L'Avenir Agricole et Rural 22 avril 2020 à 15h00 | Par Jean-Luc MASSON

La filière vit au jour le jour

Confrontée aux conséquences du confinement, la filière viande du Grand Est tente de saisir toutes les opportunités, pour écouler des volumes excédentaires. L’abondance de l’offre pénalise les prix. L’interprofession imagine des débouchés aux stocks qui auront été constitués.

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Un équilibre carcasse mis à mal par la réorientation prioritaire de la consommation vers le steak haché.
Un équilibre carcasse mis à mal par la réorientation prioritaire de la consommation vers le steak haché. - © JL MASSON

La filière viande bovine régionale a connu un boom de l’ordre de 8 à 9 % de son activité d’abattage lors de la première semaine de confinement. Elle a ensuite vécu un fléchissement d’environ 20 %, les différents sites étant confrontés à des baisses d’effectifs. Des personnels ont été contraints de s’absenter pour diverses raisons. Soit ils ont eux-mêmes contracté le covid-19, ils se sont portés au chevet de leur conjoint ou ils ont dû assurer la garde de leurs enfants d’âge scolaire.

En semaine 15, une certaine stabilisation était observée autour de volumes encore en diminution de 10 %, confirme Franck Bellaca, le directeur de l’interprofession régionale bétail et viande Interbev Grand Est. Ces synthèses sont le fruit de comparaisons qui s’efforcent de respecter la rigueur statistique. Elles s’appuient à la fois sur la lecture des données de la même semaine de 2019, mais confrontée à des séries mobiles sur trois semaines, compte tenu de la mobilité de la fête de Pâques d’une année sur l’autre.

Les rayons traditionnels baissent pavillon

La distribution de la viande en direction des consommateurs s’est adaptée en fonction des modes de commercialisation et de la fermeture éventuelle des marchés. La vente directe et la proximité ont tiré leur épingle du jeu, quoique parfois confrontées à l’engorgement des outils d’abattage. La restauration hors domicile se trouve à l’arrêt complet.

Du côté de la grande distribution, des phénomènes de « rayons vides » ont suscité l’incompréhension des clients et des producteurs, relève Franck Bellaca. Mais les gérants de magasins ont dû faire face, à la fois à la peur de certains de leurs salariés face au virus, et au comportement « déraisonnable » de certains consommateurs prêts à tout pour remplir leurs caddies, y compris à s’en prendre physiquement à des responsables de rayons. Les plateformes logistiques des grandes enseignes ont été complètement désorganisées.

Report sur le steak haché

« Nous bénéficions des actions mises en place avec certaines enseignes, en proximité, avec de la transparence, dans l’esprit de la juste rémunération de l’éleveur » estime de son côté, Stéphane Peultier. Même si ces débouchés ne suffisent pas à écouler toute la marchandise à des prix satisfaisants. « Nous vivons au jour le jour, il nous faut saisir toutes les opportunités » poursuit le président de l’Apal, citant quelques départs de lots en vif pour le Liban et l’Algérie. Il redoute les conséquences à venir de l’actuelle désorganisation, avec entre autres le cinquième quartier -la valorisation des cuirs- devenue impossible et les risques d’impayés chez les transformateurs, suite à la mise en sommeil de l’activité d’une partie de leurs clients.

Bruno Colin met,lui, en relief le problème « d’équilibre carcasse » impossible à tenir. Les achats en supermarchés se sont reportés principalement sur le steak haché surgelé et frais dans une moindre mesure. Et plutôt à bas prix, compte tenu du niveau de pouvoir d’achat des ménages. Le Grand Est subit un engorgement du débouché JB, ce qui n’est pas le cas des autres régions françaises.

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