L'Avenir Agricole et Rural 08 septembre 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

La gestion du risque

Entreprendre, c’est nécessairement prendre des risques. Le but de la gestion du risque est justement de limiter la part d’incertitude inhérente à toute activité économique. Gérer le risque n’est donc pas forcément chercher à l’éviter à tout prix mais plutôt tenter d’en limiter la portée, en trouvant des adaptations, des parades pour en rendre les conséquences acceptables.

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Il faut caractériser tous les risques liés à une activité puis estimer la gravité et la fréquence.
Il faut caractériser tous les risques liés à une activité puis estimer la gravité et la fréquence. - © D.P.

Comment identifier le risque et ses impacts

partir d’un travail initié par la Chambre d’Agriculture de l’Aube avec la contribution de M Luc Boucher (société DECID & RISK), nous tentons d’apporter des éclairages sur cette approche qui renvoie le plus souvent à la gestion globale de l’exploitation et aux choix de l’exploitant.

Pour chacun des risques identifiés, il s’agit de reconstituer la combinaison des deux paramètres (gravité, fréquence) ce qui permet de déterminer une matrice dans laquelle on retrouve trois zones :

- La zone rouge ou il faut absolument se prémunir par une solution ou une autre,

- La zone intermédiaire ou des adaptations doivent être trouvées au sein de l’entreprise,

- La zone verte ou le risque est acceptable ou supportable avec les ressources internes.

A chaque combinaison de fréquence et de gravité correspond une stratégie type (cf. Figure 2) qui conduira à :

- Supporter le risque (rare et aux conséquences mesurées),

Gérer le risque :

c’est prendre le temps d’analyser l’historique des événements prévisibles ou non prévisibles

Comment s’y prendre pour analyser le risque

Prenons le cas de notre exploitation de polyculture élevage

Souvenons-nous : elle dispose d’un atelier de 1 000 000 de litre de lait vendu au prix moyen de 330 /l ces dernières années et un atelier culture de 100 ha le tout sur 300 ha de SAU.

- Le limiter (lorsqu’il est fréquent mais avec un impact acceptable),

- Le transférer (à l’assureur) pour les risques importants mais peu fréquents

- L’éliminer lorsque des conséquences lourdes sont à craindre trop souvent.

Chacun à sa propre vision du risque qui dépend de son endettement, de sa situation personnelle, de sa personnalité. Cette approche peut être réalisée à l’échelle de l’exploitation, d’une culture ou d’une production.

Dans l’idéal il s’agit de la faire sur l’ensemble des productions ce qui permet ainsi d’évaluer la part relative de chacune des cultures ou activité de l’exploitation et ainsi de mesurer à chaque fois la nature mais aussi l’importance des mesures à prendre.

 

Ex : on cherchera à sécuriser le risque aléa pomme de terre si cette production est importante dans l’exploitation et on accordera forcément moins d’importance à celui sur les céréales puisque le poids économique de ces dernières pèse (dans un sens ou un autre) sur le résultat de l’entreprise.

En année normale elle dispose d’un EBE de 150 000

€ avec une marge de sécurité de 30 000 €. Elle doit rémunérer 3 unités de main-d’œuvre bien occupée.

Nous avions évalué ses pertes moyennes sur les deux dernières années à savoir 120 000 €

- 60 000 € sur le lait sur deux ans,

- 30 000 € sur les coûts alimentaires

- 30 000 € sur les céréales de l’année 2016.

La démarche conduit à analyser les risques production par production, puis à avoir une approche globale par atelier puis pour toute l’exploitation. Il s’agit d’évaluer s’il y a bien compensation entre les productions (« on ne met pas tous les œufs dans le même panier ») ou au contraire, s’il faut craindre un cumul des conséquences et de leurs coûts (cas des exploitations mono-activités).


Conclusion pour les cultures ;  l’analyse de risque devient  un élément de l’approche globale de l’exploitation de son projet. On pose le contexte, ses choix personnels et ses aspirations, les contraintes de l’exploitation  et on construit sa propre vision de son exploitation et de l’exercice du métier d’agriculteur. Le plus dur reste de procéder aux arbitrages.

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