L'Avenir Agricole et Rural 17 novembre 2016 à 08h00 | Par T.M.

L’injection de biométhane en pleine expansion

L’injection du biométhane était au programme de la 5ème édition du carrefour bio-énergie au lycée agricole de Choignes le 8 novembre. L’occasion de suivre le développement de cette filière et d’écouter des témoignages d’agriculteurs et de développeurs-constructeurs.

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Cette manifestation, soutenue par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et le Conseil Régional, est devenue incontournable pour tous les acteurs de la filière.
Cette manifestation, soutenue par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et le Conseil Régional, est devenue incontournable pour tous les acteurs de la filière. - © T.M.

26 unités en Champagne-Ardenne

Les conseillers bioénergies des Chambres d’Agriculture (Pauline BONNET en Haute-Marne et Audry CROENNE dans l’Aube) font un accompagnement technique, administratif, réglementaire, économique et réalisent gratuitement une note d’opportunité. Depuis 2012, ils organisent chaque année le carrefour bioénergies.

Sur les 2 départements, 12 unités de méthanisation sont en fonctionnement, 7 en Haute-Marne et 5 dans l’Aube. 9 font de la cogénération (électricité et chaleur) pour une puissance allant de 80 Kwe à 340 Kwe et 3 font de l’injection (gaz dans le réseau Grdf) pour une production de 120 Nm³/h. La filière se développe très bien car on compte 21 projets d’unités en cours dans ces 2 départements.

Les 26 unités de Champagne-Ardenne sont principalement en voie humide et 13 projets vont bientôt voir le jour. Pour 2017, l’appel à projets dans le Grand Est sera publié à la fin du mois, avec 2 dates de dépôt : le 30 janvier et le 6 juin. L’ADEME régionale demande un taux de valorisation énergétique supérieur à 55 % en cogénération et les cultures (dédiées + CIVE + herbe) utilisées dans le gisement doivent être inférieures à 20 % en tonnage de matière brute.

En Champagne-Ardenne, on ne compte que 3 unités de méthanisation en injection, ce qui représente tout de même la consommation gazière de 2700 logements. Mais avec 7 sites d’injection dans le Grand Est, la région devient la première productrice de biométhane.

 


100 sites d’injection en 2018

24 sites français injectent du biométhane dans le réseau Grdf, soit plus de 76 000 Nm³ chaque jour. En un an, cela représente la consommation de 23 250 foyers. La loi de transition énergétique prévoit un objectif de 10 % de gaz renouvelable dans les réseaux en 2030. Dans ce contexte, Grdf vise l’installation de 100 unités d’injection en France pour 2018 : «nous avons 37 projets dans le Grand Est» affirme Denis MECRIN, référent biométhane Est Grdf. Ce dernier a fait un retour d’expérience auprès du public : «80 % des sites en injection atteignent leur production prévue dès la mise en service ou dans délai très court de 3 à 4 semaines». Même s’ils connaissent des interruptions d’injection pendant la période de rodage de l’installation, les producteurs apprennent rapidement à compenser des quantités non injectées par l’injection de débits supérieurs dès que c’est possible.

Les sites en injection depuis plus de 6 mois respectent largement la qualité contractuelle de biogaz (Grdf n’ayant jamais décelé de biométhane non-conforme). Devant cette qualité régulière, Grdf allège les analyses ponctuelles du biogaz. «On passe d’un contrôle mensuel à un contrôle trimestriel soit une baisse de charges d’analyses (à la charge du producteur, NDLR) comprise entre 2000 et 3000 Ä par mois» explique Denis MECRIN. L’installation d’une unité en injection dépend aussi de sa proximité avec le réseau de gaz. Sur 200 projets, la distance moyenne de raccordement est de 950 m pour un coût moyen de 130 000 Ä (140 Ä/m). L’un des avantages de l’injection est un tarif d’achat garanti pendant 15 ans et sans contrainte de valorisation chaleur comme en cogénération. Pas étonnant que 2/3 des sites français en service aient demandé une augmentation de capacité.

Accompagnement technique, administratif et agronomique

Thierry LAHAYE, agriculteur Haut-Marnais a créé la SAS AGRIFYL’S ENERGIE avec ses associés. Ils ont fait confiance à Agrikomp pour la construction et injectent du gaz dans le réseau de Chaumont depuis septembre, le public est allé visiter l’unité à la suite de la réunion (cf, page suivante).

Etienne COUSIN, agriculteur Aubois, a fait appel à la société ARTAIM CONSEIL pour son unité de méthanisation en injection. Cette entreprise créée en 2012 et implantée dans le Nord-Est de l’Aube a déjà mis en place 2 sites dans ce département. Elle compte 6 méthaniseurs actifs plus 1 site qui va commencer sa production en janvier et 4 autres qui sont en construction. Ce bureau d’études et de conseil est spécialisé dans le développement d’unités de méthanisation en injection, alimentées par des cultures intermédiaires.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 18 novembre.

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