L'Avenir Agricole et Rural 10 mars 2016 à 08h00 | Par T. Morillon

La Haute-Marne brille à Paris

Notre département fut bien représenté cette année au salon de l’agriculture, par l’intermédiaire de ses produits du terroir, mais aussi grâce aux éleveurs qui ont emmené leurs plus belles bêtes : des bovins, des moutons et des chevaux. Certains sont repartis avec des prix.

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L’APAB était à l’honneur sur le stand du Ministère de l’Agriculture pour la 2ème année consécutive.
L’APAB était à l’honneur sur le stand du Ministère de l’Agriculture pour la 2ème année consécutive. - © T.M.

La dernière édition du salon de l’agriculture a rassemblé 611 015 personnes sur 9 jours, soit une baisse de 11 % de la fréquentation par rapport à 2015. Malgré une atmosphère tendue à cause de la crise qui touche toutes les filières, les agriculteurs ont toutefois répondu présents pour faire partager leur passion au public.

Ovins/Équins

De nombreux ovins (race Île de France) du Lycée Edgard Pisani ont participé au Concours Général Agricole, on notera une 5ème place dans la catégorie «viande-femelles », « laine-femelles » et « mâles en laines de plus de 20 mois ».

Du côté des chevaux, plusieurs éleveurs haut-marnais ont représenté la race Ardennaise dans la catégorie « modèles et allures » : Francis Parisot de Beaucharmoy, avec Tchiquette du Refuge (4ème place), Laetitia Baikrich de Lenizeul avec Clochette du Pin (3ème place) et Christophe Jacquot de Serqueux avec Houitta du Monty qui remporte le 1er prix.

Trophée National des lycées

Le lycée Edgard Pisani de Choignes a participé au Trophée National des lycées agricoles qui comprend 5 épreuves. Les 2 premières sont préparées au sein de l’établissement, il s’agit de la création d’un blog qui doit être alimenté chaque semaine : présentation de la région, de l’équipe participante au concours, mais aussi du lycée et de ses formations. Le but étant de recevoir un maximum de visites sur le site. Les élèves doivent également préparer une affiche sur le thème « Pour une agriculture et une alimentation citoyennes ».

Les 3 autres épreuves se déroulent sur le Salon, l’équipe est notée sur la manipulation d’un bovin (amarrer l’animal, réaliser un collier anti-étranglement, un licol...), un élève s’occupe de manipuler la bête en sécurité en respectant les règles d’ergonomie pendant qu’un autre commente et qu’un troisième tient le veau. Ensuite il faut faire une présentation des qualités de l’animal, dont une partie en langue étrangère, avec une présentation de l’établissement et de sa région. Enfin, les élèves sont notés sur leur implication sur le Salon. Le lycée agricole a présenté Galloise, une limousine de 5 ans, ainsi qu’un veau de 300 kg, l’équipe est arrivée à la 6ème place.


Bovins

Ils sont nombreux à avoir été récompensés :

Prim’Holstein

Femelles en 1ère lactation : Coum Iris du Gaec de la Coumière à Effincourt (13ème).

Femelles en 3ème lactation : Picasso Coum du GAEC de la Coumière à Effincourt (1er prix)

Simmental

Vaches en cours de 1ère lactation : Hilga de l’EARL du Côteau à Biesles (1er prix).

Vaches en cours de 2ème lactation : Houlette de l’EARL du Côteau à Biesles (2ème).

Vaches en cours de 3ème/4ème lactation : Fameuse du Gaec Richard-Roger à Chameroy (1er prix).

Vaches en cours de 5ème lactation et plus : Chipie du GAEC Saint Hubert à Pierrefontaines (2ème).

Prix de la meilleure mamelle adulte : Fameuse du Gaec Richard-Roger à Chameroy.

Prix de championnat jeune : Hilga de l’EARL du Côteau à Biesles.

Produits du terroir

La Haute-Marne se retrouvait regroupée pour la première fois avec les départements lorrains et alsaciens. Le Gaec ruchers du Bassigny à Parnot, regroupe des apiculteurs professionnels depuis 1986. Ils produisent de nombreuses sortes de miel, en fonction des années et de la destination des transhumances : miels de colza, de châtaigne, d’acacia (Haute-Saône), de tilleul, de tournesol, de luzerne (Marne), de sapin (massif vosgien) ou de toutes fleurs.

