L'Avenir Agricole et Rural 22 février 2018 à 10h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

La filière ovine bâtit son avenir

L’assemblée régionale des organisations départementales ovines a réuni les représentants du Grand Est, qui ont pu échanger sur plusieurs sujets importants comme la conjoncture ovine, la prédation et l’aide ovine. Le plan filière régional a aussi été présenté aux participants.

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Cours de l’agneau soutenu par la baisse des disponibilités

Le 25 janvier à Laxou, près de quarante éleveurs du Grand Est se sont retrouvés aux côtés de Jérôme Redoules, trésorier de la Fédération nationale ovine, et Mylène Foussier, chargée de mission. Le contexte du plan de filière génétique a été présenté par Jean-François Bodineau, de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, avec l’appui du Conseil régional, et les modalités de sa mise en place, par Races de France et OSON (organisation de sélection ovine du nord).

45 % de la viande ovine consommée en France provient d’abattages français et 55 % sont issus d’importations venant principalement du Royaume Uni et de l’Irlande. Le cheptel ovin français est en recul, il représente 71 % de brebis allaitantes (-33 % par rapport à 2000) et 29 % de brebis laitières (-2 % par rapport à 2000)

Aide ovine en baisse

Le 14 décembre dernier, le ministère de l’Agriculture a convoqué l’ensemble des syndicats agricoles représentant la production ovine, ainsi que l’interprofession, à une réunion pour les informer de modifications majeures concernant l’aide ovine. Les premières conclusions de l’audit diligenté par la Commission européenne sur l’ensemble des aides couplées 2 015 et 2 016 ont mis en évidence de « graves dysfonctionnements » entre l’aide ovine appliquée en France et les règles européennes. La Commission considère l’ensemble des aides complémentaires constituant l’aide ovine depuis 2015 comme illégales ! La conséquence est la modification de l’aide ovine 2018, avec la suppression des majorations « commercialisation » et « nouveaux producteurs ». Par contre, l’enveloppe globale est maintenue (en dehors du transfert du premier au deuxième pilier).

Objectif zéro attaque sur les troupeaux

L’élaboration du Plan national loup, qui vise à définir les règles de gestion du prédateur en France pour la période 2018-2023, arrive à son terme. Les ministères de la Transition écologique et solidaire, ainsi que de l’Agriculture, ont soumis le projet à consultation publique, du 8 au 29 janvier ; avec, malheureusement, un déferlement de positions pro-loup, et une quasi-absence d’avis défendant les éleveurs. Deux autres projets d’arrêtés, concernant le plafond annuel d’abattage de loups, et les conditions de déclenchement des tirs de défense et de prélèvement, ont également été soumis à consultation.

Vous pourrez retrouver des articles sur les ovins en pages 07, 08 et 09 de notre édition du 23 février 2018.

Vers un contrat de filière

Début 2017, le Comité d’orientation régional élevage (COREL) ovin s’était réuni afin d’échanger sur la stratégie et la mise en place d’un plan d’actions permettant aux exploitations ovines d’être plus compétitives, et négocier les accompagnements publics adéquats. Depuis, grâce au financement du Conseil régional du Grand Est, une aide au développement de la génétique ovine a été mise en place, et validée fin 2017. L’objectif est l’amélioration des performances de reproduction et de production, et l’accompagnement de l’adaptation aux évolutions de la demande des marchés par la génétique. Ce plan est inspiré du contrat de filière de la région Champagne Ardenne, qui s’est arrêté en 2017. Le but du programme Grand Est est d’aider les éleveurs dans leur stratégie génétique, autour d’un projet d’évolution de leur atelier ovin sur plusieurs années.
Plusieurs partenaires sont affiliés à ce nouveau plan : OSON (organisation de sélection ovine du Nord), les Chambres d’agriculture, et les organisations de producteurs. Les éleveurs souhaitant entrer dans ce plan doivent réaliser un diagnostic initial avec leur technicien, afin d’activer les leviers d’amélioration les plus cohérents. Deux types d’actions pourront être partiellement pris en charge : le suivi zootechnique de l’atelier (contrôle de performances) et l’approvisionnement en reproducteurs sélectionnés et qualifiés. Les actions financées sont : l’amélioration du suivi zootechnique ; la création d’une troupe ovine (sans reprise), avec ou sans installation ; l’agrandissement significatif du cheptel et l’amélioration interne du troupeau par la voie mâle, ou l’amélioration de la qualité des agneaux de boucherie. Les animaux éligibles au plan sont : les béliers et les agnelles issus d’un élevage adhérent de l’OS de la race concernée, mais également les agnelles issues d’un élevage adhérent au contrôle de performances. Pour l’achat de béliers, la prise en charge est de 130 euros par bélier, et pour les femelles, elle est de 51 euros pour les agnelles nées en élevage adhérent à l’OS, et 39 Eurospour les agnelles nées en élevage en contrôle de performances hors OS. Une enveloppe de 250 000 euros par an est ouverte pour ce plan génétique.

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