L'Avenir Agricole et Rural 01 octobre 2015 à 08h00 | Par T.M.

La FCO soulève des inquiétudes

Après la découverte de nouveaux cas de fièvre catarrhale ovine dans le Puy-de-Dôme, la zone interdite s’est élargie. Cette situation touche indirectement la Haute-Marne : 36 cheptels sentinelles ont été désignés et les mouvements d’animaux sont impactés.

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Actuellement, aucun cas de FCO n’a été détecté en Haute-Marne, des analyses sont en cours.
Actuellement, aucun cas de FCO n’a été détecté en Haute-Marne, des analyses sont en cours. - © Reussir

La FCO (ou maladie de la langue bleue) est un virus non contagieux qui touche uniquement les ruminants, elle est transmise par des moucherons piqueurs. Ce virus n’influe pas sur la qualité alimentaire de la viande, elle peut être consommée sans risque. Les animaux atteints ont de la fièvre, un gonflement et une congestion au niveau de la tête. Chez les ovins, les symptômes se traduisent par un écoulement du nez, une salivation excessive, des boiteries, des raideurs et des torticolis. Pour les bovins, on notera une ulcération au niveau de la mamelle et de la bouche, des trayons enflés (qui rougissent) et des œdèmes aux pieds entraînant des boiteries.

Le transport d’animaux perturbé

Pour David Thenail, directeur de la Cobevim, la situation se complique en ce qui concerne l’allotement des animaux à Foulain, notamment ceux ramenés de la Nièvre lors de contre-voyages.

Les ovins provenant de la zone réglementée (ZR) doivent en effet être abattus dans les 24 heures.

Pour les livraisons aux abattoirs de Sisteron, Poitiers, Angers et Limoges, la désinsectisation des camions est obligatoire, du fait de la traversée de la zone « mais c’est une pratique que nous faisons systématiquement » indique David Thenail. « Le plus préoccupant, c’est la façon dont la maladie va évoluer et les modalités de vaccination qui vont être mises en place. Pour l’instant de petites quantités de doses sont disponibles pour les éleveurs et elles sont destinées aux broutards en ZR, pour le marché extérieur et la génétique. De plus, les vaccins commandés ne seront disponibles que début 2016, j’espère que les éleveurs pourront vacciner eux-mêmes leurs bêtes ».

Du côté d’EMC2 Elevage, le responsable de région François Schmitt affirme que la Haute-Marne n’est, pour l’instant, qu’impactée indirectement. « Le plus problématique est le blocage de l’exportation par la Turquie. Les animaux sont habituellement placés en quarantaine avant de partir en Turquie, mais les centres se trouvent dans la zone de réglementation. Pour les Turcs, la notion de district, c’est la grande région, il suffit donc d’un cas en Champagne-Ardenne pour que la totalité de la région soit bloquée ». La présence de la FCO en France vient s’ajouter à une conjoncture déjà difficile, avec une baisse de la consommation, de l’exportation et du cours des prix dans toutes les catégories. François Schmitt est plutôt pessimiste « cette situation complique le commerce qui était déjà dans un contexte difficile, la vaccination se met en place dans les zones touchées, mais c’est un temps de travail supplémentaire ».

Des doses insuffisantes ?

Selon la Direction Générale de l’Alimentation, 2,2 millions de doses sont disponibles (dont une petite moitié à partir du 15 octobre), sachant qu’il faut vacciner un animal deux fois. Or il y a actuellement 450 000 broutards en France destinés au marché extérieur qui se retrouvent bloqués. Certes, tous les pays importateurs ne demandent pas la vaccination des ruminants, mais la Turquie a déjà fermé ses frontières aux importations de bétail provenant d’Auvergne et l’agrandissement de la zone de surveillance, après la découverte de la maladie dans le Puy-de-Dôme, risque de révéler de nouveaux cas.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 02 Octobre 2015.

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