L'Avenir Agricole et Rural 11 juin 2010 à 15h16 | Par ESTELLE DAUPHIN

LA COOPÉRATIVE CHEVALINE ET ASINE DE CLEFMONT - LA COOPÉRATIVE EN PÂTURE

La CCAC a été créée en 1945. Bien que différenciée de la Fédération des Eleveurs du Bassigny, vielle de plus d’un siècle, elle poursuit le même objectif, à savoir l’amélioration de la race ardennaise.

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u huitième jour après poulinage, on fait « souffler » la jument, c'est-à-dire qu’on la met en présence de l’étalon afin de détecter les premières chaleurs, qui peuvent être des chaleurs de lait infertiles.
u huitième jour après poulinage, on fait « souffler » la jument, c'est-à-dire qu’on la met en présence de l’étalon afin de détecter les premières chaleurs, qui peuvent être des chaleurs de lait infertiles. - © ESTELLE DAUPHIN

 

La coopérative compte 80 porteurs de parts sociales dont une cinquantaine d’actifs. Beaucoup les gardent par nostalgie. Les statuts coopératifs veulent que les parts ne puissent être reprises que par une autre coopérative. Au fil des ans, l’objet de la structure s’est élargi : reproduction des chevaux de selle, poneys et ânes. A une époque, la station de monte comptait trois étalons dont un anglo-arabe. Depuis 1999, avec l’aide de la région, du conseil général, de la commune de Clefmont et des haras nationaux, une structure moderne a été vu le jour avec un laboratoire d’insémination en semence congelée et en semence fraîche ainsi qu’un équipement d’échographie.

Le retrait des haras nationaux

Les haras nationaux étaient auparavant utilisateurs de la structure. Avec la restructuration, ils sont à présent prestataires de service pour des structures pérennes et autonomes en louant des étalons et en livrant la semence congelée et fraîche aux stations de monte.
Il fallait donc faire évoluer la structure existante. La coopérative a choisi de se dessaisir de son patrimoine immobilier. L’entité de la coopérative a néanmoins été conservée. Auparavant elle mettait à disposition des haras la station de monte ainsi que le logement pour accueillir le palefrenier en saison de monte (cinq mois par an), aujourd’hui, elle propose des biens fonciers acquis sous forme d’achat ou de location à la nouvelle structure.
Mais les haras sont en train de renforcer la mise à disposition d’étalons dans les élevages, à partir de 15 ou 20 juments à saillir. Loué à l’année pour environ 300 euros, il reste propriété des haras mais il est nourri toute l’année sur les prairies de l’éleveur. C’est une forme de prêt locatif de courte durée, qui pénalise durement la structure naissante.

Une activité pérennisée
«Nous avions d’abord élaboré un projet d’équitourisme avec le Pays de Langres, qui n’a pas abouti. Puis un investisseur s’est présenté pour acquérir l’ensemble des bâtiments ainsi que le logement avec la garantie de pérenniser l’activité existante et de l’élargir. Quand l’opportunité s’est présentée, nous avons bien sûr mis les deux pieds à l’étrier », explique Francis Maréchal, Président de la CCAC.
Actuellement, la saillie est répartie à 50/50 entre la monte en main et l’insémination artificielle, elle-même issue à moitié de semence fraîche et à moitié de semence congelée. Le suivi échographique est assuré afin de gérer au mieux les saillies ainsi que la pension des juments.
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Pratique de la monte en main.
Pratique de la monte en main. - © ESTELLE DAUPHIN

 

L’activité de la clinique vétérinaire est en outre ouverte à toutes les espèces : bovins, caprins, canins…offrant  la structure d’accueil adéquate à tous les animaux.
En terme de création d’emploi, l’objectif est à terme d’avoir un vétérinaire à demeure, un palefrenier ainsi qu’une secrétaire administrative qualifiée également en inséminatio

Le défi du partenariat
Actuellement seule la monte en main est pratiquée. Suivant le souhait des éleveurs, qui préfèrent la monte en liberté, il est prévu de mettre un étalon au pré, équipé de marqueurs au niveau du poitrail afin de repérer l’arrière des juments saillies.
La clinique a donc un projet d’investissement dans un reproducteur. Cet achat doit se faire en étroite collaboration avec les éleveurs afin que cette acquisition corresponde à leurs besoins et qu’ils jouent le jeu d’y faire appel massivement.
Les Haras Nationaux prennent 6,50 euros / jour pour mettre un étalon sur les pâtures d’une jument. Avec un cycle allant jusqu’à 21 jours, ça chiffre vite. C’est pourquoi la coopérative a fait l’acquisition de foncier afin de mettre des prés à la disposition des éleveurs autour de la station de monte pour 2,50 euros /jour.


 

La station de monte a été équipée en 1999 de matériel d’échographie.
La station de monte a été équipée en 1999 de matériel d’échographie. - © ESTELLE DAUPHIN

 

La fête du cheval
Conserver le concours d’Etat, considéré comme une partie intégrante du patrimoine local, est une priorité pour la coopérative qui organise depuis quelques années la fête du cheval. Un événement qui a lieu traditionnellement le premier week-end de juillet.
Les haras nationaux missionnent des juges pour évaluer les concours ardennais Modèles et Allures ainsi que l’épreuve d’attelage. C’est un passage obligatoire qui ouvre les portes du concours national à Vittel. Une présélection a lieu le samedi, tandis que le dimanche est consacré à l’élite. «Les gens viennent pour le spectacle pas pour la manipulation, explique encore le Président organisateur».

 

Maintenir le patrimoine de la race ardennais est le grand souhait du Président.
Maintenir le patrimoine de la race ardennais est le grand souhait du Président. - © ESTELLE DAUPHIN

 

Interview du Président

de l’Union Nationale Ardennaise


«Il faut maintenir le patrimoine de la race ardennaise. J’encourage vivement les jeunes éleveurs à élever de la qualité. Dernièrement des délégations argentines et chinoises sont venues.

Si on ne leur présente pas de bons étalons, ils n’achètent pas. Il faut présenter le meilleur de la race pour entrer dans les pays consommateurs de viande de cheval, comme par exemple la Chine. D’autre part, la traction animale est encore utilisée sur la majeure partie des terres cultivées de la planète. Il ne faut pas avoir peur d’aller dans ces pays, d’accompagner les délégations d’échanger avec ces pays en développement. Le percheron est très en vogue aussi au niveau de l’export mais l’Ardennais a des qualités de docilité, rusticité, longévité d’adaptation au chaud ou au froid. Les perspectives sont clairement à l’International».

 

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