également avec des déchets agro-industriels.

Un projet de territoire

Bérangère Abba, Secrétaire d’État chargée de la Biodiversité partage la même vision que Philippe Collin. « Cette inauguration concrétise les enjeux énergétiques et économiques auxquels nous sommes confrontés. Nous devons sortir des énergies fossiles et retrouver d’autres façons de rémunérer les agriculteurs avec cet apport au mix énergétique. Dans cette exploitation nous avons des véhicules plus propres et une économie circulaire. Tout y est. C’est ce qu’on peut imaginer de mieux pour nos territoires ».

L’agriculture, un pilier de la transition énergétique

Yves le Roux, de l’Ecole nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires, observe que « sur les 9 limites planétaires, 6 concernent l’agriculture : le réchauffement climatique, les cycles biogéochimiques (azote, phosphore), la biodiversité, la déforestation, l’utilisation de l’eau et les émissions de particules ». Pour le professeur, il s’agit de transformer toutes ces contraintes en opportunités. Il prône l’innovation, l’autonomie protéique et le retour à l’agronomie. Selon lui les exploitations doivent avoir une approche multi-performante, pas seulement technico-économique.

La Région a déjà engagé sa stratégie à travers Climagri. «L’objectif est de construire un scénario agricole pour baisser de 15 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 » explique Bertrand Dufresnoy, chargé de mission énergie-climat à la Chambre d’agriculture de Haute-Marne.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 09 Octobre 2020.

4 exploitations innovantes :

- EARL de Grivée à Colombey-lès-Choiseul.

180 ha en cultures biologiques, 120 ha de prairies et 150 bœufs Prim’holstein. 13 cultures sont utilisées, ainsi que des couverts végétaux. L’unité de méthanisation permet de valoriser le lisier et de fertiliser les cultures avec le digestat. La ferme est engagée dans le réseau DEPHY.

- GAEC de la Levée à Colombey-lès-Choiseul.

380 ha, dont 120 ha de prairies, 130 vaches Montbéliardes et 80 taurillons. L’automatisation de la ferme permet d’améliorer le bien-être animal : 2 robots de traite et d’alimentation, des ventilateurs et des brumisateurs dans le bâtiment des laitières.

- GAEC de Séville à Ravennefontaines.

390 ha, dont 300 ha de prairies, 150 vaches Simmentals et 150 bœufs. Les animaux ont une alimentation sans produits fermentés. La ferme a un projet de séchage en grange pour accroître l’autonomie protéique et baisser les concentrés.

- GAEC de Grignoncourt à Fresnoy en Bassigny.

380 ha de cultures, 140 ha de prairies, 85 vaches allaitantes et un atelier d’engraissement de 120 taurillons. La ferme a une grande diversification d’assolement pour diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires. Les panneaux photovoltaïque produisent 130 kWc, soit la consommation électrique de 32 foyers. La ferme engagée dans le réseau DEPHY, elle a le projet d’augmenter le nombre de panneaux photovoltaïques et de réduire les phytosanitaires par le désherbage mécanique.
Vous pourrez retrouver la suite de cet encadré dans notre édition du 09 Octobre 2020.

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