Avec une centaine de ruches, 30 tonnes de miel sont récoltées chaque année et vendues à des grossistes. D’autres produits (transformés à la ferme) sont proposés à la vente : du nougat, du pain d’épices, du crouti-miel (une spécialité aux graines de tournesol, de sésame et de courge), un méli-mélo (un mélange de miel d’acacia, de raisins secs, de noisettes et d’amandes)…

Vous pourrez consulter la suite de cet article dans notre édition du 11 mars 2016.

Le Ministre en redemande !

Antonio PEREIRA et Denis LESEUR avaient été désignés pour présenter les derniers résultats de l’APAB. Les chiffres sont encourageants, surtout en colza.

L’agro-écologie reste un axe de développement prioritaire pour Stéphane Le FOLL qui avait organisé une table ronde pendant le Salon de l’Agriculture avec le témoignage de deux GIEE, dont celui de l’APAB (Pour une Agriculture Porteuse d’Avenir dans le Barrois). Il entend se servir des résultats obtenus pour faire évoluer la réglementation sur les normes et remettre à l’ordre du jour la théorie du 4/1 000 développée par l’INRA depuis une dizaine d’années au titre de la séquestration du carbone dans le sol.

Le réconfort du GIEE

Denis LESEUR a témoigné au nom des 15 agriculteurs engagés dans l’APAB couvrant 3 600 ha de SAU dont environ 750 ha de colza. La reconnaissance de leur démarche au sein d’un GIEE permet de conforter l’animation du groupe qui se réunit une fois par mois avec l’appui précieux de la Chambre d’Agriculture qui a missionné Antonio PEREIRA en tant qu’agent de développement.

« J’étais au bout du chemin, l’innovation culturale expérimentée dans l’APAB me donne de nouvelles perspectives. L’expérience dira si nous avons pris la bonne voie » a déclaré Denis LESEUR. « Sortir des sentiers battus n’est jamais évident et il vaut mieux le faire en groupe pour partager les expériences, bonnes et mauvaises » a-t-il ajouté. Car il n’y a pas que du positif, même si la présentation au salon de l’agriculture était délibérément optimiste.

Des résultats encourageants sur le colza

Sur le colza, Antonio PEREIRA a ainsi expliqué que les cultures associées (en partie gélives) permettraient de réduire sensiblement le coût de désherbage d’automne. Avec un premier essai sur 30 ha en 2014, la quasi-totalité de la sole colza du groupe APAB est passée en cultures associées. Le poste herbicide a été diminué de moitié, passant de 134/ha à 67 /ha. Ce gain compense largement le surcoût de semence d’une trentaine d’euros de l’hectare. Il n’y a pas de diminution significative des fongicides ni du poste engrais et les rendements sont plutôt supérieurs de l’ordre de 10 %.

Au final le gain de marge dans le groupe APAB est estimé à 15 de l’hectare, sachant que toutes les incidences (négatives ou positives) ne sont pas encore quantifiées. En dehors du groupe APAB, la Chambre d’Agriculture suit aussi des parcelles en calcul de marges et l’écart est encore plus significatif. Il atteint 150 /ha entre les 450 ha de colza conduits en cultures associées et les 2 600 autres en « conventionnel ». Mais les agriculteurs s’étant lancés dans les cultures associées n’étaient-ils pas déjà les plus pointus ? Ce qui expliquerait ce fort différentiel.

En toute hypothèse, le Ministre a retenu que l’agro-écologie pouvait être synonyme de performance économique. Il pense que ce type d’expérimentation pourrait être valorisé dans le cadre de la COP 21 au titre de la reconquête de la matière organique. Le CIRAD* suit ce dossier.

Il ne faudrait pas toutefois que le ministère fasse un raccourci trop rapide entre la diminution de phytosanitaires et les marges, comme il l’a encore fait bien imprudemment au dernier sommet du Végétal. Les GIEE et l’agro-écologie sont une voie encourageante qui nécessite encore du recul ; ce d’autant plus que les résultats sont beaucoup moins probants sur les autres cultures que le colza. Les cultures associées sur le blé sont par exemple plus difficiles à gérer.

JLB

* Coopération Internationale pour la Recherche Agronomique Durable.

 


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